Avocat expulsion locative à Paris : commandement, audience et exécution.
Réponse rapide
L'expulsion locative est une procédure encadrée. Pour le bailleur, elle suppose un commandement de payer, un jugement constatant la résiliation, un commandement de quitter les lieux et le concours de la force publique. Pour le locataire, le délai de paiement préserve souvent le bail, et la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend l'expulsion sauf exceptions. Le cabinet, dirige par Maître Reda Kohen, intervient des l'audience devant le juge des contentieux de la protection à Paris pour évaluer le calendrier procédural sous 24 à 48 heures.
- TJ Paris
- Bailleur
- Locataire
- Urgence audience
- Trêve hivernale
Bailleur
Recuperer le bien
Audit du bail, du commandement et de la dette. Evaluation du calendrier jusqu'à la libération des lieux.
Locataire
Defendre le bail
Demande de délais de paiement, contestation du commandement, plaidoirie devant le juge des contentieux de la protection.
Audience
Tribunal judiciaire de Paris
Pole expulsion locative, constatation de la clause résolutoire, prononce de la résiliation, octroi de délais.
Exécution
Commissaire de justice
Commandement de quitter les lieux, demande de concours de la force publique au préfet, gestion de la trêve hivernale.
Votre situation
Expulsion locative : éviter l'erreur de calendrier
L'expulsion locative est une procédure judiciaire qui suppose une succession d'actes formels. Le bailleur ne peut jamais expulser seul : il doit obtenir un titre exécutoire constatant la résiliation du bail, faire delivrer un commandement de quitter les lieux, puis solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. Toute precipitation expose le bailleur à la nullite de la procédure et a un retard de plusieurs mois.
Pour le locataire, l'enjeu est inverse. Le bail peut être sauve si le locataire regularise la dette dans le délai du commandement de payer ou s'il obtient des délais judiciaires. La défense suppose une lecture rigoureuse du commandement, du décompte locatif et de la qualite des parties.
Le cabinet, situe au 11 rue Margueritte 75017 Paris, defend les bailleurs et les locataires devant le tribunal judiciaire de Paris. Cette ligne de défense double permet d'anticiper les arguments de la partie adverse et de batir une stratégie chiffree des le premier echange.
L'erreur la plus fréquente cote bailleur est de saisir le tribunal sans vérifier la régularité du commandement de payer. L'erreur la plus fréquente cote locataire est d'attendre la veille de l'audience pour reagir. Dans les deux cas, le calendrier procédural décide du sort du dossier. La page résiliation de bail détaille les fondements alternatifs à la clause résolutoire.
Commandement de payer : délais a ne pas manquer
Le commandement de payer, prevu par l'article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, est l'acte qui déclenche la procédure. Il doit être signifie par commissaire de justice, viser la clause résolutoire inseree au bail et contenir, a peine de nullite, la mention du délai accorde au locataire pour apurer sa dette.
Le délai depend de la date du bail. Pour les contrats de location conclus avant l'entrée en vigueur de la loi du 27 juillet 2023, le délai légal reste de deux mois à compter du commandement. Pour les baux conclus à partir du 29 juillet 2023, le délai est de six semaines. Cette distinction a été confirmee par la Cour de cassation dans son avis du 13 juin 2024.
La haute juridiction, repondant a une demande d'avis du tribunal de proximite de Trevoux, a juge que les dispositions de l'article 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, en ce qu'elles modifient le délai minimal imparti au locataire pour s'acquitter de sa dette après la delivrance d'un commandement de payer visant la clause résolutoire inseree au bail prevu par l'article 24, alinea 1er et 1°, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, n'ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l'entrée en vigueur de la loi
(Avis Cour de cassation, 13 juin 2024, n° 24-70.002, publie au Bulletin).
Si le locataire regularise la dette dans le délai, la clause résolutoire est paralysee et le bail est préserve. Si le délai expire sans paiement intégral, la résiliation est acquise de plein droit, sous reserve de la constatation par le juge. La Cour de cassation a précise les contours de la prorogation : le report des effets des clauses résolutoires prevus par l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 n'est applicable que lorsque le délai de deux mois laisse au locataire, destinataire d'un commandement de payer visant la clause résolutoire inseree au bail pour defaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, pour apurer sa dette, expire au cours de la période juridiquement protegee instituee entre le 12 mars et le 23 juin 2020
(Cass. 3e civ., 12 octobre 2023, n° 22-19.117, publie au Bulletin).
Le contenu du commandement est analyse en detail. Une mention manquante, une erreur de calcul ou un visa errone de la clause résolutoire peuvent justifier l'annulation. Le décompte de la dette doit distinguer le loyer principal, les charges et le dépôt de garantie, faute de quoi le commandement risque la nullite pour imprecision.
Audience au tribunal : défense ou résiliation
L'audience locative se tient devant le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris. Le bailleur sollicite la constatation de la clause résolutoire, la condamnation aux loyers et charges arriérés, l'expulsion et le paiement d'une indemnité d'occupation. Le locataire peut contester le commandement, demander des délais de paiement ou opposer un manquement du bailleur à son obligation de delivrance.
La preparation de l'audience est décisive. Le bailleur doit produire le bail, le décompte détaille des sommes dues, le commandement de payer signifie, les justificatifs des relances et l'attestation d'envoi au préfet. Le locataire doit produire ses justificatifs de revenus, ses tentatives de paiement, le dossier de surendettement le cas echeant et tout élément prouvant un trouble de jouissance.
Les délais de paiement sont une arme defensive puissante. Sur le fondement du V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, le juge peut accorder au locataire un délai pour regler la dette, qui peut atteindre 36 mois lorsque la situation financiere le justifie. Si le locataire respecte l'echeancier, la clause résolutoire ne joue pas. Cette suspension a une portee considérable.
La Cour de cassation a juge dans un arret de principe : lorsqu'une ordonnance de refere ayant suspendu les effets d'une clause résolutoire inscrite dans un bail commercial en accordant des délais de paiement au locataire est passee en force de chose jugee et en l'absence de décision contraire statuant au principal, le bailleur ne peut plus, en cas de non-respect par le preneur des délais de paiement conditionnant la suspension des effets de la clause, demander unilateralement l'exécution du bail résilié
(Cass. 3e civ., 22 octobre 2020, n° 19-19.542, publie au Bulletin). La logique de la décision est transposable au bail d'habitation : un bailleur qui ne respecte pas la procédure judiciaire ne peut pas reprendre le logement par voie de fait.
Si la résiliation est prononcee, le jugement comporte un commandement de quitter les lieux ou ouvre la porte à sa delivrance. Il fixe également le montant de l'indemnité d'occupation et la mise en oeuvre du dépôt de garantie. Le bailleur peut alors enclencher la phase d'exécution.
Envoyez les pièces, j'évalue le calendrier sous 24 heures
Bail, commandement de payer, dernier décompte, jugement eventuel : envoyez le dossier au cabinet pour une analyse précise des délais et des marges de défense.
Délais et trêve hivernale : ce qui bloque l'exécution
La trêve hivernale, definie a l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution, suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. Pendant cette période, le concours de la force publique ne peut pas être accorde, sauf exceptions strictes : relogement assure dans des conditions decentes, locaux faisant l'objet d'un arrete de peril, occupants entres par voie de fait dans le logement.
La trêve hivernale ne suspend ni la procédure ni le commandement de quitter les lieux. Elle bloque uniquement l'expulsion matérielle. Le bailleur peut donc continuer a faire courir les indemnités d'occupation pendant la trêve, et le commissaire de justice peut delivrer le commandement avant le 1er novembre pour preparer l'exécution après le 31 mars.
Pour le bailleur, cette règle impose une planification stricte. Une procédure mal calee voit l'exécution decalee de plusieurs mois. Le calcul du calendrier optimal commence au stade du commandement de payer : delivrer un commandement en septembre avec un délai de 2 mois, obtenir l'audience en décembre ou janvier, puis preparer le commandement de quitter les lieux pour fin mars permet une exécution juste après la trêve.
Pour le locataire, la trêve hivernale est une protection essentielle, mais elle ne dispense pas du paiement de l'indemnité d'occupation. Un locataire qui bénéficie de la trêve hivernale doit continuer a regler l'equivalent du loyer, sous peine de voir sa dette augmenter et son surendettement s'aggraver. La negociation d'un protocole avec le bailleur peut, dans cette période, éviter une expulsion brutale en avril.
Au-dela de la trêve hivernale, le juge peut accorder des délais d'expulsion supplementaires sur le fondement des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Ces délais, qui peuvent atteindre trois ans dans des situations exceptionnelles, sont apprecies en fonction de la situation personnelle du locataire et de la diligence du bailleur. Le cabinet évalue ces marges de manoeuvre des le premier rendez-vous.
Commissaire de justice : sécuriser la phase finale
Après le jugement, le commissaire de justice (anciennement huissier de justice) delivre le commandement de quitter les lieux. Cet acte ouvre un nouveau délai de deux mois avant que l'expulsion forcee puisse être tentee. Le commandement doit être transmis au préfet du departement, sous peine de nullite de la procédure ultérieure.
La Cour de cassation a juge dans un arret de principe que l'huissier de justice avait, des la delivrance du commandement d'avoir a libérer les locaux, adresse au préfet du departement copie de cet acte et lui avait communique tous les renseignements utiles relatifs à la personne concernee par l'expulsion, cette notification etant obligatoire
, et a sanctionne par la cassation pour defaut de base légale la cour d'appel qui n'avait pas vérifie cette transmission (Cass. 3e civ., 19 mai 2010, n° 09-12.424, publie au Bulletin). La règle est aujourd'hui codifiee a l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution.
A l'issue du délai, si le locataire n'a pas libéré les lieux, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique auprès du préfet. Cette demande, motivee, doit indiquer la situation familiale et financiere de l'occupant. Le préfet dispose d'un délai pour répondre. En cas de refus ou de silence, le bailleur peut engager la responsabilite de l'État sur le fondement de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution.
L'exécution se deroule ensuite en presence du commissaire de justice et, le cas echeant, des forces de l'ordre. Un proces-verbal d'expulsion est dresse, qui détaille les conditions de l'exécution et l'inventaire des meubles laisses sur place. Le bailleur recupere les cles et peut faire constater la libération effective des lieux.
Le bailleur doit ensuite gerer le sort des meubles abandonnes. Les biens laisses dans les lieux peuvent être conserves au domicile, places en garde-meuble aux frais du locataire, ou vendus par enchère si le locataire ne les recupere pas dans le délai légal. La gestion de cette phase ultime est clé pour éviter les contentieux subsequents avec l'ancien locataire.
Pièces a preparer selon votre situation
La qualite du dossier transmis au cabinet conditionne la rapidite de l'analyse et la solidite de la stratégie. Chaque pièces a une utilite probatoire propre.
Bail, commandement, décompte
Bail signe, état des lieux d'entrée, dernière quittance, commandement de payer signifie, décompte détaille du loyer, des charges et de l'indemnité d'occupation depuis le premier impaye.
Erreur fréquente : décompte non actualise au jour de l'audience.
Commandement, justificatifs, courriers
Commandement reçu, justificatifs de revenus des trois derniers mois, courriers et SMS au bailleur, attestations CAF, dossier de surendettement le cas echeant.
Erreur fréquente : ne pas conserver les preuves de troubles de jouissance.
Acte de cautionnement
Acte de cautionnement signe, preuves de solvabilite produites au bailleur, courriers de mise en demeure reçus, copie intégrale du bail vise au cautionnement.
Erreur fréquente : meconnaitre la portee de la solidarite et la duree de l'engagement.
Reglement, PV d'AG, charges
Si l'occupation porte atteinte a l'immeuble : règlement de copropriété, proces-verbaux d'AG, décomptes de charges, courriers du conseil syndical, preuves d'occupation par voie de fait.
Erreur fréquente : confondre trouble de voisinage et expulsion locative.
Ce que le cabinet vérifie avant d'agir
Une défense solide repose sur une analyse préalable de quatre points. Le cabinet refuse d'engager une procédure sans avoir valide chacun d'eux.
Regularite du commandement
Mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989, qualite du signataire, date de signification, transmission au préfet, décompte annexe.
État des paiements
Reconciliation des avis d'échéance, des virements, des aides au logement, et identification des sommes contestables (regularisation de charges, indexation, dépôt de garantie).
Qualite bailleur et locataire
Vérification de la propriété via l'extrait cadastral, contrôle de la qualite du bailleur, identification des co-locataires, des cautions et des occupants effectifs des lieux.
Application de la trêve hivernale
Calcul du calendrier optimal en fonction de la date du commandement, de l'audience prevue et de la trêve. Anticipation des délais d'expulsion judiciaires complementaires.
Situation, preuve, délai, action
Le tableau ci-dessous synthetise les principales configurations rencontrees au cabinet. Il permet de calibrer rapidement la priorite et l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Loyer impaye depuis 2 a 3 mois | Avis d'échéance, décompte détaille, dernière quittance reglee | Aussitot que la dette atteint 2 termes | Mise en demeure puis commandement de payer visant la clause résolutoire |
| Commandement de payer reçu par le locataire | Acte signifie, décompte annexe, ressources actuelles | 2 mois (bail antérieur a juillet 2023) ou 6 semaines (bail posterieur) | Regulariser, saisir le juge en délais, preparer l'audience |
| Audience locative imminente | Bail, commandement, justificatifs, attestations | Au moins 15 jours avant la date | Conclusions, demande de délais ou de constatation de la clause |
| Jugement de résiliation rendu | Jugement, certificat de non-appel, décompte des indemnités | 2 mois après signification du commandement de quitter les lieux | Preparation de l'exécution, demande du concours de la force publique |
| Commandement de quitter les lieux notifié | Acte signifie, copie de la transmission au préfet | Sous 2 mois pour quitter ou contester | Recours devant le juge de l'exécution, demande de délais de l'article L. 412-3 CPCE |
| Refus de concours de la force publique | Demande au préfet, accuse de reception, silence ou refus | Après expiration du délai préfectoral | Action en responsabilite de l'État devant le tribunal administratif |
Cas pratiques du cabinet
Les exemples ci-dessous, anonymises, illustrent la diversite des situations traitees. Les chiffres correspondent a des dossiers reels mais ont été arrondis par souci de discretion.
Bailleur : recuperation d'un appartement parisien après 8 mois
Dette locative de l'ordre de 14 000 euros sur 8 mois. Trois audiences, dont une avec demande de délais rejetée, jugement de résiliation, commandement de quitter les lieux, concours de la force publique obtenu après relance préfectorale.
Action : commandement, audience, exécution. Resultat : bailleur retrouve la jouissance du bien.
Locataire : 18 mois de délais grace au dossier surendettement
Famille monoparentale en arriérés de pres de 5 000 euros. Dossier de surendettement depose, plan d'apurement homologue, suspension de la clause résolutoire par le juge des contentieux de la protection. Maintien dans le logement et reprise des paiements.
Action : délais V de l'article 24, plan conventionnel. Resultat : bail préserve.
Annulation du commandement irrégulier, expulsion suspendue
Commandement de payer signifie sans mention complète du délai et avec un décompte errone. Demande de nullite accueillie devant le juge, suspension de la procédure d'expulsion. Le bailleur a du régulariser un nouveau commandement, decalant le calendrier de 5 mois.
Action : exception de nullite. Resultat : délai supplémentaire pour le locataire.
Comment le cabinet vous accompagne
Premier echange et envoi du dossier
Appel ou email pour qualifier la situation. Envoi du bail, du commandement et du dernier décompte. Réponse sous 24 à 48 heures avec une première lecture juridique.
Analyse du calendrier procédural
Vérification du délai applicable (2 mois ou 6 semaines), du jour ouvrable d'échéance, de l'application de la trêve hivernale. Construction d'un calendrier d'action sur 3 mois.
Défense en audience ou demande de délais
Conclusions écrites devant le juge des contentieux de la protection, plaidoirie à l'audience, demande de constatation, de résiliation ou de délais selon le mandat.
Suivi de l'exécution après jugement
Coordination avec le commissaire de justice pour le commandement de quitter les lieux, suivi de la demande de concours de la force publique, gestion eventuelle de la phase d'exécution post-trêve.
Audience proche ou commandement de quitter les lieux notifié ? Si l'audience devant le juge des contentieux de la protection est dans moins de 15 jours, ou si un commandement de quitter les lieux a été signifié, contactez le cabinet immédiatement. Le délai de défense est souvent plus court qu'il n'y parait, et les marges de manoeuvre se reduisent jour après jour. Appelez Maître Reda Kohen au 06 46 60 58 22.
La timeline d'une expulsion en pratique
La séquence ci-dessous reprend les étapes typiques d'une procédure d'expulsion engagee par le bailleur, avec les délais theoriques et les actes formels associes.
Premier impaye J+0
Le loyer n'est pas paye a échéance. Premier avis du bailleur, relance écrite et calcul de la dette.
Commandement de payer J+30 a J+60
Le commissaire de justice signifie le commandement visant la clause résolutoire. Le délai de 2 mois ou 6 semaines court à compter de cette signification.
Assignation au tribunal J+90 a J+120
Si la dette n'est pas regularisee, le bailleur assigne devant le juge des contentieux de la protection en constatation de la clause résolutoire et expulsion.
Audience et jugement J+150 a J+240
Audience devant le juge. Le juge constate la résiliation ou accorde des délais. Jugement notifié aux parties.
Commandement de quitter les lieux J+250
Après signification du jugement, le commissaire de justice delivre le commandement de quitter les lieux et notifié le préfet.
Concours de la force publique J+310
Après expiration du délai de 2 mois, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique auprès du préfet, hors trêve hivernale.
Expulsion effective J+330 a J+450
L'expulsion matérielle est conduite par le commissaire de justice, le cas echeant assiste de la force publique. Proces-verbal d'expulsion, inventaire des meubles, restitution des cles.
Cette séquence est theorique. La duree reelle depend du tribunal saisi, des délais d'audiencement, de la trêve hivernale et des recours du locataire. Le cabinet construit un calendrier prudent qui intègre ces aléas. Pour creuser les contentieux locatifs adjacents, voir la page recouvrement de loyers et la page bail d'habitation.
Le cabinet
Maître Reda Kohen, avocat à Paris
Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris, intervient en droit immobilier et en contentieux locatif. Le cabinet defend bailleurs et locataires devant le tribunal judiciaire de Paris et la cour d'appel de Paris. La pratique couvre la procédure d'expulsion, le recouvrement de loyers, la contestation du commandement de payer, les délais judiciaires et la coordination avec le commissaire de justice.
- Barreau de Paris
- Contentieux locatif
- Procédures civiles d'exécution
- Copropriete
Cabinet Kohen Avocats - Paris
Une procédure d'expulsion ? Reagissez aujourd'hui.
Bailleur ou locataire, le calendrier procédural décide souvent du sort du dossier. Envoyez les pièces au cabinet pour une analyse précise, ou appelez directement Maître Reda Kohen.
Questions fréquentes sur l'expulsion locative
Combien de temps prend une expulsion locative à Paris ?
La procédure d'expulsion locative à Paris dure en pratique entre 12 et 18 mois entre le premier impaye et l'expulsion matérielle, mais ce délai peut être considérablement allonge en cas de demande de délais de paiement, de trêve hivernale, de recours ou de difficultes pour obtenir le concours de la force publique. Une procédure standard suit le calendrier suivant : commandement de payer signifie au mois 1 ou 2, expiration du délai légal au mois 3 a 4, assignation au tribunal au mois 4 a 5, audience devant le juge des contentieux de la protection au mois 6 a 9 selon les délais d'audiencement, jugement de résiliation, signification du commandement de quitter les lieux au mois 9 a 10, expiration du délai de 2 mois au mois 11 a 12, demande de concours de la force publique au préfet et expulsion matérielle au mois 12 a 18. La Cour de cassation a confirme dans son arret du 12 octobre 2023 le caractere strict du délai de 2 mois du commandement, sauf périodes dérogatoires.
Que faire si je reçois un commandement de payer ?
Le commandement de payer est l'acte qui déclenche la procédure d'expulsion. Pour le locataire, trois reflexes s'imposent. Premierement, lire intégralement le commandement et vérifier les mentions : délai de 2 mois ou 6 semaines selon la date du bail, décompte détaille, visa de la clause résolutoire, qualite du signataire. Une mention manquante ou erronee peut entrainer la nullite. Deuxiemement, calculer le délai exact pour apurer la dette. Toute somme reglee dans ce délai paralyse la clause résolutoire. Troisiemement, contacter un avocat dans la semaine pour évaluer les marges de défense : délais de paiement de l'article 24 V de la loi de 1989, contestation du décompte, demande de surendettement, troubles de jouissance. Le cabinet propose une analyse du commandement sous 24 à 48 heures sur la base du bail et du décompte. Au-dela du délai, le bailleur peut saisir le tribunal et obtenir la constatation de la résiliation.
Le bailleur peut-il expulser sans passer par un juge ?
Non. Aucune expulsion locative ne peut intervenir sans titre exécutoire. Un bailleur qui change les serrures, retire les meubles, coupe l'électricité ou empeche l'acces au logement commet une voie de fait, sanctionnee par les tribunaux et susceptible de constituer le delit de violation de domicile prevu par l'article 226-4 du code penal. Le bailleur doit obtenir un jugement constatant la résiliation du bail, faire signifier un commandement de quitter les lieux, attendre l'expiration du délai légal, puis solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. La Cour de cassation a juge le 19 mai 2010 que la notification du commandement au préfet est une formalite obligatoire, sanctionnee par la nullite. Toute precipitation expose le bailleur a une condamnation pour voie de fait, a des dommages et intérêts, et a un retard considérable de la procédure.
Qu'est-ce que la trêve hivernale et qui en bénéficie ?
La trêve hivernale, prevue a l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution, suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. Pendant cette période, le concours de la force publique ne peut pas être accorde, et le commissaire de justice ne peut pas exécuter une expulsion. La trêve bénéficie en principe a tous les locataires d'un logement, qu'ils soient en bail d'habitation classique, en colocation ou en logement social. Plusieurs exceptions existent : occupants entres par voie de fait, locaux faisant l'objet d'un arrete de peril, relogement assure dans des conditions decentes par le bailleur ou par les pouvoirs publics. La trêve ne suspend pas la procédure judiciaire ni la signification du commandement de quitter les lieux : seule l'expulsion matérielle est differee. Pendant cette période, le locataire reste redevable de l'indemnité d'occupation, equivalente au loyer et aux charges. Le bailleur peut donc continuer a accumuler des créances qu'il pourra recouvrer une fois l'expulsion exécutée.
Le locataire peut-il obtenir des délais de paiement ?
Oui. Le V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 permet au juge des contentieux de la protection d'accorder au locataire des délais de paiement, qui peuvent atteindre 36 mois lorsque la situation financiere et personnelle le justifie. Pendant l'exécution de l'echeancier, la clause résolutoire est suspendue : si le locataire respecte le plan, le bail est préserve. La demande peut être formulee à l'audience ou par voie de conclusions écrites. Elle suppose la production de justificatifs de revenus, d'attestations de la CAF, d'un dossier de surendettement le cas echeant et d'une proposition d'echeancier credible. La Cour de cassation a juge le 22 octobre 2020 que lorsqu'une ordonnance de refere a suspendu les effets d'une clause résolutoire en accordant des délais, le bailleur ne peut pas reprendre unilateralement le logement en cas d'inexecution, sans saisine du juge. La procédure est donc strictement encadrée, ce qui protege le locataire respectant le plan.
Que se passe-t-il à l'audience d'expulsion ?
L'audience devant le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris se deroule en plusieurs phases. Le bailleur expose la situation : bail, commandement de payer, décompte de la dette, demande de constatation de la clause résolutoire, demande d'expulsion, demande d'indemnité d'occupation. Le locataire ou son avocat répond : contestation du décompte, demande de délais de paiement, contestation de la régularité du commandement, evocation eventuelle de troubles de jouissance ou d'un dossier de surendettement. Le juge interroge les parties sur la situation personnelle et financiere du locataire, sur les efforts de paiement, sur la cause de la dette. La décision peut être rendue sur le siege ou mise en délibéré. Le jugement constatera la résiliation et ordonnera l'expulsion, ou accordera des délais de paiement et suspendra la clause résolutoire. La preparation est décisive : un dossier complet et des conclusions précises augmentent fortement les chances. L'absence du locataire conduit en général a un jugement réputatif contradictoire qui prononce l'expulsion.
Les frais d'expulsion sont-ils à la charge du locataire ?
Oui en règle générale. Le jugement qui constate la résiliation du bail et prononce l'expulsion condamne le locataire aux depens, c'est-a-dire aux frais de procédure. Le commandement de payer, le commandement de quitter les lieux, le concours de la force publique, le serrurier, le garde-meuble eventuel, sont en principe à la charge du locataire. Le bailleur peut également obtenir une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat. Enfin, le bailleur peut imputer les arriérés de loyers et l'indemnité d'occupation jusqu'à la libération des lieux. En pratique, le recouvrement effectif depend de la solvabilite du locataire. Si le locataire est insolvable, les frais resteront à la charge du bailleur, même si le titre exécutoire les met formellement à la charge du locataire. Cette realite economique pousse le cabinet a évaluer en amont la solvabilite et a proposer parfois un protocole d'apurement plutot qu'une procédure d'expulsion couteuse.
L'expulsion est-elle possible avec des enfants a charge ?
Oui, mais avec des amenagements. La presence d'enfants mineurs ne fait pas obstacle a l'expulsion, qui reste possible si la procédure est régulière et si la dette est établie. Cela etant, le juge dispose de marges importantes pour accorder des délais : délais de paiement de l'article 24 V de la loi de 1989, délais d'expulsion des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Le juge tient compte des efforts du locataire, de la situation des enfants, de l'absence de solution de relogement, des démarches engagees auprès des services sociaux. La presence d'enfants justifie souvent l'octroi de délais d'exécution allant jusqu'à 3 ans, dans des situations exceptionnelles. La trêve hivernale offre par ailleurs une protection supplementaire de 5 mois. Cote bailleur, la procédure reste disponible, mais le calendrier doit être adapte. Cote locataire, la presence d'enfants justifie une défense engagee et la mobilisation d'aides au logement.
Le bailleur peut-il refuser un plan d'apurement ?
Le bailleur peut refuser un plan d'apurement amiable, mais le juge peut imposer des délais de paiement contre l'avis du bailleur sur le fondement du V de l'article 24 de la loi de 1989. La logique du V de l'article 24 est protectrice : même si le bailleur ne consent pas a un echeancier, le juge peut octroyer un délai de paiement allant jusqu'à 36 mois lorsque la situation financiere du locataire le justifie. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. Si le locataire respecte l'echeancier, le bail est préserve. Si le locataire echoue, le bailleur peut faire constater la résiliation par le juge. Le bailleur a donc intérêt, en pratique, a accepter une proposition raisonnable plutot que de risquer un plan judiciaire impose, qui peut être plus long et plus desavantageux. Le cabinet évalue cas par cas l'opportunite d'un protocole signe par les parties, qui presente l'avantage de la sécurité juridique et évite l'audiencement.
Comment contester une procédure d'expulsion irrégulière ?
Plusieurs voies existent. Au stade du commandement de payer, le locataire peut soulever la nullite par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection, en s'appuyant sur les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989. Au stade du jugement, la voie de l'appel reste ouverte dans le délai d'un mois à compter de la signification, sauf si le jugement est rendu en dernier ressort. Au stade du commandement de quitter les lieux, le locataire peut saisir le juge de l'exécution, notamment pour faire constater l'absence de notification au préfet, contrôle obligatoire pose par la Cour de cassation le 19 mai 2010. Au stade de l'exécution, le locataire peut demander des délais d'expulsion sur le fondement des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Toute irregularite, meme apparemment formelle, peut suspendre la procédure et faire gagner plusieurs mois. La défense suppose une lecture rigoureuse des actes signifies et des délais.
Que faire face a un commandement de quitter les lieux ?
Le commandement de quitter les lieux est l'acte qui déclenche la phase d'exécution après jugement. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois à compter de sa signification pour quitter spontanement le logement ou saisir le juge de l'exécution. Plusieurs actions sont possibles. Premierement, demander des délais d'expulsion sur le fondement de l'article L. 412-3 du code des procédures civiles d'exécution, qui peut accorder un sursis de 3 mois à 3 ans selon la situation personnelle. Deuxiemement, contester la régularité du commandement, notamment en l'absence de notification au préfet, ce qui entraine la nullite de la procédure subsequente selon la jurisprudence constante. Troisiemement, bénéficier de la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars, qui suspend l'expulsion. Quatriemement, mobiliser les services sociaux, la CAF, le bailleur social pour rechercher une solution de relogement. Le délai de 2 mois est une opportunite a ne pas gacher : passe ce délai, l'expulsion matérielle peut être demandee au préfet.
Le commissaire de justice peut-il agir sans la force publique ?
Le commissaire de justice peut intenter l'expulsion sans la force publique uniquement si le locataire libéré spontanement les lieux ou s'il est absent et que le commissaire de justice constate l'abandon du logement. Si le locataire reste dans les lieux et refuse de partir, le commissaire de justice ne peut pas l'expulser de force : il doit dresser un proces-verbal de tentative d'expulsion et solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. La demande doit détailler la situation familiale et financiere de l'occupant. Le préfet dispose d'un délai pour répondre. En cas de refus ou de silence prolonge, le bailleur peut engager la responsabilite de l'État sur le fondement de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, et obtenir indemnisation pour les pertes liees au retard. La procédure est lente, mais elle protege le locataire contre les expulsions sauvages tout en garantissant au bailleur, in fine, la libération des lieux.
Le locataire peut-il revenir après expulsion ?
Après une expulsion locative régulière, le locataire ne peut pas revenir occuper les lieux : son titre d'occupation est anéanti par le jugement de résiliation et le commandement de quitter les lieux. Tout retour serait constitutif d'une voie de fait, et le bailleur pourrait obtenir un nouveau jugement d'expulsion en refere ou saisir le juge penal pour violation de domicile. Le locataire peut en revanche recuperer ses biens personnels selon la procédure prevue : le commissaire de justice dresse un inventaire des meubles laisses dans les lieux, qui sont conserves à domicile, mis en garde-meuble aux frais du locataire, ou vendus aux enchères si le locataire ne les recupere pas dans le délai légal. Le locataire conserve par ailleurs ses droits sur le dépôt de garantie, sous deduction des sommes dues au bailleur. La fin de la procédure d'expulsion ne signifie pas la fin du contentieux : le recouvrement des arriérés locatifs et de l'indemnité d'occupation se poursuit, parfois durant plusieurs années.