Tribunal de commerce de Valenciennes, le 13 octobre 2025, n°2025004749

Le tribunal de commerce de Valenciennes, le 13 octobre 2025, est saisi d’une procédure collective. Face à la carence du dirigeant convoqué, le tribunal ordonne une enquête préalable. Il se prononce sur les conditions d’ouverture d’une telle procédure et sur les pouvoirs d’instruction du juge. La juridiction commet un magistrat instructeur pour éclairer la situation de l’entreprise avant toute décision définitive.

La présomption de cessation des paiements par la carence du débiteur

La carence du dirigeant à l’assignation fonde une présomption de difficultés. L’absence de comparution devant le tribunal constitue un indice sérieux de l’état de l’entreprise. Cette attitude laisse présumer une impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Le juge tire ainsi des conséquences pratiques d’un défaut de participation à la procédure. Il retient un commencement de preuve justifiant une investigation plus poussée.

La valeur de cette présomption demeure toutefois relative et perfectible. Elle ne dispense pas le tribunal de vérifier concrètement la situation financière. La présomption issue de la carence ne vaut pas constatation définitive de la cessation des paiements. Elle ouvre simplement une phase d’instruction pour confirmer ou infirmer cette situation. Le juge évite ainsi de se prononcer prématurément sur le fond du dossier. Cette approche respecte le droit de la défense et le principe du contradictoire.

Les pouvoirs d’instruction du tribunal avant l’ouverture de la procédure

Le tribunal use de son pouvoir d’enquête pour éclairer sa décision ultérieure. Il se fonde sur l’article L.621-1 du code de commerce pour ordonner une mesure d’instruction. « Le tribunal peut, avant de statuer, commettre un juge pour recueillir tous renseignements » (Vu les articles L.621-1, L.631-5 et R.631-3 du code de commerce). Cette disposition lui permet de pallier l’insuffisance des éléments produits. Le juge commis bénéficie d’une large liberté pour conduire ses investigations.

La mission confiée au juge instructeur est précisément délimitée par la décision. Elle porte sur la situation financière, économique et sociale de l’entreprise concernée. Le magistrat peut se faire assister par tout expert de son choix pour accomplir sa tâche. Le tribunal rappelle les modalités de dépôt du rapport et de convocation ultérieure. Cette procédure préparatoire garantit une décision au fond éclairée et respectueuse des droits. Elle illustre le souci d’une justice prudente et rigoureuse dans des matières sensibles.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture