Tribunal de commerce de Nancy, le 30 septembre 2025, n°2025004279

Le Tribunal des activités économiques de Nancy, le 30 septembre 2025, constate l’impécuniosité d’une procédure de liquidation judiciaire. La société, spécialisée dans la vente de produits bio et culturels, a vu sa procédure clôturée pour insuffisance d’actif. Le liquidateur judiciaire a sollicité une indemnité sur le fonds public. Le tribunal accueille sa requête et fixe le montant de l’indemnité à mille euros, en application des articles L. 663-3 et R. 663-41 du code de commerce.

La reconnaissance légale de l’impécuniosité procédurale

Les conditions d’ouverture du droit à indemnisation

Le tribunal vérifie scrupuleusement les conditions légales pour déclarer la procédure impécunieuse. Il s’appuie sur le compte rendu de fin de mission du liquidateur, qui atteste l’absence d’actifs suffisants. La décision rappelle le dispositif légal qui ouvre ce droit indemnitaire au profit du mandataire judiciaire. « ces dispositions disposent que lorsque le produit de la réalisation des actifs de l’entreprise ne permet pas au liquidateur d’obtenir au titre de la rémunération qui lui est due une somme au moins égale à 1.500 euros, (non soumise à TVA), le dossier est déclaré impécunieux par le tribunal sur proposition du juge-commissaire » (Motifs). Cette constatation objective protège le liquidateur contre l’absence totale de rémunération pour son travail.

La portée d’une qualification aux effets indemnitaires

La qualification d’impécuniosité a une valeur pratique immédiate pour le professionnel. Elle déclenche en effet un mécanisme de solidarité nationale par le biais d’un fonds spécifique. Le tribunal ordonne ainsi le versement d’une indemnité par prélèvement sur ce fonds public. Cette solution assure la continuité et l’attractivité des missions de liquidateur, même dans les dossiers déficitaires. Elle garantit l’effectivité du traitement des procédures collectives, sans faire peser le risque financier sur le mandataire.

La fixation souveraine du montant de l’indemnité due

Le pouvoir d’appréciation du juge national

Le tribunal exerce son pouvoir souverain pour déterminer le montant exact de l’indemnité. Il statue sur requête après avoir examiné le rapport du juge-commissaire. La décision fixe le montant à mille euros, inférieur au plafond de référence de mille cinq cents euros évoqué dans les motifs. Ce montant reflète une appréciation concrète des circonstances de la procédure. « FIXE à la somme de 1 000,00 euros (non soumise à TVA), le montant de l’indemnité » (Dispositif). Cette fixation discrétionnaire permet d’adapter la compensation aux spécificités du dossier.

La valeur d’une décision exécutoire de plein droit

La portée de la décision est renforcée par son caractère immédiatement exécutoire. Le tribunal le rappelle expressément dans son dispositif final. Cette exécution de plein droit assure une indemnisation rapide du liquidateur pour ses diligences. Elle évite tout contentieux supplémentaire et toute attente préjudiciable pour le professionnel. Cette célérité est essentielle au bon fonctionnement du système d’indemnisation des procédures sans actif. Elle sécurise ainsi l’ensemble des acteurs de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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