Tribunal de commerce de Mende, le 30 octobre 2025, n°2025000439

Le tribunal de commerce de Mende, par jugement du 30 octobre 2025, statue sur une demande de prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le mandataire judiciaire et le ministère public sollicitent une prolongation de douze mois, invoquant un contentieux prud’homal en cours. Le tribunal fait droit à cette demande et proroge le délai d’examen de la clôture pour une durée d’un an. Cette décision illustre les modalités d’adaptation des délais procéduraux face aux complexités persistantes d’une liquidation.

Le cadre légal de la prorogation du délai de clôture

La base textuelle et ses conditions d’application. Le tribunal fonde sa décision sur l’article L. 643-9, alinéa 1, du code de commerce. Ce texte dispose que « dans le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée. Si la clôture ne peut être prononcée au terme de ce délai, le tribunal peut proroger le terme par une décision motivée ». Le juge applique strictement cette disposition en exigeant une motivation spécifique. La portée de cette règle est de concilier la célérité procédurale avec l’impératif de bonne fin des opérations de liquidation.

L’exigence d’une motivation circonstanciée. La motivation constitue ici une condition de régularité de la décision. Le tribunal relève plusieurs éléments justifiant la prorogation. Il note « qu’il reste encore à purger un contentieux prud’homal avec une intervention possible de l’AGS » et que « manifestement, ce litige n’a pu s’achever avant le terme du délai de clôture judiciairement imparti ». Cette analyse concrète des obstacles rencontrés distingue cette espèce. La valeur de cette exigence est de prévenir les prorogations automatiques et de garantir un contrôle judiciaire effectif.

L’appréciation souveraine des circonstances justificatives

La nature des obstacles invoqués. Le juge admet que la persistance d’un contentieux externe constitue un motif légitime de report. En l’espèce, le passif déclaré est important et aucun actif mobilier n’a pu être réalisé. Le tribunal constate qu’ »aucun actif mobilier n’a été réalisé, un pv de difficulté ayant été établi par le chargé d’inventaire ». Cette situation bloque l’apurement définitif du passif. Le sens de cette appréciation est de reconnaître que des procédures annexes peuvent retarder la clôture.

La durée de la prorogation accordée. Le tribunal accorde une prorogation de douze mois, une durée notable. Cette décision se distingue de jurisprudences autorisant des prorogations plus courtes pour des opérations précises. Par exemple, une cour a jugé que « la poursuite des opérations de liquidation justifie qu’en application de l’article du code de commerce susvisé le délai d’examen de la clôture de la procédure collective soit prorogé d’une durée de 3 mois » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701). La portée du présent jugement est d’accorder au liquidateur un délai adapté à la résolution d’un litige contentieux.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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