Tribunal de commerce de Montpellier, le 5 décembre 2025, n°2025015710

Le Tribunal de commerce de Montpellier, le 5 décembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La juridiction constate l’état de cessation des paiements d’une société suite à une assignation de l’organisme recouvreur. La société, défaillante, ne s’est pas présentée à l’audience en chambre du conseil. Le tribunal retient la date de l’assignation comme point de départ de la cessation des paiements. Il désigne les organes de la procédure et fixe une audience ultérieure pour l’examen du dossier.

La constatation de la cessation des paiements

Les conditions légales d’ouverture sont strictement remplies. Le juge vérifie l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible. « L’état de cessation des paiements résulte de l’impossibilité dans laquelle se trouve le défendeur de faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible » (Motifs). Cette appréciation est objective et se fonde sur une situation de trésorerie. La créance du demandeur est certaine, exigible et demeure impayée malgré des tentatives de recouvrement. Le débiteur ne justifie pas d’un actif disponible suffisant pour y faire face. La carence du débiteur lors des débats permet une décision réputée contradictoire. Cette absence ne fait pas obstacle à l’examen des éléments probants fournis par le créancier.

La fixation provisoire de la date de cessation

Le choix de cette date est une prérogative essentielle du tribunal. Il fixe ici provisoirement la date au jour de l’assignation en justice. « Dit qu’il sera fait application des articles L631-1 et suivants du Code de Commerce et fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 23/09/2025 » (Dispositif). Cette date marque le point de départ de la période suspecte. Elle est cruciale pour la validité des actes passés par le débiteur antérieurement. Le caractère provisoire permet une révision ultérieure par le juge-commissaire. L’audience de chambre du conseil prévue permettra d’affiner cette appréciation.

Les suites immédiates de l’ouverture de la procédure

Le jugement organise sans délai le déroulement futur de l’instance collective. Il désigne le juge-commissaire et son suppléant pour contrôler la procédure. Le mandataire judiciaire est nommé pour représenter les intérêts collectifs des créanciers. « Ordonne la désignation de SCP […] pour réaliser l’inventaire et la prisée » (Dispositif). Cette mesure permet d’établir un état fidèle du patrimoine du débiteur. Le tribunal invite également les salariés à désigner un représentant. Il fixe un délai pour l’établissement de la liste des créances déclarées.

La portée d’une décision rendue en l’absence du débiteur

Cette décision illustre le principe du contradictoire réputé satisfait. La société a été régulièrement convoquée en chambre du conseil. Son absence ne prive pas le tribunal du pouvoir de statuer sur la demande. La solution protège l’intérêt des créanciers et la préservation de l’actif. Elle évite les manœuvres dilatoires potentielles de la part du débiteur. L’exécution provisoire de droit assure l’effectivité immédiate des mesures. La publicité du jugement garantit l’information de l’ensemble des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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