Tribunal judiciaire de Lille, le 21 mai 2025, n°2025F00088

Le Tribunal judiciaire de Lille, statuant le 21 mai 2025, a examiné une demande en paiement dirigée contre une caution. L’établissement de crédit demandeur invoquait l’inexécution par la société débitrice principale. Le défendeur, caution solidaire, est demeuré non comparant. La juridiction a condamné la caution au paiement du solde du prêt. Elle a ainsi validé l’engagement de la caution et ordonné son exécution forcée.

La régularité formelle de l’engagement de caution

L’exigence du respect des formalités protectrices. Le tribunal constate la production d’un acte de cautionnement dûment complété. Il relève la présence des mentions obligatoires issues du code de la consommation. « Ce dernier comporte les mentions obligatoires prévues par les articles L331-1 et 2 du code de la consommation » (DISCUSSION). La fiche patrimoniale jointe complète ce dispositif informatif. La décision rappelle ainsi le formalisme substantiel attaché à tout cautionnement.

La sanction de l’absence de contestation par la caution. La validité de l’acte est établie par son existence matérielle et son contenu. « L’acte de cautionnement est donc valide » (DISCUSSION). Le défendeur ne conteste ni la signature ni le contenu de cet acte. Cette absence de contestation vaut reconnaissance des obligations souscrites. Le formalisme est donc un préalable incontournable à toute mise en œuvre.

La mise en œuvre de l’obligation de la caution

La démonstration du défaut du débiteur principal. Le créancier produit une série de pièces justificatives de la défaillance. Il joint la publication du jugement d’ouverture d’une liquidation judiciaire. Les relevés d’échéances impayées et les mises en demeure successives sont versés aux débats. Cet ensemble documentaire établit la défaillance certaine de l’entreprise principale.

La conséquence du principe de l’accessoire et de la solidarité. Le créancier réclame le paiement du solde restant dû par la caution. « Monsieur [T] [R] [P] qui ne comparait pas, ne conteste pas sa dette » (DISCUSSION). La caution ne justifie d’aucun paiement ou cause d’exonération. Le tribunal applique donc strictement le principe selon lequel la caution s’engage à payer. Cette solution est conforme à la jurisprudence qui rappelle l’étendue de l’obligation. « Attendu que l’article 2288 du Code Civil dispose que celui qui se rend caution d’une obligation s’expose envers le créancier à satisfaire à cette obligation si le débiteur principal n’est pas en mesure de satisfaire lui-même » (Tribunal de commerce de commerce de Laval, le 21 mai 2025, n°2025000665).

La portée pratique de la décision

L’importance du formalisme de l’article L. 331-1 du code de la consommation. Cette décision illustre son rôle probatoire et protecteur essentiel. Le juge vérifie systématiquement la présence des mentions légales requises. Leur absence pourrait entraîner la nullité du cautionnement ou la limitation de l’engagement. La fiche patrimoniale constitue un élément central de l’information de la caution.

L’effet de la non-comparution et l’administration de la preuve. La décision montre la force probante d’un dossier documentaire complet. La défaillance du débiteur principal doit être établie de manière certaine. La non-comparution de la caution ne dispense pas le créancier de prouver son droit. Elle facilite cependant l’admission des prétentions du demandeur lorsqu’elles sont étayées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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