Tribunal de commerce de Nantes, le 29 septembre 2025, n°2024008193

Le Tribunal de commerce de Nantes, statuant le 29 septembre 2025, a examiné une demande en paiement formulée par un établissement de crédit. Après une procédure de référés, le juge a condamné l’emprunteur défaillant au paiement du capital et des intérêts dus. La décision retient le caractère certain, liquide et exigible de la créance bancaire. Elle accorde également une indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile et prononce l’exécution provisoire.

La caractérisation des conditions de la créance bancaire

La qualification juridique des éléments de la créance

Le tribunal constate d’abord que la créance alléguée présente les qualités requises pour une condamnation. Les documents versés aux débats permettent d’établir que la créance alléguée est certaine, liquide et exigible. Cette triple condition est un préalable essentiel à toute action en paiement. La décision s’inscrit ainsi dans la lignée d’une jurisprudence constante sur l’exigence de ces qualités. Elle rappelle que la preuve de ces éléments incombe au créancier demandeur.

La portée de l’exigibilité et le défaut de paiement

L’exigibilité est établie par le défaut de paiement persistant malgré les mises en demeure. Malgré de nombreuses réclamations amiables la CAISSE DE CREDIT MUTUEL DE [Localité 5] n’a pu obtenir le paiement de son débiteur. Ce constat justifie le recours à la voie judiciaire pour obtenir satisfaction. La situation évoque celle d’un autre tribunal qui a jugé sur des bases similaires. « Attendu que la demande représente un prêt impayé, que la créance est certaine, liquide et exigible, qu’elle a été vérifiée et qu’elle est juste, qu’au surplus, elle n’est pas contestée » (Tribunal de commerce de commerce d’Orléans, le 23 janvier 2025, n°2024005925).

Les conséquences procédurales de la condamnation

Le prononcé de l’exécution provisoire et des accessoires

La décision ordonne l’exécution provisoire, présentée comme une conséquence de droit. L’exécution provisoire de la décision à intervenir est de droit. Cette mesure permet au créancier de recouvrer sa créance sans attendre l’épuisement des voies de recours. Elle renforce l’efficacité de la décision au bénéfice de l’établissement financier. Le tribunal use ici d’une prérogative destinée à éviter les délais préjudiciables.

L’allocation de frais et l’indemnité pour procédure abusive

Le juge condamne en outre le débiteur aux dépens et à une indemnité distincte. Il y a lieu de condamner Monsieur [Z] [P] à payer à la CAISSE DE CREDIT MUTUEL DE [Localité 5] l’indemnité au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile qui sera réduite et évaluée la somme de 500 euros. Cette indemnité vise à compenser partiellement les frais non compris dans les dépens. Sa fixation discrétionnaire témoigne de l’appréciation des frais exposés par le créancier. Elle sanctionne indirectement le comportement du débiteur ayant contraint à l’action en justice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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