Tribunal de commerce de Bordeaux, le 18 septembre 2025, n°2024F00753

Le Tribunal de commerce de Bordeaux, statuant le 18 septembre 2025, était saisi d’une action en paiement fondée sur un engagement de caution. En cours de procédure, les parties ont conclu un protocole transactionnel. Le juge a dû se prononcer sur la demande d’homologation de cet accord, solution qu’il a retenue en conférant force exécutoire au protocole.

La reconnaissance judiciaire de l’accord des parties

Le contrôle limité du juge sur le fond de la transaction
Le tribunal homologue l’accord sans en examiner le bien-fondé initial du litige. Il constate simplement la régularité formelle de la convention soumise. Cette solution illustre le principe selon lequel le juge ne peut modifier les termes de l’accord librement négocié. « Le juge à qui est soumis l’accord ne peut en modifier les termes » (Tribunal judiciaire de Versailles, le 30 septembre 2024, n°23/01496). La portée de cette décision est de privilégier l’autonomie de la volonté et la paix sociale trouvée par les parties.

Les conditions de régularité de l’homologation
L’homologation requiert la soumission d’un accord conforme aux exigences légales. Le tribunal vérifie que le protocole met fin à un litige né et résulte de concessions réciproques. « Les parties consentent à des concessions réciproques, que les termes de ce protocole terminent une contestation née » (Tribunal de commerce de commerce de Caen, le 12 mars 2025, n°2024008088). La valeur de ce contrôle est de s’assurer que la transaction respecte l’article 2044 du code civil, garantissant sa validité et son efficacité.

Les effets attachés à la décision d’homologation

La consécration de la force exécutoire
L’homologation confère à l’accord privé la force d’un titre exécutoire. Le tribunal ordonne ainsi d’apposer la formule exécutoire sur le protocole. Cette mesure transforme un contrat en instrument de contrainte. La solution permet d’assurer l’effectivité des engagements souscrits sans nouvelle procédure. Sa portée pratique est considérable pour le créancier, qui dispose désormais d’un titre permettant toutes voies d’exécution.

Le règlement des conséquences procédurales de la transaction
Le jugement met fin à l’instance et règle la question des dépens. Il statue en dernier ressort conformément à la volonté des parties exprimée dans l’accord. Chaque partie conserve la charge de ses frais, ce qui est cohérent avec la nature consensuelle de la résolution du différend. La valeur de cette décision est d’acter la fin définitive du litige et d’éviter tout contentieux ultérieur sur son étendue. Elle sécurise ainsi la paix conventionnelle trouvée par les parties.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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