Tribunal de commerce de Douai, le 3 décembre 2025, n°2025003830

Le Tribunal de commerce de Douai, statuant le 3 décembre 2025, est saisi d’une déclaration de cessation des paiements. Le représentant légal de la société débitrice a été entendu en chambre du conseil. Le tribunal examine les conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée. Il prononce cette procédure et fixe la date de cessation des paiements au 25 novembre 2024.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La constatation d’une impossibilité de faire face au passif exigible. Le tribunal relève que l’entreprise est dans l’impossibilité de faire face à son passif. Il s’appuie sur des éléments chiffrés précis issus de l’instruction. « Il ressort des renseignements et pièces recueillis en Chambre du conseil que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif échu et exigible qui s’élève à 28 339.84 euros avec son actif disponible négatif de 324 euros » (Motifs). Cette appréciation in concreto est essentielle pour qualifier l’état de cessation. La valeur de cette analyse réside dans le contrôle effectif de la situation financière. La portée est stricte, car elle conditionne l’accès à toute procédure collective.

La qualification d’une cessation des paiements manifeste. Le juge ne se contente pas de constater l’impossibilité financière. Il en déduit directement la qualification juridique requise par la loi. « Et qu’elle se trouve manifestement en état de cessation des paiements » (Motifs). Cette mention manifeste souligne l’évidence du constat dressé par le tribunal. Sa valeur est procédurale, car elle justifie l’ouverture de la procédure sans débat supplémentaire. La portée en est l’accélération du traitement du dossier, confirmant le rôle du juge dans la protection des intérêts des créanciers.

Les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée

Le respect des seuils légaux pour l’application du régime simplifié. Le tribunal vérifie le champ d’application du dispositif prévu par le code de commerce. Il examine les critères relatifs à l’effectif et au chiffre d’affaires de l’entreprise. « Il apparait que l’entreprise ne possède pas de bien immobilier et que le nombre de ses salariés et le montant de son chiffre d’affaires H.T. sont inferieurs aux seuils prévus aux articles L641-2 & D 641-10 du Code de Commerce » (Motifs). Cette vérification est une condition préalable impérative. Sa valeur est d’assurer une application correcte de la procédure adaptée aux petites structures. La portée est de permettre une liquidation accélérée et moins formaliste.

La décision d’ouverture et l’organisation de la procédure. Le tribunal tire les conséquences juridiques de ses constatations pour ordonner la liquidation. « Il y a donc lieu pour le Tribunal de prononcer l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire simplifiée immédiate » (Motifs). Cette décision est le cœur du dispositif judiciaire. Sa valeur réside dans la mise en œuvre d’un régime dérogatoire au droit commun des procédures collectives. La portée est immédiate, avec la nomination d’un juge-commissaire et d’un liquidateur, et la fixation d’un calendrier strict pour les opérations de liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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