Tribunal de commerce de Vannes, le 3 décembre 2025, n°2025003986

Le Tribunal de commerce de Vannes, statuant le 3 décembre 2025, prononce la liquidation judiciaire d’une société en redressement. La juridiction constate l’absence de perspectives de redressement à l’issue de la période d’observation. Elle fait droit à la requête conjointe du mandataire judiciaire et du débiteur sollicitant cette conversion. Le jugement illustre les conditions légales du passage d’une procédure de redressement à une liquidation.

Les conditions légales de la conversion de la procédure

Le cadre juridique de la cessation de l’observation. Le tribunal fonde sa décision sur les articles L. 631-15-II et L. 640-1 du code de commerce. Le premier dispose que le tribunal peut prononcer la liquidation « si le redressement est manifestement impossible ». Le second institue la liquidation pour tout débiteur « dont le redressement est manifestement impossible ». Ces textes encadrent strictement la fin anticipée de la période d’observation. Ils subordonnent la conversion à une impossibilité caractérisée de sauvegarde de l’entreprise.

L’appréciation souveraine de l’impossibilité de redressement. Les juges du fond retiennent ce caractère manifeste au vu des éléments d’audience. Ils relèvent « qu’il n’existe pas de possibilités sérieuses de redressement ni d’apurement du passif ». Cette constatation fait suite à la requête conjointe des organes de la procédure. Elle est également corroborée par les réquisitions favorables du ministère public. L’appréciation in concreto permet ainsi une adaptation aux circonstances de l’espèce.

Les effets immédiats du prononcé de la liquidation judiciaire

La mise en œuvre des dispositions de la liquidation. Le jugement opère plusieurs désignations et fixe le cadre temporel de la procédure. Il maintient le juge-commissaire et nomme le liquidateur. Il impose au liquidateur de compléter la liste des créances dans un délai de dix-huit mois. Il prévoit aussi un examen de la clôture dans un délai de trois ans. Ces mesures organisent la phase de réalisation de l’actif et d’apurement du passif.

La portée pratique d’une requête conjointe des organes. La décision valide la démarche commune du mandataire judiciaire et du débiteur. Elle déclare leur requête conjointe recevable et y fait droit intégralement. Cette convergence des positions facilite le constat d’impossibilité de redressement. Elle démontre l’utilité d’une collaboration dans l’administration de la procédure collective. Le prononcé rapide de la liquidation permet une gestion plus efficiente des intérêts des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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