Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Annonce Airbnb sans numéro d’enregistrement : amendes et recours depuis le 20 mai 2026

Depuis le 20 mai 2026, la location d’un meublé de tourisme entre dans une phase de contrôle plus simple pour les communes et plus risquée pour les loueurs. Le sujet ne concerne plus seulement les propriétaires qui n’ont jamais déclaré leur logement. Il concerne aussi ceux qui ont publié une annonce Airbnb, Booking ou Abritel avec un numéro absent, expiré, inexact, suspendu ou utilisé pour un autre local.

La question pratique est immédiate : que risque un loueur si l’annonce reste en ligne sans numéro valable, et que faut-il faire avant que la commune demande le retrait de l’annonce ou prononce une amende ?

La réponse tient en trois points. Le loueur doit disposer d’un numéro de déclaration lorsque le meublé est offert à la location. Le numéro doit correspondre au bon logement et aux bonnes informations. En cas d’erreur, de fausse déclaration ou de faux numéro, la régularisation doit être faite vite, par écrit, avec conservation des preuves.

Pourquoi le 20 mai 2026 change le risque

La loi anti-Airbnb du 19 novembre 2024 a renforcé les outils de contrôle des meublés de tourisme. L’entrée en vigueur du nouveau régime d’enregistrement au 20 mai 2026 donne aux communes un levier plus direct : identifier le logement, vérifier la résidence principale, contrôler le nombre de nuitées et suivre les annonces publiées par les plateformes.

L’article L. 324-1-1 du code du tourisme prévoit désormais que toute personne qui offre à la location un meublé de tourisme procède préalablement à une déclaration soumise à enregistrement auprès d’un téléservice national. La déclaration doit indiquer si le logement est la résidence principale du loueur. Si c’est le cas, le loueur doit en apporter la preuve.

Le texte prévoit aussi que le téléservice délivre un avis de réception électronique comprenant un numéro de déclaration. Ce numéro n’est pas un simple détail administratif. Il permet à la commune de contrôler l’annonce et d’associer le logement déclaré au local réellement loué.

La page officielle Service-Public sur la déclaration en mairie d’un meublé de tourisme rappelle que le numéro d’enregistrement doit être reporté sur les annonces de location et sur les réservations. Elle indique aussi qu’à partir du 20 mai 2026 toutes les mairies doivent disposer d’une procédure d’enregistrement pour les meublés de tourisme.

Annonce sans numéro : quels risques ?

Le risque principal est financier. L’article L. 324-1-1 du code du tourisme prévoit une amende administrative pouvant aller jusqu’à 10 000 euros en cas de non-respect des obligations de déclaration. Il prévoit aussi une amende pouvant aller jusqu’à 20 000 euros en cas de fausse déclaration ou d’utilisation d’un faux numéro.

Le risque peut dépasser la seule déclaration. Si le logement est une résidence principale, le plafond annuel de location s’applique. Le plafond national reste de 120 jours, mais la commune peut l’abaisser à 90 jours. À Paris, la Ville rappelle sur sa page dédiée aux locations meublées touristiques que la limite est de 90 jours par an pour une résidence principale.

Si le logement n’est pas la résidence principale du loueur, une autre question apparaît : le changement d’usage. À Paris et dans de nombreuses communes d’Île-de-France, transformer un logement d’habitation en meublé touristique peut imposer une autorisation préalable. Le contentieux ne se limite alors plus à un numéro manquant. Il peut porter sur l’usage même du local, avec une amende civile pouvant atteindre 50 000 euros par local en matière de changement d’usage, sur le fondement du code de la construction et de l’habitation.

Un arrêt récent de la cour d’appel de Paris du 7 mai 2026 illustre le durcissement du contentieux des locations touristiques. La cour y rappelle qu’à Paris, la location de courte durée d’un local meublé à une clientèle de passage est soumise à déclaration préalable avec enregistrement, et que cette déclaration donne lieu à la délivrance d’un numéro. Décision : CA Paris, 7 mai 2026, RG 25/12391.

Faux numéro, numéro d’un autre logement, numéro expiré : les erreurs à ne pas minimiser

Le loueur ne doit pas traiter toutes les anomalies comme de simples fautes de saisie. Trois situations doivent être distinguées.

Première situation : aucun numéro n’est affiché. Le loueur doit vérifier si la commune exigeait déjà un numéro avant le 20 mai 2026, comme Paris, ou si la procédure devient effective dans le nouveau cadre national. Dans les deux cas, il faut régulariser avant de poursuivre les réservations.

Deuxième situation : le numéro existe, mais il ne correspond pas au logement loué. C’est le cas lorsque le propriétaire possède plusieurs lots, utilise un ancien numéro pour une nouvelle adresse, ou confond résidence principale et résidence secondaire. Le risque est plus élevé, car la commune peut considérer que l’annonce ne permet pas d’identifier correctement le local.

Troisième situation : le numéro a été obtenu sur la base d’informations inexactes. Exemple : le logement est déclaré comme résidence principale alors qu’il ne l’est pas, ou l’avis d’imposition ne correspond pas à l’adresse du meublé. Cette situation peut basculer dans la fausse déclaration.

La priorité est donc de faire un audit simple : adresse exacte, identifiant fiscal du local, statut de résidence principale, propriétaire ou locataire, règlement de copropriété, autorisation de changement d’usage, nombre de nuitées déjà louées, annonces publiées et plateformes utilisées.

Que faire si la plateforme retire l’annonce ?

Le retrait de l’annonce par Airbnb, Booking ou une autre plateforme peut avoir deux origines : une demande de la commune, un contrôle interne de la plateforme, ou une incohérence détectée dans les données transmises.

Le loueur doit d’abord éviter deux erreurs. Il ne faut pas recréer immédiatement une annonce avec un autre numéro. Il ne faut pas non plus utiliser le numéro d’un autre logement ou celui d’un proche. Ces réactions aggravent le dossier.

La bonne méthode consiste à :

  • télécharger l’historique de l’annonce ;
  • conserver les courriels de la plateforme ;
  • relever les dates de publication et de retrait ;
  • vérifier le numéro inscrit dans chaque annonce ;
  • demander à la mairie le motif exact du blocage ou de la suspension ;
  • régulariser la déclaration si l’erreur est réelle ;
  • contester par écrit si le numéro est valable.

Si la plateforme a retiré l’annonce alors que le numéro est valable, le loueur doit produire l’avis de réception électronique, le récapitulatif de déclaration et, le cas échéant, la preuve que le logement est bien sa résidence principale.

Loueur locataire : attention au bail

Le locataire qui sous-loue son logement sur Airbnb prend un risque particulier. À Paris, la Ville rappelle que la location meublée touristique est interdite dans le parc social et que le locataire peut s’exposer à la résiliation du bail en plus des sanctions financières.

Même hors parc social, un locataire ne peut pas sous-louer librement. Il doit vérifier son bail et obtenir l’accord écrit du bailleur lorsque la loi l’exige. Le numéro d’enregistrement ne neutralise pas l’interdiction de sous-louer. Un locataire peut donc avoir un numéro administratif et rester en faute vis-à-vis de son bailleur.

Le bailleur qui découvre une annonce doit réunir les preuves avant d’agir : captures d’écran horodatées, URL de l’annonce, calendrier de disponibilité, commentaires, prix, identité de l’hôte, lien avec le logement loué et éventuels échanges avec les voisins ou le syndic.

Copropriété : le numéro ne suffit pas toujours

Le règlement de copropriété doit être vérifié avant de louer. Un numéro d’enregistrement ne donne pas un droit général d’exploiter le lot en location touristique.

Certains règlements interdisent les activités commerciales ou les locations de courte durée incompatibles avec la destination bourgeoise de l’immeuble. D’autres sont moins clairs. Depuis la loi du 19 novembre 2024, les copropriétés disposent de nouveaux outils pour encadrer les meublés de tourisme dans les règlements futurs et dans les décisions collectives.

Pour un copropriétaire, le point décisif est de ne pas confondre trois débats : la déclaration administrative, le changement d’usage et la compatibilité avec le règlement de copropriété. Il faut traiter les trois séparément.

Un article déjà publié détaille la situation inverse, lorsque le numéro d’enregistrement Airbnb est refusé par la mairie. Le présent article vise l’autre cas : l’annonce est en ligne, mais le numéro manque, paraît faux ou n’est plus exploitable.

Paris et Île-de-France : les contrôles sont plus sensibles

À Paris, la règle pratique est stricte. La Ville indique que la location d’une résidence principale en meublé touristique est limitée à 90 jours par an. Elle rappelle aussi que le numéro d’enregistrement doit figurer sur les annonces publiées.

En Île-de-France, la difficulté vient de la diversité des communes. Certaines appliquent déjà des règles de déclaration, d’autres activent progressivement le nouveau cadre national, et plusieurs communes de la petite couronne sont attentives au basculement des logements vers la location touristique.

Pour un propriétaire parisien ou francilien, la question n’est donc pas seulement : « Ai-je un numéro ? » La vraie question est : « Mon numéro correspond-il exactement au logement, à mon statut et à l’usage autorisé ? »

Cette vérification évite les dossiers les plus difficiles : annonce active avec faux numéro, résidence secondaire présentée comme résidence principale, dépassement de 90 jours, absence d’autorisation de changement d’usage, sous-location sans accord du bailleur, ou règlement de copropriété incompatible.

Comment préparer une défense si une amende est envisagée ?

Le dossier doit être chronologique. La commune ou le juge ne se contentera pas d’une explication générale.

Les pièces utiles sont les suivantes :

  • avis de réception électronique de la déclaration ;
  • numéro d’enregistrement et récapitulatif du téléservice ;
  • preuve de résidence principale si elle est invoquée ;
  • avis d’imposition mentionnant l’adresse du logement ;
  • captures de toutes les annonces publiées ;
  • historiques de réservations et de nuitées ;
  • échanges avec la plateforme ;
  • échanges avec la mairie ;
  • règlement de copropriété ;
  • bail et autorisation du bailleur en cas de sous-location ;
  • preuves de correction rapide de l’erreur.

Si l’erreur est matérielle, il faut la reconnaître sobrement, la corriger et prouver qu’elle n’a pas servi à contourner la règle. Si la commune reproche une fausse déclaration, la réponse doit être plus structurée : statut exact du logement, dates d’occupation, pièces fiscales, bonne foi, absence d’exploitation professionnelle ou, au contraire, régularisation de l’activité.

Plan d’action en 48 heures

Le premier réflexe consiste à suspendre l’annonce si le numéro est absent ou douteux. Continuer à louer pendant la vérification fragilise la défense.

Le deuxième réflexe consiste à récupérer les preuves avant toute modification : captures de l’annonce, calendrier, messages de la plateforme, numéro affiché et URL.

Le troisième réflexe consiste à vérifier la déclaration auprès du téléservice ou de la mairie. Il faut comparer l’adresse, l’identifiant fiscal, le statut du loueur et le nombre de nuitées.

Le quatrième réflexe consiste à écrire. Si le numéro est valable, il faut demander la levée du blocage en produisant les justificatifs. Si le numéro est erroné, il faut régulariser et expliquer la correction.

Le cinquième réflexe consiste à mesurer le risque plus large : changement d’usage, copropriété, bail, sous-location, fiscalité et dépassement du plafond de jours.

Sources utiles

Les textes et sources utilisés pour cet article sont l’article L. 324-1-1 du code du tourisme, le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026, la fiche Service-Public sur la déclaration d’un meublé de tourisme, la page de la Ville de Paris sur les locations meublées touristiques, et la décision CA Paris, 7 mai 2026, RG 25/12391.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet peut analyser une annonce Airbnb bloquée, un numéro d’enregistrement contesté, une mise en demeure de la mairie ou un risque d’amende.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22.

Vous pouvez aussi utiliser le formulaire de contact.

À Paris et en Île-de-France, une vérification rapide permet souvent de choisir entre régularisation, contestation, retrait temporaire de l’annonce ou défense devant le tribunal.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture