Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2025004929

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, a examiné une requête du liquidateur judiciaire. Ce dernier sollicitait la transformation d’une liquidation simplifiée en une procédure de droit commun. La juridiction a accueilli cette demande et a en conséquence prorogé le délai de clôture de la procédure.

Le cadre légal de la transformation procédurale

Le fondement juridique de la décision est clairement identifié. Le tribunal s’appuie sur l’article L. 644-6 du code de commerce qui prévoit cette faculté. « À tout moment, le tribunal peut décider, par un jugement spécialement motivé, de ne plus faire application des dérogations prévues en matière de liquidation judiciaire simplifiée » (Attendu que selon les dispositions de l’article L. 644 – 6 du Code de Commerce). Ce texte offre au juge un pouvoir d’appréciation pour adapter le cadre procédural aux nécessités du dossier.

La motivation du jugement repose sur deux éléments factuels cumulatifs. D’une part, une action en sanction est en cours d’instruction contre la personne morale débitrice. D’autre part, il est établi que la procédure ne pourra être menée à son terme dans les délais contraints de la liquidation simplifiée. La coexistence de ces obstacles justifie le recours au mécanisme de transformation pour permettre une instruction complète.

Les conséquences pratiques de la décision

La première conséquence est le changement immédiat de régime procédural. Le tribunal ordonne expressément l’application des règles de la liquidation judiciaire de droit commun. Cette mutation entraîne une modification substantielle des délais et des formalités applicables. Elle permet notamment une investigation plus approfondie des agissements du débiteur et du passif.

La seconde conséquence est la prorogation du délai global de la procédure. Le jugement fixe une nouvelle date de renvoi pour le 5 juin 2026, agissant comme convocation. Cette mesure est indispensable pour laisser au liquidateur le temps d’accomplir ses missions dans le cadre élargi. La décision assure ainsi la continuité et l’efficacité de la liquidation malgré le changement de régime.

La portée de cette jurisprudence est significative en pratique. Elle rappelle le caractère subsidiaire et dérogatoire de la liquidation simplifiée face au droit commun. Le juge conserve un pouvoir de modulation pour garantir une bonne administration de la procédure. Cette souplesse est essentielle lorsque des investigations complexes, comme une action en sanction, rendent le cadre simplifié inadapté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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