Tribunal de commerce de Nantes, le 8 octobre 2025, n°2025010773

Le tribunal de commerce de Nantes, le 8 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société de restauration rapide et de gestion. La société avait déclaré sa cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de redressement ou de cession. Il applique donc la procédure simplifiée en raison du faible actif et du passif exigible.

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire

Le constat de la cessation des paiements est un préalable nécessaire. Le tribunal relève que la société « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette impossibilité caractérise l’état de cessation des paiements défini par la loi. La date de cessation est fixée rétroactivement au 8 avril 2024. Cette fixation est cruciale pour la période suspecte et les droits des créanciers.

L’absence de toute perspective de redressement justifie la liquidation. Les représentants légaux ont admis l’inexistence d’un plan de continuation. Le tribunal note qu' »aucun plan de redressement par continuation d’entreprise n’est envisageable ». Cette absence de perspective économique conduit nécessairement à la liquidation des biens. La solution de cession est également écartée comme étant impossible.

Le régime spécifique de la liquidation simplifiée

Les critères légaux pour une procédure simplifiée sont vérifiés. Le tribunal estime que « les conditions mises par les articles L.641-2, D.641-10 du code de commerce sont réunies ». Ces conditions concernent notamment la taille du passif et la nature des actifs. Cette qualification entraîne une procédure accélérée et allégée. Elle vise à réduire les coûts pour une masse insuffisante.

Les modalités pratiques de la procédure sont immédiatement mises en œuvre. Un liquidateur et un juge-commissaire sont désignés par le jugement. Un commissaire de justice est commis pour dresser l’inventaire et la prisée. Le tribunal « FIXE en conformité de l’article L.644-5 du code de commerce à douze mois la date à laquelle la clôture de la procédure devra être prononcée ». Ce délai impératif contraste avec la durée des liquidations ordinaires.

La portée de la décision pour les petites défaillances

Cette décision illustre l’application stricte des conditions de la liquidation simplifiée. Elle rejoint une jurisprudence constante des tribunaux de commerce. Par exemple, le tribunal de Meaux a aussi retenu ce régime lorsqu' »aucune solution de cession n’est envisageable » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 10 mars 2025, n°2025000819). L’accent est mis sur l’absence totale de perspective de redressement.

Le jugement organise une liquidation rapide pour les actifs de faible valeur. La vente des biens pourra se faire par gré à gré ou aux enchères. La priorité est donnée à une clôture dans un délai prévisible de douze mois. Cette célérité protège les intérêts des créanciers dans une masse réduite. Elle évite l’alourdissement des frais de procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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