Tribunal de commerce de Annecy, le 6 octobre 2025, n°2025F01072

Le tribunal de commerce d’Annecy, statuant le six octobre deux mille vingt-cinq, se prononce sur le sort d’une société coopérative placée en sauvegarde. La période d’observation révèle une cessation d’activité et une impossibilité de payer les salaires. Le débiteur sollicite lui-même la conversion de la procédure. La juridiction prononce la liquidation judiciaire selon les règles simplifiées et met fin à l’observation.

La conversion justifiée par l’impossibilité du redressement

Le constat d’une situation irrémédiablement compromise

Le jugement relève l’absence totale d’activité depuis fin août deux mille vingt-cinq. Il note également l’impossibilité de procéder au paiement des salaires dus. Ces éléments objectifs conduisent à un pronostic définitif sur l’avenir de l’entreprise. Toute amélioration de la situation financière est dès lors jugée manifestement impossible. Ce constat fonde légalement la conversion de la sauvegarde en liquidation.

La concordance des demandes et l’application de la loi

Le mandataire judiciaire demande la conversion en liquidation judiciaire simplifiée. Le débiteur expose avoir retrouvé une activité salariée et sollicite expressément cette même mesure. Le juge-commissaire établit un rapport écrit favorable à cette conversion. Cette convergence des positions des acteurs de la procédure est actée par le tribunal. Il applique en conséquence l’article L.631-15 du code de commerce pour prononcer la liquidation.

Le choix pertinent de la procédure simplifiée

Les critères légaux de la liquidation simplifiée

Le tribunal examine les éléments du dossier relatifs aux actifs et à l’ampleur de l’entreprise. Il relève spécifiquement l’absence de bien immobilier dans le patrimoine social. Il prend aussi en compte le montant du chiffre d’affaires et le nombre de salariés. Ces paramètres sont confrontés aux exigences légales prévues par le code de commerce. Le tribunal « déclare applicables à la procédure les règles de la liquidation judiciaire simplifiée » (Motifs).

L’encadrement strict des opérations de liquidation

La désignation d’un liquidateur entraîne l’ordonnance de vente des biens mobiliers. Le tribunal impose un délai de quatre mois pour une vente de gré à gré ou aux enchères. Il prévoit qu’à l’issue de ce délai, les biens subsistants seront vendus aux enchères publiques. Cette cadence stricte est caractéristique du régime de la procédure simplifiée. Elle vise une réalisation rapide de l’actif pour les créanciers.

Cette décision illustre le basculement d’une procédure de redressement vers une liquidation inéluctable. Elle rappelle que la cessation d’activé et l’impossibilité de payer les salaires sont des indices déterminants. Le prononcé de la liquidation simplifiée, sur demande concordante, assure une issue rapide et adaptée. Cette solution pragmatique évite la prolongation inutile d’une observation sans espoir. Elle s’inscrit dans la logique de célérité propre au traitement des petites défaillances.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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