Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2024003701

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, se prononce sur une requête du liquidateur judiciaire. Ce dernier sollicite la prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire prononcée précédemment. La juridiction accueille favorablement cette demande et prolonge la procédure pour une durée de douze mois. Elle fonde sa décision sur l’impossibilité de clore les opérations en l’état.

Le cadre légal de la prorogation
Le tribunal rappelle le fondement textuel de sa compétence en la matière. Il se réfère expressément à l’article L. 643-9 du code de commerce. Cette disposition lui permet de proroger le terme initialement fixé pour l’examen de la clôture. La décision doit être spécialement motivée par des circonstances particulières. L’application de ce texte assure ainsi la souplesse nécessaire au bon déroulement des procédures collectives. Elle évite une clôture prématurée qui nuirait à l’intérêt des créanciers.

La motivation substantielle de la décision
Le juge motive sa décision en constatant l’impossibilité actuelle de clôture. Il relève que les opérations de liquidation ne peuvent être achevées en l’état. Le liquidateur a exposé des difficultés persistantes justifiant le report. « Une action en responsabilité ou en sanction est en cours d’instruction » (Motifs). Cette circonstance constitue un obstacle légitime à la fin de la procédure. Le tribunal estime donc qu’il y a lieu de faire droit à la demande présentée. Il use de son pouvoir discrétionnaire pour préserver l’efficacité de la liquidation.

La portée pratique de la prorogation
La décision a pour effet immédiat de prolonger la mission du liquidateur. Elle reporte l’examen de la clôture à une date ultérieure fixée par le juge. Le tribunal ordonne toutes les mesures prescrites par la loi en pareille matière. Les dépens sont employés en frais privilégiés de la liquidation judiciaire. Cette mesure préserve les intérêts de la masse créancière pendant la durée supplémentaire. Elle garantit la poursuite des actions en responsabilité engagées au bénéfice de l’actif.

La valeur jurisprudentielle de l’arrêt
Ce jugement illustre l’interprétation pratique de l’article L. 643-9 du code de commerce. Il reconnaît la pendance d’une action en responsabilité comme un motif sérieux de prorogation. La juridiction valide ainsi un motif fréquemment invoqué par les liquidateurs. Elle confirme la nécessité d’une motivation adaptée aux circonstances de l’espèce. Cette solution assure la sécurité juridique des procédures en cours. Elle renforce les pouvoirs du liquidateur pour mener à bien sa mission jusqu’à son terme.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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