Cour d’appel de Poitiers, le 15 octobre 2025, n°2025006004

La Cour d’appel de Poitiers, le 15 octobre 2025, rejette une demande de renvoi d’audience et ordonne le paiement d’une créance. Le défendeur invoquait l’attente d’un prêt pour justifier le renvoi et ne contestait pas la dette. La juridiction estime le délai de défense suffisant et la créance certaine. Elle accueille donc la demande en paiement et condamne au remboursement des frais irrépétibles.

Le rejet de la demande de renvoi pour défaut de diligence

L’exigence d’une justification sérieuse du renvoi

Le juge exige une motivation concrète pour accorder un renvoi d’audience. La simple attente d’un financement sans preuve des diligentes entreprises est insuffisante. Cette position rappelle que les délais procéduraux doivent être respectés par les parties. Elle protège ainsi la bonne administration de la justice et les droits de la partie demanderesse.

La sanction du défaut de constitution d’avocat

La décision souligne l’obligation de se faire représenter dans les délais impartis. L’assignation était délivrée depuis plus d’un mois avant l’audience. « Pendant ce délai, [la société] avait le temps de prendre attache auprès d’un avocat » (Discussion, Sur la demande de renvoi). Le juge sanctionne donc une inertie caractérisée dans l’organisation de la défense. Cela confirme la rigueur procédurale attendue devant les juridictions.

L’admission d’une créance certaine, liquide et exigible

La reconnaissance implicite du principe de la dette

La créance est établie par l’absence de contestation sérieuse de la part du débiteur. Celui-ci reconnaît le principe de sa dette dans ses propres écritures. « La société […] reconnait ainsi le principe de sa dette » (Discussion, Sur la demande en paiement). Cette reconnaissance facilite considérablement la tâche du créancier. Elle rend la créance incontestable en fait et en droit.

La preuve par les documents commerciaux signés

La matérialité et le montant de la créance sont prouvés par des documents probants. Le juge s’appuie sur des bons de livraison et des factures dûment signés. « L’examen des pièces […] démontre que la créance […] est certaine, liquide et exigible » (Discussion, Sur la demande en paiement). L’ensemble forme un titre exécutoire au sens de l’article L. 111-3 du CPCE. La décision rappelle la force probante des documents commerciaux acceptés.

La portée de cette décision est double. Elle rappelle la sévérité envers les demandes de renvoi non étayées, protégeant la célérité de la justice. Elle illustre aussi la force exécutoire des créances commerciales documentées et non contestées. Cette jurisprudence renforce la sécurité des transactions et la prévisibilité des procédures de recouvrement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture