Tribunal de commerce de Nice, le 2 octobre 2025, n°2025RG02767

Le Tribunal de commerce de Nice, le 2 octobre 2025, se prononce sur la déclaration de cessation des paiements d’une société de transport. Après audition des représentants légaux, il constate l’impossibilité de faire face au passif exigible. Le tribunal prononce la liquidation judiciaire en raison de l’impossibilité manifeste de redressement.

La caractérisation de la cessation des paiements

La définition légale et son application concrète
Le tribunal retient la définition légale de la cessation des paiements pour fonder sa décision. Il relève que la situation de la société répond précisément aux critères de l’article L. 631-1 du code de commerce. Cette application stricte assure la sécurité juridique et l’égalité de traitement entre les débiteurs. La cour d’appel de Paris rappelle d’ailleurs que « L’article L 631-1 du code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 14 mars 2023, n°22/16658). Le juge vérifie toujours la réalité de cette impossibilité par l’examen des éléments produits.

L’appréciation souveraine des juges du fond
L’appréciation de l’état de cessation des paiements relève du pouvoir souverain des juges du fond. Le tribunal base sa conviction sur « les pièces produites et des informations recueillies en Chambre du Conseil ». Cette appréciation in concreto permet une analyse fidèle de la situation financière réelle. Elle évite une application purement comptable et théorique de la définition légale. Le juge procède ainsi à une vérification attentive des éléments d’actif et de passif immédiatement disponibles.

Les conséquences du prononcé de la liquidation judiciaire

Le constat d’une impossibilité manifeste de redressement
Le prononcé de la liquidation judiciaire est subordonné à un constat spécifique du tribunal. Il doit établir que « le redressement est manifestement impossible » au vu des éléments présentés. Ce seuil exige une conviction forte, déduite de l’ensemble de la situation économique. Il s’agit d’une prévision nécessaire pour justifier la cessation définitive de l’activité. Cette appréciation guide le choix entre une procédure de redressement et une liquidation immédiate.

Les mesures d’organisation de la procédure
La décision comporte plusieurs mesures destinées à organiser la liquidation de manière efficace. Le tribunal désigne un juge commissaire et un liquidateur pour administrer la procédure. Il fixe également une date provisoire de cessation des paiements, cruciale pour la période suspecte. Un calendrier est imposé pour le dépôt de la liste des créances et l’examen de la clôture. Ces mesures visent à garantir une liquidation ordonnée dans l’intérêt des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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