Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2025003739

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, se prononce sur une requête en prolongation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur sollicite cette prorogation en raison du recouvrement en cours d’une créance fiscale. Le tribunal fait droit à cette demande et prolonge le délai de six mois, conformément à l’article L. 643-9 du code de commerce.

La condition légale de la prorogation du délai de clôture

Le juge vérifie d’abord l’existence d’un motif légitime justifiant la prolongation. Le texte légal prévoit cette possibilité par une décision spécialement motivée. Le tribunal rappelle que « le tribunal peut proroger le terme fixé par une décision motivée » (article L. 643-9 du code de commerce). Cette condition formelle est ainsi strictement respectée par la juridiction.

La motivation retenue repose sur l’impossibilité de clore les opérations en l’état. Le liquidateur invoque des difficultés objectives liées à un recouvrement. Il fait état « d’un recouvrement d’une créance fiscale toujours en attente à la suite d’une saisie administrative conservatoire » (Motifs). Ce motif concret et vérifiable satisfait pleinement à l’exigence légale d’une motivation sérieuse.

Les pouvoirs du juge dans la gestion du délai de liquidation

Le tribunal dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour apprécier la demande de prorogation. L’emploi du terme « peut » dans la loi lui confère une large marge d’appréciation. La décision montre que ce pouvoir s’exerce sous le contrôle de l’intérêt de la procédure collective. Le juge statue « au vu des éléments fournis » (Motifs), ce qui implique un examen concret des circonstances de l’espèce.

La mesure ordonnée organise précisément la suite de la procédure. Le tribunal fixe une nouvelle audience pour examiner la clôture dans un délai déterminé. Il précise que « l’affaire sera rappelée le : 05/06/2026 à 09:00 » (Dispositif). Cette précision assure la sécurité juridique et garantit un contrôle futur de l’avancement des opérations de liquidation par le juge.

Cette décision illustre la souplesse procédurale nécessaire à la bonne fin des liquidations judiciaires. Elle confirme que le juge peut adapter les délais pour tenir compte des réalités pratiques du recouvrement actif. La portée de l’arrêt est de rappeler que la clôture de la procédure doit être effective et non simplement formelle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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