Tribunal de commerce de Aix-en-Provence, le 30 octobre 2025, n°2025013880

Le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, statuant le 30 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. La dirigeante invoque un mauvais choix d’emplacement pour justifier l’insuffisance de son chiffre d’affaires. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Il retient ainsi l’application du régime de liquidation simplifiée prévu par le code de commerce.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son appréciation concrète

Le tribunal constate que la société « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formule reprend textuellement la définition de l’article L. 631-1 du code de commerce. L’appréciation est globale et ne nécessite pas un détail complet de chaque créance. La cour d’appel de Paris rappelle que « le montant du passif exigible au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce s’élève à la somme de 9 522,35 euros » (Cour d’appel de Paris, le 29 avril 2025, n°24/17702). La comparaison entre actif disponible et passif exigible fonde ainsi le constat légal.

La portée de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation au premier septembre 2025. Cette date correspond au dépôt de la demande d’ouverture par la société elle-même. Elle marque le point de départ de la période suspecte et détermine l’assiette du passif à considérer. Cette fixation est essentielle pour la sécurité juridique des actes antérieurs. Elle permet d’encadrer les actions en nullité ou en revendication qui pourraient être intentées par le liquidateur.

Les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée

Le constat de l’impossibilité manifeste de redressement

Le juge relève que « le redressement est manifestement impossible » au vu des explications fournies. Ce constat est une condition sine qua non pour ouvrir directement une liquidation. Il s’appuie sur la cause de la défaillance, ici une erreur stratégique sur le local commercial. La jurisprudence exige une justification sérieuse de cette impossibilité. La cour d’appel de Paris a ainsi souligné l’absence de justificatifs suffisants face à un passif élevé (Cour d’appel de Paris, le 3 avril 2025, n°24/16725).

Le régime procédural allégé et ses implications

Le tribunal applique les articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce. Ce régime simplifié est réservé aux situations où les actifs sont limités et le passif modeste. Il entraîne une procédure accélérée avec un délai de clôture fixé à six mois. Le juge organise déjà l’audience de clôture pour le trois avril 2026. Cette célérité vise à réduire les coûts de la procédure pour les créanciers. Elle reflète une volonté d’efficacité dans le traitement des défaillances sans complexité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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