Tribunal de commerce, le 30 septembre 2025, n°2025F00221

Le Tribunal de commerce a statué par jugement réputé contradictoire sur la demande d’une caisse de crédit mutuel contre une caution personnelle. L’établissement bancaire sollicitait le paiement du principal garanti ainsi que l’application de l’article R. 631-4 du code de la consommation. Le défendeur, non comparant, n’a pas contesté la mise en demeure. Le tribunal a accueilli la demande principale mais a rejeté l’application du texte de consommation, tout en allouant des frais irrépétibles.

La force obligatoire du contrat de cautionnement et ses conséquences

La régularité formelle de l’engagement de caution. Le tribunal constate la validité de l’acte de cautionnement dûment complété et signé. Il relève la présence d’une mention manuscrite précisant le montant et la durée de l’engagement. Cette formalité est essentielle pour la protection de la caution conformément au droit applicable. Le juge vérifie ainsi scrupuleusement le respect des conditions de fond du contrat.

L’exigibilité de la créance garantie et l’absence de contestation. La mise en demeure régulière de la caution est établie par lettre recommandée. Le débiteur principal fait l’objet de procédures collectives et la créance est déclarée dans ce cadre. « Les déclarations de créance […] indiquent la somme de 10.659,62 € de capital échu […] et n’ont pas fait l’objet de contestation » (Décision à commenter). L’absence de contestation par la caution permet au juge de considérer la demande comme fondée.

Le rejet de l’application du droit de la consommation et l’allocation de frais

Le refus d’appliquer une disposition protectrice en l’espèce. La demande fondée sur l’article R. 631-4 du code de la consommation est déboutée sans motivation détaillée. Le tribunal estime qu’il n’y a pas lieu de faire jouer ce texte, qui permet une condamnation aux frais de recouvrement. Ce rejet suggère une appréciation restrictive des conditions d’application de cette disposition d’équité.

La condamnation aux frais irrépétibles et aux dépens malgré l’absence de comparution. Le juge use de son pouvoir discrétionnaire pour allouer une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il considère que les frais engagés par la partie demanderesse ne doivent pas rester à sa charge. Cette condamnation survient même en l’absence de débat contradictoire, suivant l’article 472 du même code.

La décision rappelle la rigueur attachée à l’exécution des engagements de caution. La validité formelle de l’acte et l’exigibilité de la dette, non contestées, entraînent nécessairement la condamnation. Le juge statue au fond malgré la défection du défendeur, en vérifiant le bien-fondé de la demande. Le rejet de l’article R. 631-4 du code de la consommation en limite la portée protectrice aux seuls cas pertinents.

L’allocation de frais sur le fondement de l’article 700 illustre l’équité procédurale. Elle compense les frais exposés pour faire valoir un droit reconnu, indépendamment de l’attitude en procès. Cette décision confirme que la non-comparution n’est pas une stratégie sans conséquence financière. Elle assure ainsi une application effective de la justice malgré l’absence d’une partie.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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