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DPE location meublée touristique 2026 : Airbnb, numéro d’enregistrement et amende de 20 000 euros

Le 20 mai 2026 approche et les propriétaires qui louent sur Airbnb, Booking ou Abritel ne doivent pas seulement regarder le numéro d’enregistrement. Le dossier se joue désormais sur trois plans : la déclaration du meublé de tourisme, la cohérence du DPE quand le logement entre dans le champ énergétique, et la capacité de la commune ou de la copropriété à bloquer une annonce.

Google Ads confirme la demande : le cluster « DPE location » atteint 12 100 recherches mensuelles en France, « DPE location meublée » atteint 110 recherches avec un CPC haut de 17,20 euros, et « location DPE G » atteint 390 recherches avec un CPC haut de 15,25 euros. Le sujet est moins massif qu’une requête générique Airbnb, mais il est plus qualifié : le lecteur cherche à savoir si son logement peut être loué, si son annonce risque d’être retirée, et ce qu’il doit corriger avant de recevoir une mise en demeure.

La nouveauté pratique est simple. Les meublés de tourisme basculent vers un enregistrement national généralisé, tandis que les plateformes et les communes auront plus de données pour contrôler les annonces. Le ministère de l’Économie rappelle que la procédure d’enregistrement deviendra obligatoire dans toute la France au plus tard le 20 mai 2026 et que le numéro devra être mentionné dans l’annonce. La Direction générale des entreprises indique aussi que l’utilisation d’un faux numéro ou une fausse déclaration peut exposer le loueur à une amende administrative pouvant atteindre 20 000 euros.

Pour un bailleur, il ne faut donc pas traiter le DPE comme une pièce secondaire. Dans certains cas, le classement énergétique conditionne déjà la possibilité de louer en meublé de tourisme. Dans d’autres, il peut déclencher une contestation du syndic, une alerte de la mairie, une suspension de l’annonce, une difficulté d’assurance ou une perte de revenus.

Réponse rapide

Un meublé touristique proposé sur Airbnb ou une plateforme similaire doit être déclaré selon les règles applicables à la commune. À partir du 20 mai 2026, l’enregistrement devient généralisé au niveau national et le numéro doit figurer sur l’annonce.

Le DPE n’est pas encore exigé pour tous les meublés de tourisme, mais il devient déterminant pour les logements proposés pour la première fois en location meublée touristique lorsqu’ils sont soumis à une autorisation de changement d’usage en France métropolitaine. Dans ce cas, le ministère de l’Économie indique qu’entre le 21 novembre 2024 et le 31 décembre 2033, le logement doit disposer d’un DPE classé de A à E. À compter du 1er janvier 2034, il devra être classé de A à D.

Si le logement est mal déclaré, si le numéro est absent ou inexact, ou si le DPE rend l’activité fragile, le risque n’est pas seulement administratif. L’annonce peut être suspendue, la mairie peut agir, le syndic peut contester l’activité en copropriété, et le propriétaire peut perdre la période de location la plus rentable.

Ce qui change autour du 20 mai 2026

La location meublée de tourisme est définie par l’article L. 324-1-1 du Code du tourisme. Il s’agit de villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif d’une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, pour une location à la journée, à la semaine ou au mois.

Jusqu’ici, la pratique variait selon les communes. Certaines imposaient déjà un numéro d’enregistrement. D’autres se limitaient à une déclaration plus simple. Cette période de transition nourrit beaucoup d’erreurs : un propriétaire croit que son ancien numéro suffit, un autre reprend une annonce existante sans mettre à jour les informations, un troisième pense que le régime de sa résidence principale le dispense de toute formalité.

La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a modifié l’équilibre. Le ministère de l’Économie expose que la déclaration donnant lieu à enregistrement deviendra obligatoire dans toute la France au plus tard le 20 mai 2026. À l’issue de l’enregistrement, le loueur reçoit un numéro qui doit être indiqué sur l’annonce.

Le sujet ne concerne pas seulement les propriétaires professionnels. Un particulier qui loue ponctuellement sa résidence principale doit aussi vérifier les règles de sa commune, les limites de durée, son règlement de copropriété, ses obligations fiscales et le régime applicable à la plateforme utilisée.

Où intervient le DPE pour une location meublée touristique ?

Le point souvent mal compris est celui-ci : le DPE des meublés de tourisme ne fonctionne pas exactement comme le DPE d’un bail d’habitation classique.

Pour les locations nues ou meublées à usage de résidence principale, les règles sur les passoires thermiques, le gel des loyers et la décence énergétique ont déjà produit de nombreux contentieux. Pour les meublés touristiques, le ministère de l’Économie précise que les meublés de tourisme ne sont pas, pour l’instant, tous concernés par le critère de performance énergétique. Mais il ajoute une exception importante : les logements proposés pour la première fois en location meublée de tourisme et soumis à une autorisation de changement d’usage en France métropolitaine.

Dans cette hypothèse, le logement doit être classé entre A et E entre le 21 novembre 2024 et le 31 décembre 2033. À partir du 1er janvier 2034, il devra être classé entre A et D.

Ce détail change la stratégie du loueur. Un propriétaire qui transforme un logement d’habitation en meublé touristique ne doit pas attendre la publication de son annonce pour regarder le DPE. Il doit le vérifier avant de demander l’autorisation, avant de financer les travaux, avant de signer un mandat de gestion et avant de compter sur les revenus saisonniers.

Un DPE F ou G peut donc bloquer un projet qui semblait rentable sur le papier. Il peut aussi justifier une discussion sur la responsabilité du diagnostiqueur, de l’agent, du gestionnaire ou du conseil qui a présenté le projet sans alerter sur le classement énergétique.

Numéro absent, faux numéro ou annonce inexacte : le risque administratif

L’erreur la plus dangereuse consiste à utiliser un numéro inadapté pour éviter un blocage de plateforme. La Direction générale des entreprises est explicite : toute fausse déclaration dans la procédure d’enregistrement ou toute utilisation d’un faux numéro d’enregistrement peut entraîner une amende administrative prononcée par la commune, dans la limite de 20 000 euros.

Le risque est renforcé par la centralisation des données. Le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 organise la transmission de données d’activité des meublés de tourisme par les intermédiaires de location. Les communes et établissements publics concernés peuvent accéder à des informations telles que le numéro de déclaration, l’adresse précise du logement, les annonces en ligne et le nombre de jours loués.

Autrement dit, la mairie n’est plus seulement dépendante d’un signalement de voisin ou d’une capture d’écran isolée. Elle peut croiser l’annonce, l’adresse, le numéro, la durée de location et le statut du logement. Une incohérence peut déclencher un contrôle.

Le propriétaire doit donc conserver un dossier simple : déclaration, accusé de réception, numéro d’enregistrement, DPE, autorisation de changement d’usage si elle est nécessaire, preuve de résidence principale si elle est invoquée, règlement de copropriété, mandat de gestion et historique des annonces.

Copropriété : le DPE ne suffit pas à rendre l’activité licite

Même si le numéro est valable et même si le DPE est satisfaisant, la copropriété reste un filtre autonome.

Le ministère de l’Économie rappelle que, depuis la loi du 19 novembre 2024, tout copropriétaire qui se déclare en mairie comme loueur de meublé de tourisme doit en informer le syndic. Les nouveaux règlements de copropriété doivent aussi indiquer explicitement si la location de meublé de tourisme est autorisée ou interdite.

La jurisprudence récente montre que le règlement de copropriété peut devenir décisif. Dans un jugement du 11 juillet 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné une propriétaire à cesser une activité de location meublée de courte durée et à supprimer les annonces Airbnb et Booking lorsque l’activité contrevenait à la destination de l’immeuble et au règlement de copropriété. Le tribunal a aussi retenu une astreinte par infraction constatée et des dommages-intérêts au profit du syndicat des copropriétaires.

Cette décision ne signifie pas que toute location touristique en copropriété est interdite. Elle rappelle plutôt la méthode : lire le règlement, identifier la destination de l’immeuble, vérifier les clauses de jouissance, apprécier les nuisances et contrôler si l’activité crée une rotation incompatible avec la vie de l’immeuble.

Pour les propriétaires parisiens, le sujet est sensible. Beaucoup d’immeubles cumulent encadrement communal, règlement de copropriété ancien, vigilance du syndic, contraintes de changement d’usage et tensions de voisinage. Un dossier Airbnb ne se sécurise donc pas avec un seul formulaire.

Que faire si la plateforme bloque l’annonce ?

Si Airbnb, Booking ou une autre plateforme refuse de publier l’annonce, la première étape consiste à identifier le motif exact. Le blocage peut venir d’un numéro absent, d’un numéro non reconnu, d’une discordance d’adresse, d’une commune exigeant une procédure particulière, d’une limite de durée, ou d’une injonction liée à l’état du logement.

Il faut éviter de recréer une annonce avec une adresse approchante ou un autre numéro. Cette solution crée une preuve contre le loueur. Elle peut aussi aggraver le dossier si la mairie estime qu’il y a dissimulation.

La bonne méthode est de demander une trace écrite du blocage, de vérifier la déclaration sur le téléservice ou auprès de la mairie, puis de corriger l’élément contesté. Si le blocage tient au DPE ou au changement d’usage, il faut déterminer si le logement entre réellement dans le champ de l’obligation énergétique. Tous les cas ne se valent pas.

Si la mairie suspend la validité du numéro ou ordonne le retrait de l’annonce, le propriétaire doit réunir immédiatement les pièces : courrier ou message reçu, annonce concernée, numéro utilisé, DPE, documents d’urbanisme, autorisation éventuelle, échanges avec le syndic et mandat du gestionnaire.

Paris et Île-de-France : les points à vérifier avant l’été

À Paris et en Île-de-France, le risque vient souvent de l’empilement des règles. Un propriétaire peut être en règle fiscalement, mais en difficulté au regard du changement d’usage. Il peut avoir un bon DPE, mais un règlement de copropriété hostile. Il peut avoir un numéro, mais dépasser la durée autorisée pour sa résidence principale.

Avant de louer pour l’été 2026, il faut vérifier cinq points.

Le premier est le statut du logement : résidence principale, résidence secondaire, investissement locatif ou local qui n’est pas à usage d’habitation.

Le deuxième est la commune. Certaines communes franciliennes appliquent des contrôles plus stricts que d’autres. Il faut regarder la procédure locale et ne pas supposer que les règles parisiennes valent partout.

Le troisième est le DPE. Si le logement est proposé pour la première fois en meublé touristique et qu’une autorisation de changement d’usage est nécessaire, un classement F ou G peut faire échouer le projet.

Le quatrième est la copropriété. Le syndic doit être informé dans les cas prévus, et le règlement peut limiter ou interdire l’activité selon la destination de l’immeuble.

Le cinquième est la preuve. Une annonce retirée ou une sanction se conteste avec des documents, pas avec une explication orale. Le propriétaire doit conserver les captures d’écran, les accusés de réception, le DPE, les échanges de plateforme et les courriers de mairie.

Pour les litiges de copropriété liés aux locations touristiques, la page du cabinet sur l’avocat en droit de la copropriété à Paris permet de replacer le dossier dans une stratégie de règlement, d’assemblée générale ou de référé. Pour les questions de bail, d’usage du logement et de contentieux locatif, voir aussi la page avocat bail d’habitation à Paris.

Comment contester une sanction ou une suspension ?

La contestation dépend de l’acte reçu. Une simple demande d’information de la mairie ne se traite pas comme une amende. Une injonction de retrait d’annonce ne se traite pas comme un contentieux de copropriété. Une mise en demeure du syndic ne se traite pas comme un blocage technique de plateforme.

Il faut d’abord qualifier la décision. Est-ce une demande de pièces, une suspension du numéro, une sanction administrative, une action civile de la commune, une action du syndicat des copropriétaires ou un refus privé de la plateforme ?

Ensuite, il faut vérifier la base juridique. La commune doit indiquer ce qu’elle reproche : absence d’enregistrement, faux numéro, dépassement de durée, logement insalubre, changement d’usage non autorisé, ou non-conformité du dossier. Le propriétaire peut alors répondre point par point.

Enfin, il faut chiffrer l’urgence. Une annonce retirée avant une période de forte demande peut créer une perte de revenus. Un gestionnaire peut être mis en cause s’il a utilisé un mauvais numéro ou s’il a publié l’annonce sans vérifier les pièces. Un diagnostiqueur peut être discuté si le classement DPE paraît incohérent. Un syndic peut être contesté s’il va au-delà de ses pouvoirs.

Le recours utile n’est donc pas toujours le même : réponse à la mairie, régularisation, référé, contestation judiciaire, action contre le gestionnaire, ou négociation avec le syndicat des copropriétaires. Le bon choix dépend du document reçu et du calendrier de location.

Les pièces à préparer

Avant de répondre à une mairie, à une plateforme ou à un syndic, préparez un dossier complet :

  • le justificatif d’enregistrement et le numéro attribué ;
  • l’annonce publiée ou refusée ;
  • le DPE et sa date de réalisation ;
  • l’autorisation de changement d’usage, si elle existe ou si elle est demandée ;
  • le règlement de copropriété ;
  • la preuve de résidence principale, si elle est invoquée ;
  • les échanges avec la plateforme ;
  • les courriers ou mails de la mairie ;
  • le mandat du gestionnaire ou de la conciergerie ;
  • les réservations déjà conclues et le manque à gagner éventuel.

Cette préparation évite une réponse trop générale. Elle permet aussi d’identifier les vrais responsables. Un propriétaire peut avoir commis une erreur. Mais il peut aussi avoir été mal conseillé par un gestionnaire, un agent, une conciergerie ou un professionnel qui a présenté l’activité comme automatiquement licite.

Sources utiles

Le point de départ officiel est l’article L. 324-1-1 du Code du tourisme, qui définit le meublé de tourisme et organise la déclaration. Le ministère de l’Économie publie une page pratique sur les règles applicables à la location meublée de tourisme, notamment l’enregistrement national et les seuils DPE applicables à certains logements. Service-public Entreprendre présente aussi les nouvelles règles applicables aux locations touristiques. Le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 précise la transmission des données des plateformes. Enfin, le jugement du tribunal judiciaire de Paris du 11 juillet 2025 illustre les risques de copropriété lorsque l’activité de courte durée contrevient au règlement de l’immeuble.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Vous pouvez demander une consultation téléphonique sous 48 heures avec un avocat du cabinet.

Pour un blocage Airbnb, une suspension de numéro d’enregistrement, une difficulté de DPE ou un conflit avec le syndic à Paris et en Île-de-France, appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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