Avocat résiliation de bail à Paris : clause résolutoire, congé et défense.

Dernière mise à jour le 1er mai 2026

Réponse rapide

La résiliation d'un bail d'habitation à Paris repose sur deux fondements distincts. La clause résolutoire produit effet automatiquement après un commandement de payer demeuré infructueux, dans un délai de six semaines pour les baux conclus depuis le 29 juillet 2023, ou de deux mois pour les baux antérieurs (Cass. avis 13 juin 2024, n° 24-70.002). À défaut, le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection en résiliation judiciaire fondée sur l'article 1224 du code civil, à condition de prouver un manquement suffisamment grave. Le locataire peut paralyser la clause par la régularisation dans le délai, ou demander des délais de paiement de l'article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 jusqu'à trois ans. Le cabinet, dirigé par Maître Reda Kohen, évalue le calendrier procédural et la solidité des moyens sous 24 à 48 heures.

  • TJ Paris
  • Bailleur
  • Locataire
  • Urgence audience
  • Délai 6 semaines

Bailleur

Résilier le bail efficacement

Choix entre clause résolutoire et résiliation judiciaire. Audit du commandement, du décompte, des manquements graves invoqués.

Locataire

Préserver le bail

Régularisation dans le délai, demande de délais de paiement, contestation du commandement, plaidoirie devant le juge.

Audience

Tribunal judiciaire de Paris

Constatation de la clause résolutoire ou prononcé de la résiliation judiciaire. Octroi éventuel de délais. Indemnité d'occupation.

Pièces utiles

Bail, commandement, décompte

Bail signé, état des lieux, commandement de payer, décompte ventilé, justificatifs des manquements ou des paiements.

6 sem. délai du commandement de payer pour les baux conclus à compter du 29 juillet 2023
2 mois délai applicable aux baux conclus avant l'entrée en vigueur de la loi du 27 juillet 2023
3 ans durée maximale des délais de paiement que peut accorder le juge sur l'article 24 V
15 j. délai de signification du commandement à la caution à peine de perte des pénalités

Résiliation du bail : choisir le bon fondement

La résiliation d'un bail d'habitation repose sur deux fondements concurrents. La clause résolutoire, prévue par l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, joue automatiquement en cas de défaut de paiement du loyer ou des charges, sous réserve d'un commandement régulier et d'un délai expiré sans paiement. La résiliation judiciaire, fondée sur l'article 1224 du code civil, suppose un manquement suffisamment grave et une décision du juge.

Le choix entre ces deux voies n'est pas anodin. La clause résolutoire est rapide et automatique, mais limitée aux quatre cas prévus par la loi : défaut de paiement du loyer ou des charges, non-versement du dépôt de garantie, défaut d'assurance habitation, défaut d'occupation à titre de résidence principale dans les zones soumises à autorisation. La résiliation judiciaire, plus large, couvre les troubles de voisinage, le défaut d'entretien, l'usage non conforme à la destination du bail.

Le cabinet, situé au 11 rue Margueritte 75017 Paris, défend bailleurs et locataires devant le tribunal judiciaire de Paris. La pratique couvre la rédaction du commandement, la stratégie d'audience, la défense des contestations, et le suivi de l'exécution du jugement de résiliation.

L'erreur la plus fréquente côté bailleur consiste à choisir la résiliation judiciaire alors que la clause résolutoire suffirait, ce qui rallonge inutilement la procédure. L'erreur la plus fréquente côté locataire consiste à attendre l'audience pour réagir, alors que le délai du commandement est encore ouvert. Pour les conséquences exécutoires, voir la page expulsion locative et la page recouvrement de loyers.

Clause résolutoire : commandement et délais

La clause résolutoire est insérée par la loi dans tout bail d'habitation. Elle prévoit la résiliation de plein droit du contrat pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, ou pour non-versement du dépôt de garantie. Le mécanisme est strictement encadré par l'article 24 I de la loi du 6 juillet 1989.

Pour produire effet, la clause exige un commandement de payer signifié par commissaire de justice, contenant à peine de nullité plusieurs mentions obligatoires : la mention du délai accordé au locataire pour payer sa dette, le montant mensuel du loyer et des charges, le décompte de la dette, l'avertissement sur les conséquences d'un défaut de paiement, l'information sur la possibilité de saisir le fonds de solidarité pour le logement, l'information sur la possibilité de demander un délai de grâce.

Le délai dépend de la date du bail. La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, entrée en vigueur le 29 juillet 2023, l'a réduit de deux mois à six semaines. La Cour de cassation, saisie d'une demande d'avis du tribunal de proximité de Trévoux, a tranché : les dispositions de l'article 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, en ce qu'elles modifient le délai minimal imparti au locataire pour s'acquitter de sa dette après la délivrance d'un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail prévu par l'article 24, alinéa 1er et 1°, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, n'ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles des baux en cours au jour de l'entrée en vigueur de la loi (Cass. avis, 13 juin 2024, n° 24-70.002, publié au Bulletin).

Si le locataire règle l'intégralité de la dette dans le délai, la clause résolutoire est paralysée et le bail est préservé. À défaut, la résiliation est acquise de plein droit, sous réserve de la constatation par le juge. La troisième chambre civile, dans un arrêt du 12 octobre 2023, a précisé : le report des effets des clauses résolutoires prévus par l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 n'est applicable que lorsque le délai de deux mois laissé au locataire, destinataire d'un commandement de payer visant la clause résolutoire insérée au bail pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, pour apurer sa dette, expire au cours de la période juridiquement protégée instituée entre le 12 mars et le 23 juin 2020 (Cass. 3e civ., 12 octobre 2023, n° 22-19.117, publié au Bulletin).

Lorsque le bail est garanti par une caution, le commandement de payer doit être signifié à la caution dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire, à peine de perte du droit aux pénalités et intérêts de retard. Cette obligation, méconnue dans nombre de dossiers, fragilise considérablement la créance vis-à-vis du garant.

Résiliation judiciaire : prouver le manquement grave

La résiliation judiciaire est régie par l'article 1224 du code civil : La résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. En matière de bail d'habitation, l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 liste les obligations principales du locataire : payer le loyer et les charges, user paisiblement des locaux loués, répondre des dégradations, prendre en charge l'entretien courant, permettre l'accès aux lieux pour les travaux nécessaires, ne pas transformer les lieux sans accord, s'assurer contre les risques locatifs.

La résiliation judiciaire suppose deux conditions cumulatives. D'abord, le manquement doit être imputable au locataire. Ensuite, il doit être suffisamment grave pour justifier la résiliation immédiate du bail, plutôt que de simples dommages et intérêts. La gravité relève de l'appréciation souveraine du juge du fond.

L'article 1228 du code civil précise : Le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la résolution ou ordonner l'exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts. Le juge dispose donc d'une marge d'appréciation pour apprécier l'opportunité de la résiliation, en tenant compte de la situation personnelle des parties et de la gravité des faits.

Les manquements les plus fréquemment retenus comme suffisamment graves comprennent les troubles répétés de voisinage avérés par des plaintes circonstanciées, le défaut d'entretien rendant le logement impropre à sa destination, l'occupation effective par un tiers en violation des stipulations du bail, l'usage des lieux à des fins commerciales contraires à la destination d'habitation, les dégradations volontaires du logement. La preuve est essentielle : courriers du voisinage, constats de commissaire de justice, mises en demeure restées vaines, photos datées.

La cour d'appel de Paris a rappelé en 2025 que les manquements relevés sont d'une gravité suffisante pour justifier la résiliation du bail, et existaient au jour où le premier juge a statué et sont toujours actuels (CA Paris, Pôle 4 Chambre 4, 27 mai 2025, n° 23/02385). La gravité doit être actuelle au moment où le juge statue, ce qui exclut les manquements anciens régularisés.

Audience proche ? Délai du commandement qui s'épuise ?

Bailleur ou locataire, transmettez le bail, le commandement et le dernier décompte. Réponse sous 24 heures sur le calendrier procédural et les marges de défense.

Défense du locataire : délais de paiement et contestations

Le locataire dispose de deux leviers principaux pour résister à la résiliation. Le premier est la contestation du commandement de payer, lorsqu'il est entaché d'irrégularités formelles ou substantielles. Le second est la demande de délais de paiement à l'audience, qui peut suspendre les effets de la clause résolutoire.

La contestation du commandement repose sur le formalisme strict imposé à peine de nullité. La cour d'appel de Paris a posé une règle de principe : Le commandement de payer délivré au locataire doit être libellé de manière suffisamment explicite pour permettre à son destinataire d'en vérifier le bien-fondé ; il doit notamment préciser les dates d'échéances des sommes réclamées, en distinguant entre loyers et charges locatives, et en faisant clairement apparaître l'imputation des règlements effectués (CA Paris, Pôle 4 Chambre 4, 10 mai 2022, n° 19/16713). L'inobservation de ces formalités substantielles est sanctionnée par la nullité du commandement, qui prive la résiliation de son effet.

Les délais de paiement constituent l'arme défensive la plus puissante. Sur le fondement du V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, le juge des contentieux de la protection peut accorder au locataire des délais dans la limite de trois années, à condition que le locataire soit en situation de régler la dette et qu'il ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue.

La Cour de cassation a confirmé l'application immédiate de cette faculté aux baux antérieurs : la loi nouvelle régissant immédiatement les effets légaux des situations juridiques ayant pris naissance avant son entrée en vigueur et non définitivement réalisées, il en résulte que l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi du 24 mars 2014 en ce qu'il donne au juge la faculté d'accorder un délai de trois ans au plus au locataire en situation de régler sa dette locative s'applique aux baux en cours à la date d'entrée en vigueur de la loi du 24 mars 2014 (Cass. avis, 16 février 2015, n° 14-70.011, publié au Bulletin).

La troisième chambre civile, dans un arrêt de principe du 22 octobre 2020, a précisé la portée de la suspension : lorsqu'une ordonnance de référé ayant suspendu les effets d'une clause résolutoire inscrite dans un bail commercial en accordant des délais de paiement au locataire est passée en force de chose jugée et en l'absence de décision contraire statuant au principal, le bailleur ne peut plus, en cas de non-respect par le preneur des délais de paiement conditionnant la suspension des effets de la clause, demander unilatéralement l'exécution du bail résilié (Cass. 3e civ., 22 octobre 2020, n° 19-19.542, publié au Bulletin). Cette logique est transposable au bail d'habitation : un bailleur ne peut pas, sans saisine du juge, reprendre le logement par voie de fait.

Le locataire peut également invoquer l'exception de surendettement. Lorsqu'une procédure est ouverte au bénéfice du locataire et que celui-ci a repris le paiement du loyer courant, le juge accorde des délais de paiement adaptés à la procédure de surendettement. Cette protection, prévue au VI de l'article 24, ouvre des plans d'apurement parfois sur dix ans.

Après jugement : éviter une exécution mal préparée

Le jugement qui prononce la résiliation du bail ou constate l'acquisition de la clause résolutoire ouvre la phase d'exécution. Plusieurs étapes formelles doivent être respectées sous peine de nullité de la procédure subséquente. La signification du jugement, la délivrance du commandement de quitter les lieux, la notification au préfet et la demande de concours de la force publique constituent une chaîne dont chaque maillon est crucial.

La signification du jugement par commissaire de justice fait courir le délai d'appel d'un mois. À l'issue de ce délai, ou en cas d'exécution provisoire, le bailleur peut faire signifier un commandement de quitter les lieux qui ouvre un délai de deux mois avant l'expulsion forcée, conformément à l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution.

La transmission du commandement au préfet est une obligation à peine de nullité de la procédure d'expulsion. Le commissaire de justice doit, dès la signification, communiquer copie de l'acte au préfet du département, accompagnée des renseignements utiles sur la situation familiale et financière de l'occupant. Cette formalité conditionne la régularité de la demande ultérieure de concours de la force publique.

Le bailleur doit également gérer le sort du dépôt de garantie. À l'issue du bail, le bailleur dispose d'un délai de deux mois pour restituer le dépôt de garantie sous déduction des sommes dues au titre des loyers, charges, indemnités d'occupation et réparations locatives. Une retenue abusive expose le bailleur à des intérêts au taux légal majoré, sur le fondement de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

L'indemnité d'occupation court jusqu'à la libération effective des lieux. Son montant correspond généralement au montant du loyer et des charges, sauf circonstances justifiant une majoration. Le calcul de l'indemnité doit être actualisé jour par jour pour permettre une exécution chiffrée précise. Pour le détail de la phase d'exécution, voir la page expulsion locative.

Côté locataire, la phase post-jugement reste une opportunité de défense. Le juge de l'exécution peut être saisi pour contester la régularité du commandement de quitter les lieux ou demander des délais d'expulsion supplémentaires sur le fondement des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution. Ces délais peuvent atteindre trois ans dans des situations exceptionnelles, en tenant compte de la situation familiale et de l'absence de solution de relogement.

Pièces à préparer selon votre rôle

La qualité du dossier transmis au cabinet conditionne la rapidité de l'analyse et la solidité de la stratégie. Chaque rôle a ses pièces clés.

Bailleur

Bail, commandement, décompte

Bail signé, état des lieux d'entrée, derniers avis d'échéance, commandement de payer signifié, décompte ventilé loyer/charges/indemnité, attestations et courriers reçus.

Erreur fréquente : décompte global sans imputation des paiements.

Locataire

Commandement, justificatifs

Commandement reçu, justificatifs de revenus des trois derniers mois, courriers et SMS au bailleur, attestations CAF, dossier de surendettement éventuel, preuves de tentatives de paiement.

Erreur fréquente : ne pas conserver les preuves de troubles de jouissance.

Bailleur (résiliation judiciaire)

Preuves du manquement grave

Mises en demeure, courriers du voisinage, constats de commissaire de justice, photos datées, plaintes ou mains courantes, témoignages écrits décrivant la fréquence et l'intensité.

Erreur fréquente : manquements anciens non actuels au jour de l'audience.

Caution

Acte de cautionnement

Acte de cautionnement signé, mention manuscrite, copie du bail visé, courriers de mise en demeure reçus, preuve de signification du commandement dans le délai de quinze jours.

Erreur fréquente : commandement non signifié à la caution dans les quinze jours.

Ce que le cabinet vérifie avant d'agir

Une procédure de résiliation engagée à la légère se retourne contre le demandeur. Le cabinet refuse d'introduire l'action sans avoir validé quatre points.

Régularité du commandement

Mentions obligatoires de l'article 24, qualité du signataire, date de signification, transmission au préfet et à la caution, décompte ventilé annexé. Vérification des délais légaux.

Choix du fondement

Clause résolutoire pour les impayés et les défauts d'assurance, résiliation judiciaire pour les manquements graves au sens large. Calibrage de l'arme procédurale en amont.

Solvabilité et opportunité

Évaluation de la solvabilité du locataire, du risque de demande de délais, de la pertinence d'un protocole d'apurement plutôt qu'une procédure longue et coûteuse.

Calendrier procédural

Calcul du délai applicable (six semaines ou deux mois), notification au préfet six semaines avant audience, anticipation de la trêve hivernale pour la phase d'exécution.

Situation, preuve, délai, action

Le tableau ci-dessous synthétise les configurations rencontrées au cabinet. Il calibre rapidement la priorité et la stratégie utile.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Loyer impayé depuis 2 termesAvis d'échéance, dernière quittance, décompte ventiléAussitôt après le 2e terme manquantMise en demeure puis commandement de payer visant la clause résolutoire
Commandement reçu par le locataireActe signifié, décompte annexé, ressources actuelles6 semaines (bail post-29 juillet 2023) ou 2 mois (bail antérieur)Régulariser ou saisir le juge en délais avant audience
Manquement grave non pécuniaireConstats, plaintes voisinage, mises en demeure, photos datéesAction utile dès la deuxième mise en demeureRésiliation judiciaire fondée sur l'article 1224 code civil
Audience locative imminenteBail, commandement, décompte actualisé, justificatifsAu moins 15 jours avant la dateConclusions, demande de délais ou de constatation
Commandement irrégulier reçuActe signifié et décompte annexé incompletAvant l'expiration du délai légalDemande de nullité par voie d'exception devant le juge
Résiliation prononcée, locataire occupantJugement signifié, certificat de non-appel2 mois après commandement de quitter les lieuxDemande de concours de la force publique au préfet

Cas pratiques du cabinet

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des dossiers. Les chiffres correspondent à des situations réelles arrondies par discrétion.

Bailleur récupère son bien en 6 mois pour 9 800 euros d'impayés

Dette de 9 800 euros sur sept mois. Mise en demeure, commandement de payer dans les six semaines, audience devant le juge des contentieux de la protection en quatre mois, jugement de résiliation, expulsion juste après la trêve hivernale.

Action : clause résolutoire + audience. Résultat : libération des lieux et titre exécutoire de paiement.

Locataire obtient suspension et délais sur 24 mois

Famille en arriérés de 5 600 euros à la suite d'une perte d'emploi. Délais de paiement obtenus à l'audience sur le fondement de l'article 24 V, plan d'apurement de 24 mois homologué, clause résolutoire suspendue. Maintien dans le logement et reprise des paiements.

Action : article 24 V + reprise loyer courant. Résultat : bail préservé.

Annulation d'un commandement irrégulier, résiliation rejetée

Commandement de payer signifié sans décompte ventilé entre loyer et charges, et avec une erreur sur l'imputation des règlements effectués. Demande de nullité accueillie devant le juge, résiliation rejetée, le bailleur a dû recommencer la procédure depuis le début, perdant 5 mois.

Action : exception de nullité du commandement. Résultat : bail maintenu, calendrier décalé.

Comment le cabinet vous accompagne

1

Premier échange et envoi du dossier

Appel ou email pour qualifier la situation. Envoi du bail, du commandement, du décompte et des échanges. Réponse sous 24 à 48 heures avec une première lecture juridique.

2

Choix du fondement et calendrier

Arbitrage entre clause résolutoire et résiliation judiciaire selon les manquements invoqués. Calcul des délais, anticipation de la trêve hivernale, vérification de la régularité formelle.

3

Audience devant le juge

Conclusions écrites, plaidoirie devant le juge des contentieux de la protection, demande de constatation de la clause résolutoire ou de prononcé de la résiliation, gestion des demandes de délais.

4

Suivi de l'exécution post-jugement

Signification du jugement, coordination avec le commissaire de justice, gestion des éventuels recours du locataire devant le juge de l'exécution, demande de concours de la force publique.

Commandement de payer reçu ou audience dans moins de 15 jours ? Le délai de défense est plus court qu'il n'y paraît. La marge pour régulariser la dette, contester le commandement ou solliciter des délais se réduit jour après jour. Pour le bailleur, l'audience est la dernière fenêtre pour obtenir la résiliation. Appelez Maître Reda Kohen au 06 46 60 58 22 pour évaluer le calendrier procédural sous 24 heures.

La timeline d'une résiliation en pratique

La séquence ci-dessous reprend les étapes typiques d'une résiliation engagée par le bailleur. Les délais théoriques varient selon la situation et les recours du locataire.

1

Premier impayé ou manquement J+0

Loyer non réglé à échéance ou trouble manifeste. Premier avis du bailleur, calcul de la dette ou collecte des preuves du manquement.

2

Mise en demeure recommandée J+15 à J+30

Lettre recommandée avec accusé de réception. Acte la dette ou le manquement, ouvre les intérêts, sert de preuve dans la procédure ultérieure.

3

Commandement de payer J+45 à J+90

Le commissaire de justice signifie le commandement visant la clause résolutoire. Délai de 6 semaines (baux post-29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs) pour apurer.

4

Assignation au tribunal J+120 à J+150

Si la dette n'est pas régularisée ou si le manquement persiste, assignation devant le juge des contentieux de la protection. Notification au préfet six semaines avant l'audience.

5

Audience et jugement J+180 à J+270

Plaidoirie, demande de constatation ou de résiliation judiciaire. Le juge statue, accorde ou refuse les délais sollicités par le locataire.

6

Signification du jugement J+280

Notification du jugement au locataire et à la caution éventuelle. Le délai d'appel d'un mois commence à courir.

7

Commandement de quitter les lieux J+310

Délivrance du commandement de quitter les lieux par le commissaire de justice et notification au préfet. Délai de 2 mois avant l'expulsion forcée.

8

Concours de la force publique J+370 et au-delà

Demande au préfet, hors trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars. Expulsion matérielle, restitution des clés, fin du contentieux.

Cette séquence est théorique. La trêve hivernale, les recours du locataire et les délais d'audiencement allongent souvent la procédure. Pour la suite logique, voir la page expulsion locative et la page troubles de jouissance locative.

Maître Reda Kohen, avocat à Paris

Le cabinet

Maître Reda Kohen, avocat à Paris

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris, intervient en droit immobilier et en contentieux locatif. Le cabinet défend bailleurs et locataires devant le tribunal judiciaire de Paris et la cour d'appel de Paris. La pratique couvre la rédaction et la contestation du commandement de payer, la résiliation judiciaire, les demandes de délais, la défense devant le juge des contentieux de la protection et le suivi de l'exécution.

  • Barreau de Paris
  • Contentieux locatif
  • Résiliation de bail
  • Procédures civiles d'exécution

Cabinet Kohen Avocats - Paris

Une procédure de résiliation ? Réagissez aujourd'hui.

Bailleur ou locataire, le calendrier procédural décide souvent du sort du dossier. Envoyez le bail et le commandement au cabinet pour une analyse précise, ou appelez directement Maître Reda Kohen.

Audience proche ?Appelez Reda Kohen
06 46 60 58 22 Email

Questions fréquentes sur la résiliation de bail

Sur quels fondements peut-on résilier un bail d'habitation ?

Le bail d'habitation peut être résilié sur deux fondements distincts. La clause résolutoire de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 joue automatiquement en cas de défaut de paiement du loyer ou des charges, de non-versement du dépôt de garantie, de défaut d'assurance habitation, ou de défaut d'occupation à titre de résidence principale dans les zones soumises à autorisation. La résiliation judiciaire de l'article 1224 du code civil suppose un manquement suffisamment grave et une décision du juge : troubles répétés de voisinage, défaut d'entretien, usage non conforme à la destination, dégradations volontaires. Le choix entre les deux fondements dépend de la nature du manquement. La clause résolutoire est rapide et automatique, mais limitée aux quatre cas prévus par la loi. La résiliation judiciaire est plus large mais suppose une démonstration probatoire de la gravité.

Qu'est-ce que la clause résolutoire et comment fonctionne-t-elle ?

La clause résolutoire est une stipulation insérée par la loi dans tout bail d'habitation. Elle prévoit la résiliation de plein droit du contrat pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, ou pour non-versement du dépôt de garantie. Le mécanisme suppose la signification d'un commandement de payer par commissaire de justice, contenant à peine de nullité plusieurs mentions obligatoires : délai accordé au locataire pour payer, montant mensuel du loyer et des charges, décompte de la dette, avertissement sur les conséquences d'un défaut, information sur le fonds de solidarité pour le logement, information sur la possibilité de demander un délai de grâce. Le délai est de six semaines pour les baux conclus à compter du 29 juillet 2023, et de deux mois pour les baux antérieurs. À l'expiration sans paiement, la clause produit ses effets, sous réserve de la constatation par le juge.

Quel délai a le locataire pour payer après commandement ?

Le délai dépend de la date du bail. Pour les baux conclus à compter du 29 juillet 2023, date d'entrée en vigueur de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, le délai légal est de six semaines. Pour les baux conclus avant cette date, le délai contractuel de deux mois s'applique. La Cour de cassation, dans un avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), a tranché clairement ce conflit de lois en jugeant que la loi nouvelle ne modifie pas les délais figurant dans les clauses des baux en cours au jour de son entrée en vigueur. Ce délai court à compter de la signification du commandement et permet au locataire de régulariser intégralement sa dette pour paralyser la clause résolutoire. Toute somme partielle ne suffit pas : le paiement doit être complet à la date d'expiration du délai. Le locataire peut également saisir le juge en délais de paiement, ce qui suspend les effets de la clause.

La résiliation judiciaire est-elle possible sans clause résolutoire ?

Oui. La résiliation judiciaire repose sur l'article 1224 du code civil qui dispose que la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire, soit en cas d'inexécution suffisamment grave d'une notification du créancier ou d'une décision de justice. La résiliation judiciaire est donc une voie autonome qui couvre les manquements non visés par la clause résolutoire de l'article 24 de la loi de 1989. Elle est utile pour les troubles répétés de voisinage, le défaut d'entretien, l'usage des lieux à des fins commerciales contraires à la destination d'habitation, les dégradations volontaires, ou l'occupation effective par un tiers en violation du bail. La résiliation judiciaire suppose deux conditions : un manquement imputable au locataire et une gravité suffisante pour justifier la résiliation immédiate plutôt que de simples dommages et intérêts. La gravité relève de l'appréciation souveraine du juge du fond.

Comment prouver un manquement grave du locataire ?

La preuve du manquement grave est essentielle pour obtenir la résiliation judiciaire. Le bailleur doit constituer un dossier probatoire complet adapté à la nature du manquement. Pour les troubles de voisinage, sont utiles les courriers et attestations des voisins, les mains courantes ou plaintes au commissariat, les constats de commissaire de justice, les courriers du syndic ou du conseil syndical, les photos datées. Pour le défaut d'entretien, sont utiles les constats de commissaire de justice à l'intérieur du logement, les factures de réparations rendues nécessaires, les courriers de mise en demeure restés vains. Pour l'usage non conforme, sont utiles les preuves d'activité commerciale (panneau, site internet, livraisons), les attestations de voisins, les constats sur place. La gravité doit être démontrée dans la durée : un manquement isolé suffit rarement. La répétition, l'intensité et la persistance après mise en demeure sont des facteurs décisifs.

Le locataire peut-il obtenir des délais de paiement en audience ?

Oui. Le V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 autorise le juge des contentieux de la protection à accorder au locataire des délais de paiement dans la limite de trois années, à condition que le locataire soit en situation de régler la dette et qu'il ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. La Cour de cassation a confirmé l'application immédiate de cette faculté aux baux en cours dans son avis du 16 février 2015 (n° 14-70.011). La demande peut être formulée à l'audience ou par voie de conclusions écrites, accompagnée des justificatifs de revenus, des attestations CAF, du dossier de surendettement éventuel et d'une proposition d'échéancier crédible. Le respect rigoureux du plan préserve le bail. Une seule échéance manquée peut faire reprendre la clause résolutoire son plein effet, sous réserve d'une nouvelle saisine du juge.

Que faire si le commandement de payer est irrégulier ?

L'irrégularité du commandement de payer ouvre une voie de défense puissante pour le locataire. La nullité peut être obtenue lorsque le commandement ne contient pas les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989 (délai accordé, montant du loyer et des charges, décompte, avertissement, fonds de solidarité, délai de grâce) ou lorsque le décompte annexé est imprécis. La cour d'appel de Paris a posé une règle de principe dans un arrêt du 10 mai 2022 (n° 19/16713) : le commandement doit être suffisamment explicite pour permettre au locataire de vérifier le bien-fondé de la créance, en distinguant entre loyers et charges et en faisant apparaître l'imputation des règlements effectués. La sanction est la nullité du commandement, qui prive la résiliation de son effet. Le locataire doit soulever la nullité par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection. Le bailleur doit alors recommencer la procédure.

L'audience peut-elle suspendre la clause résolutoire ?

Oui. Le juge des contentieux de la protection peut suspendre les effets de la clause résolutoire en accordant au locataire des délais de paiement sur le fondement du V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. La suspension est conditionnée à la reprise effective du paiement du loyer courant avant l'audience et à la capacité du locataire à respecter l'échéancier proposé. La Cour de cassation, dans un arrêt du 22 octobre 2020 (n° 19-19.542) publié au Bulletin, a précisé qu'une fois l'ordonnance ayant suspendu les effets de la clause résolutoire passée en force de chose jugée, le bailleur ne peut plus demander unilatéralement l'exécution du bail résilié en cas de non-respect par le preneur des délais. Cette logique est transposable au bail d'habitation. Le bailleur ne peut pas reprendre le logement par voie de fait : il doit nécessairement saisir le juge pour faire constater le manquement à l'échéancier.

Combien de temps prend une procédure de résiliation à Paris ?

Une procédure complète de résiliation à Paris dure entre 8 et 14 mois entre la signification du commandement de payer et le jugement définitif. Le calendrier type combine plusieurs étapes : commandement de payer signifié au mois 1 ou 2, expiration du délai légal au mois 3 (six semaines) ou 4 (deux mois), assignation devant le juge des contentieux de la protection au mois 4 ou 5 avec notification au préfet six semaines avant l'audience, audience devant le juge au mois 7 à 9 selon les délais d'audiencement, jugement de résiliation rendu sur le siège ou en délibéré, signification du jugement au mois 10. La phase d'exécution (commandement de quitter les lieux, concours de la force publique) ajoute 4 à 6 mois supplémentaires. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars peut décaler l'expulsion matérielle. Une procédure simplifiée par protocole transactionnel peut raccourcir significativement le calendrier lorsque le débiteur est solvable et coopératif.

Le bailleur peut-il refuser le paiement en cours d'instance ?

Le bailleur ne peut pas refuser un paiement intégral effectué dans le délai du commandement de payer : la régularisation paralyse automatiquement la clause résolutoire, indépendamment du consentement du bailleur. En revanche, après l'expiration du délai, le paiement intervenu en cours d'instance est plus complexe. Le bailleur peut soit accepter le paiement et se désister de sa demande de résiliation, soit maintenir l'action mais dans ce cas le juge appréciera selon les circonstances : un paiement intégral après expiration du délai mais avant l'audience peut conduire à un constat de bonne foi qui justifie l'octroi de délais et la suspension de la clause. Si le bailleur refuse un plan d'apurement amiable, le juge peut imposer des délais de paiement contre l'avis du bailleur sur le fondement du V de l'article 24. Le bailleur a donc intérêt à examiner attentivement la proposition du locataire avant de la refuser.

Quels sont les frais à la charge du locataire après jugement ?

Le jugement qui prononce la résiliation et condamne le locataire au paiement met à sa charge les dépens, c'est-à-dire les frais de procédure : commandement de payer, signification du jugement, droits d'enregistrement. Le bailleur peut également obtenir une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat, dont le montant est fixé librement par le juge. Les frais d'exécution (commandement de quitter les lieux, concours de la force publique, serrurier, garde-meuble éventuel) sont en principe à la charge du locataire. L'indemnité d'occupation court jusqu'à la libération effective des lieux et son montant correspond généralement au montant du loyer et des charges. En pratique, le recouvrement effectif de tous ces frais dépend de la solvabilité du locataire. Si le locataire est insolvable, les frais resteront à la charge du bailleur même si le titre exécutoire les met formellement à la charge du locataire.

Le bailleur peut-il résilier pour défaut d'entretien ?

Oui. Le défaut d'entretien constitue un manquement aux obligations du locataire prévues par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, qui impose au locataire de prendre à sa charge l'entretien courant du logement et les menues réparations. Lorsque le défaut d'entretien est suffisamment grave (logement laissé à l'abandon, dégradations majeures, défaut d'aération causant des moisissures), le bailleur peut demander la résiliation judiciaire fondée sur l'article 1224 du code civil. La preuve repose sur des constats de commissaire de justice, des photos datées, des courriers de mise en demeure restés vains, des factures de réparations rendues nécessaires. La gravité doit être démontrée et actuelle au jour où le juge statue : un défaut d'entretien régularisé avant l'audience peut faire échec à la demande de résiliation. Le bailleur peut également solliciter, en complément ou à titre subsidiaire, l'exécution forcée des obligations de remise en état.

L'expulsion suit-elle automatiquement la résiliation ?

Non. La résiliation prononcée par le jugement n'emporte pas l'expulsion automatique du locataire : elle ouvre seulement la phase d'exécution. Si le locataire reste dans les lieux après le jugement, le bailleur doit faire signifier par commissaire de justice un commandement de quitter les lieux qui ouvre un nouveau délai de deux mois avant l'expulsion forcée, conformément à l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution. Ce commandement doit également être notifié au préfet du département. À l'issue du délai, si le locataire n'a pas libéré les lieux, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique auprès du préfet. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend l'expulsion matérielle, sauf exceptions. L'ensemble de cette phase post-jugement peut prendre plusieurs mois supplémentaires. Pour le détail de la phase d'exécution, voir la page expulsion locative du cabinet.

Quel tribunal est compétent pour la résiliation à Paris ?

Le tribunal compétent pour les actions en résiliation de bail d'habitation à Paris est le tribunal judiciaire de Paris, plus précisément le juge des contentieux de la protection, spécialisé dans les contentieux locatifs et de la protection. La compétence territoriale est celle du tribunal du lieu de situation de l'immeuble, par dérogation à la règle générale du domicile du défendeur. À Paris, le tribunal judiciaire siège au Parvis du Tribunal de Paris dans le 17e arrondissement. La procédure est introduite par assignation, qui doit être notifiée au préfet de Paris au moins six semaines avant l'audience à peine d'irrecevabilité, sur le fondement du III de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. La saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives est également obligatoire au moins deux mois avant la délivrance de l'assignation pour les bailleurs personnes morales autres que les SCI familiales.

Comment contester une résiliation abusive ?

Le locataire dispose de plusieurs voies pour contester une résiliation abusive. Au stade du commandement de payer, il peut soulever la nullité par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection en s'appuyant sur les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989 ou sur l'imprécision du décompte annexé. Au stade de l'audience, il peut contester la régularité de la procédure (notification au préfet, saisine de la commission de coordination), demander des délais de paiement sur le fondement du V de l'article 24, opposer un manquement du bailleur à son obligation de délivrance ou des troubles de jouissance subis. Au stade du jugement, la voie de l'appel reste ouverte dans le délai d'un mois à compter de la signification, sauf si le jugement est rendu en dernier ressort. Au stade de l'exécution, le locataire peut saisir le juge de l'exécution pour contester la régularité du commandement de quitter les lieux ou demander des délais d'expulsion. Toute irrégularité, même apparemment formelle, peut suspendre la procédure et faire gagner plusieurs mois.