Tribunal de commerce de Nantes, le 3 décembre 2025, n°2025007685

Le Tribunal de commerce de Nantes, par jugement du 3 décembre 2025, prononce l’ouverture d’une liquidation judiciaire sans période d’observation. Cette décision intervient à la demande d’un organisme de recouvrement social, en raison d’une créance impayée et de l’absence de comparution de la société débitrice. Le tribunal constate la cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement, appliquant directement les articles L.640-1 et suivants du code de commerce.

La constatation de l’état de cessation des paiements

Le juge retient la date du 2 juillet 2025 comme point de départ de l’insolvabilité. Cette fixation résulte d’un débat contradictoire et est essentielle pour délimiter la période suspecte. Elle détermine également la validité des actes passés postérieurement à cette date, pouvant être remis en cause.

La carence du débiteur et l’enquête du juge commis confirment l’impossibilité de faire face au passif. « Le Juge Commis a déposé son rapport au terme duquel il a constaté la carence de la SARL STC CLOISONS et son impossibilité à faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette citation fonde légalement le prononcé de la liquidation, écartant toute possibilité de redressement.

La mise en œuvre des conséquences de la liquidation

Le tribunal ordonne la poursuite administrative de l’activité pour une durée limitée à quinze jours. Cette mesure transitoire permet d’assurer la gestion des opérations courantes et urgentes. Elle préserve temporairement l’outil de travail en vue de sa cession éventuelle, dans l’intérêt des créanciers.

La désignation des auxiliaires de justice et la fixation des délais organisent la procédure. Le mandataire liquidateur dispose de quatorze mois pour établir la liste des créances avec ses propositions. « Fixe à QUATORZE MOIS à compter de la présente décision le délai prévu à l’article L.624-1 du Code de Commerce » (Dispositif). Ce cadre temporel strict garantit une liquidation diligente et sécurise les droits des parties concernées.

La portée de cette décision réside dans l’application directe du régime de liquidation. Le tribunal écarte la phase de redressement judiciaire au vu de l’absence totale de perspective. Cette approche pragmatique accélère la liquidation des actifs pour le paiement des créanciers. Elle illustre le pouvoir souverain des juges d’apprécier l’inexistence des possibilités de continuation de l’entreprise.

La valeur du jugement tient à son respect scrupuleux des formalités procédurales. La nomination d’un juge enquêteur et la communication au ministère public assurent le contradictoire. La fixation précise de la date de cessation des paiements et des délais légaux encadre légalement toute la suite des opérations. Cette rigueur procure une sécurité juridique indispensable dans une procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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