Tribunal de commerce de Nîmes, le 31 octobre 2025, n°2025F01635

Le tribunal de commerce de Nîmes, statuant le trente et un octobre deux mille vingt-cinq, a été saisi d’une demande de liquidation judiciaire. Le représentant légal d’une société commerciale a régularisé une déclaration de cessation des paiements. Après audition des parties, le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert une liquidation judiciaire simplifiée. Il a fixé la date de cessation au premier mai deux mille vingt-cinq.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal rappelle les éléments constitutifs de l’état de cessation des paiements. Il constate que le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face au passif exigible. « Il résulte des informations recueillies à l’audience et des pièces communiquées que le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face au passif exigible qui s’élevait à la somme de 211 395 Euros avec son actif disponible » (Motifs). Cette appréciation in concreto s’appuie sur l’aveu du déclarant et les documents produits. La jurisprudence confirme cette approche en exigeant une comparaison entre l’actif disponible et le passif exigible. « Il est ainsi établi qu’au 15.06.2021 le passif exigible de la société […] ne pouvait pas être payé avec l’actif disponible dont disposait la société » (Cour d’appel de Paris, le 6 février 2025, n°23/17113). La décision s’inscrit ainsi dans la ligne directe de l’article L. 631-1 du code de commerce.

La détermination de la date de cessation des paiements

Le tribunal procède à une fixation rétroactive de la date de cessation. Il retient le premier mai deux mille vingt-cinq sur la base des déclarations du représentant légal. « Que les premiers impayés remontent à mai 2025 date à laquelle il conviendra de fixer la date de cessation des paiements » (Motifs). Cette date, antérieure au jugement, est cruciale pour la période suspecte. Elle est fixée en considération du moment où la situation est devenue irrémédiable. Le tribunal utilise son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de preuve. Cette détermination impacte directement l’efficacité des actions en revendication ou en nullité.

Les conditions d’ouverture d’une liquidation simplifiée

Le respect des seuils légaux applicables

Le tribunal vérifie le champ d’application du régime de la liquidation simplifiée. Il relève que le chiffre d’affaires et l’effectif de la société sont inférieurs aux seuils légaux. « Que son chiffre d’affaires d’un montant de 359 282 Euros est inférieur à 750 000 euros. Que l’entreprise n’emploierait pas de salarié » (Motifs). Le tribunal applique strictement les articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce. Ce contrôle préalable est essentiel pour l’application d’une procédure aux règles allégées. Il garantit une gestion proportionnée des difficultés des très petites entreprises. La décision illustre le rôle du juge dans la qualification de la procédure.

Les conséquences procédurales de la qualification

L’ouverture de la liquidation simplifiée entraîne des modalités d’exécution spécifiques. Le tribunal ordonne la vente des biens dans un délai de quatre mois. « Dit que le liquidateur judiciaire procèdera à la vente de gré à gré ou aux enchères publiques […] dans les quatre mois » (Dispositif). Il fixe également un délai de clôture impératif pour l’examen de la procédure. « JUGE et DIT en application de l’article L 644-5 du code de commerce, que la clôture de la liquidation judiciaire devra être examinée au plus tard le 31/10/2026 » (Dispositif). Ces mesures visent à accélérer le traitement des dossiers des petites entités. Elles concrétisent la recherche de célérité et d’efficacité économique. La décision organise ainsi une liquidation rapide dans l’intérêt des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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