Tribunal de commerce de Nantes, le 24 septembre 2025, n°2025010509

Le Tribunal de commerce de Nantes, statuant le 24 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. Une société du secteur maritime, en cessation de paiements déclarée, présente un potentiel de redressement. Le ministère public requiert l’ouverture de la procédure. Le tribunal fixe la date de cessation des paiements et nomme les organes de la procédure. Il retient ainsi la possibilité d’un redressement malgré l’état de cessation constaté.

La vérification des conditions légales d’ouverture

Le tribunal constate d’abord le respect des conditions de forme requises. La société est immatriculée au registre du commerce et des sociétés de son ressort. Cette inscription établit sa soumission au droit des procédures collectives. « Attendu que l’article L. 631-2 du Code de Commerce dispose que « le redressement judiciaire est applicable à toute personne exerçant une activité commerciale ou artisanale » » (Tribunal de commerce de commerce de Dax, le 12 mars 2025, n°2025000950). La compétence territoriale du tribunal est donc fondée sur le siège social de la débitrice.

Le juge vérifie ensuite l’état de cessation des paiements, condition de fond essentielle. Il relève l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. « Attendu qu’il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que la SAS EXPLORIS se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette constatation objective ouvre droit à une procédure collective. La date de cet état est fixée au 20 juin 2025 après débat contradictoire.

La mise en œuvre d’une procédure tournée vers le redressement

La décision manifeste une volonté de diagnostic approfondi de la situation. Le tribunal ordonne l’établissement d’un bilan économique et social complet. Il fixe une période d’observation de six mois pour étudier les perspectives. Un premier rapport sur les capacités financières doit être déposé rapidement. Cette phase initiale est cruciale pour évaluer la viabilité future de l’entreprise.

Les mesures prises visent explicitement à rechercher les solutions de continuation. Le juge mentionne les nouveaux contrats de partenariat et les solutions d’investisseurs envisagées. Il précise que l’administrateur judiciaire étudiera les perspectives d’un investissement extérieur. La procédure est ainsi orientée vers la préservation de l’activité et de l’emploi. La nomination d’un administrateur pour assister le débiteur confirme cette orientation.

La portée de cette décision réside dans son approche équilibrée. Elle combine la constatation d’une défaillance avec l’identification d’espoirs de redressement. Le tribunal applique strictement les conditions légales d’ouverture de la procédure. Il utilise ensuite les outils de la période d’observation pour approfondir le diagnostic. Cette décision illustre la fonction préventive et curative du redressement judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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