Tribunal de commerce de Douai, le 23 septembre 2025, n°2025002837

Le Tribunal de commerce de Douai, statuant le 23 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée immédiate. Cette décision intervient suite à la déclaration de cessation des paiements du dirigeant d’une société de restauration. Le tribunal constate l’impossibilité de faire face au passif et applique le régime simplifié en raison des faibles seuils d’effectifs et de chiffre d’affaires.

La constatation de l’état de cessation des paiements

Les conditions légales de l’ouverture de la procédure

Le tribunal vérifie d’abord la réalité de la cessation des paiements de la société. Il fonde sa décision sur l’examen des renseignements et pièces recueillis en chambre du conseil. Le juge retient que l’entreprise est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible. « Qu’il ressort des renseignements et pièces recueillis en Chambre du conseil que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif échu et exigible qui s’élève à 7 199 euros avec son actif disponible négatif de 713 euros » (Motifs). Cette analyse confirme l’application stricte de l’article L. 631-1 du code de commerce. La situation financière est ainsi caractérisée par un actif disponible insuffisant pour couvrir le passif exigible.

La détermination de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe de manière souveraine la date de cessation des paiements au 5 août 2025. Cette date est antérieure à la déclaration du dirigeant du 18 septembre 2025. Elle délimite la période suspecte et détermine la validité des actes passés durant cette période. Sa fixation est une prérogative essentielle du juge, fondée sur l’appréciation des éléments du dossier. Cette décision a une portée pratique immédiate pour le liquidateur. Elle lui permet d’engager d’éventuelles actions en nullité ou en revendication pour les actes postérieurs à cette date.

Les conditions d’application du régime simplifié

Les critères légaux de la liquidation simplifiée

Le tribunal applique le régime de la liquidation judiciaire simplifiée prévu aux articles L. 641-2 et suivants. Il relève que l’entreprise remplit les conditions de faibles dimensions économiques. « Qu’en outre il apparait que l’entreprise ne possède pas de bien immobilier et que le nombre de ses salariés et le montant de son chiffre d’affaires H.T. sont inferieurs aux seuils prévus aux articles L641-2 & D 641-10 du Code de Commerce » (Motifs). Cette vérification est une étape obligatoire pour bénéficier de la procédure accélérée. Le tribunal de commerce de Meaux a rendu des décisions similaires sur ce point. « ATTENDU qu’il convient également d’appliquer les critères de la liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 3 février 2025, n°2024016567). Cette jurisprudence confirme l’application systématique des seuils légaux.

Les modalités procédurales spécifiques au régime

Le jugement organise les opérations de liquidation dans le cadre simplifié. Il désigne un liquidateur et un juge-commissaire, et fixe des délais stricts pour l’établissement des rapports. Le tribunal prévoit notamment un examen de la clôture dans un délai de six mois. Cette célérité est la marque distinctive du régime simplifié, visant à réduire les coûts. Il ordonne également la réalisation de l’inventaire mobilier par un commissaire de justice désigné. Ces mesures illustrent l’adaptation de la procédure aux petites entreprises sans actif significatif. La portée est pratique, garantissant une liquidation rapide et peu coûteuse pour les créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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