Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2025004436

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, examine une requête en prolongation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur sollicite cette prorogation en raison d’une instance en cours. Le tribunal fait droit à cette demande et prolonge le délai de six mois.

La condition légale de la prorogation du délai de clôture

Le tribunal fonde sa décision sur l’article L. 643-9 du code de commerce. Ce texte prévoit que le juge peut proroger le terme initialement fixé par une décision motivée. Le juge vérifie ainsi le respect du cadre légal de l’allongement de la procédure collective. La motivation exigée par la loi constitue le fondement essentiel de l’intervention judiciaire.

L’appréciation souveraine de l’impossibilité de clôturer

Les juges du fond constatent que les opérations de liquidation ne peuvent être achevées en l’état. Ils relèvent spécifiquement l’existence d’une instance pendante. « il apparaît en l’espèce que les opérations de la liquidation judiciaire ne peuvent être clôturées en l’état » (Motifs). Cette impossibilité factuelle justifie le recours au pouvoir de prorogation.

La portée pratique de la décision pour le déroulement de la procédure

La décision permet la poursuite des opérations de liquidation pour une durée déterminée. Le tribunal fixe une nouvelle audience de rappel dans six mois. Cette mesure assure la continuité de la mission du liquidateur malgré les obstacles rencontrés. Elle garantit ainsi l’achèvement ordonné de la procédure collective dans l’intérêt des créanciers.

La conséquence procédurale de l’instance pendante

La présence d’un litige en cours est retenue comme un obstacle légitime à la clôture. Le liquidateur « fait état de difficultés qui ne peuvent permettre la clôture des opérations de liquidation au motif qu’une instance est en cours » (Motifs). Cette circonstance extérieure, indépendante de la volonté du liquidateur, constitue un motif sérieux. Elle démontre la nécessité pratique de maintenir la procédure ouverte pour liquider l’actif.

La valeur de cette décision réside dans son application concrète de l’article L. 643-9 du code de commerce. Elle rappelle que le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation pour adapter les délais. La solution assure une gestion réaliste et efficace des liquidations judiciaires complexes. Elle préserve les droits des parties en instance tout en permettant l’accomplissement de la mission du liquidateur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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