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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Chambre commerciale, Cour de cassation, le 5 mars 2002, n° 99-13.099

Commentaire rédigé par l’IA

La décision rendue par la Chambre commerciale de la Cour de cassation le 5 mars 2002, sous les numéros de pourvoi 99-13.099 et 99-14.317, concerne un litige relatif à la cession de droits au bail dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire.

Les faits de l’affaire révèlent qu’une société exploitant un fonds de commerce a été soumise à un redressement judiciaire. Un plan de cession a été établi, prévoyant la cession des éléments du fonds, y compris des droits au bail associés à des locaux commerciaux. La cession de droits au bail a été effectuée en faveur d’une autre société, tandis qu’une autre entité, propriétaire des locaux, a contesté la validité de cette cession.

Le premier pourvoi a soulevé un moyen unique de cassation, en affirmant que la cour d’appel avait erronément considéré que le plan de cession ne pouvait être modifié. La société requérante soutenait que la cession d’un droit au bail, en lieu et place d’une cession de fonds de commerce, ne constituait pas une modification substantielle nécessitant l’autorisation du tribunal. La Cour a rejeté ce moyen, considérant que la cour d’appel avait légalement justifié sa décision en constatant que la société exploitait un seul fonds de commerce, comprenant plusieurs droits au bail, et que le droit au bail d’un des locaux ne pouvait être cédé qu’à l’acquéreur du fonds.

Le second pourvoi, formé par la société ayant acquis des droits au bail, a également invoqué un moyen unique. Celui-ci soutenait que la cour d’appel avait omis de prendre en compte le transfert de propriété résultant de la cession effectuée. En réponse, la Cour a noté que la cour d’appel n’avait pas refusé de reconnaître le transfert de propriété mais avait conclu à l’inopposabilité de la cession au propriétaire des locaux. Elle a également confirmé que la cour d’appel avait correctement apprécié les faits pour établir qu’il existait un fonds de commerce unique, rendant impossible la cession du droit au bail à un tiers.

En conclusion, la Cour de cassation a rejeté les pourvois, condamnant les sociétés requérantes à supporter les dépens et à verser une somme à l’entité propriétaire des locaux. Cette décision illustre la rigueur avec laquelle les questions de cession de droits au bail sont traitées dans le cadre des procédures collectives, en mettant l’accent sur la nécessité de respecter les termes des plans de cession et de garantir la protection des droits des propriétaires des locaux.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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