Tribunal de commerce de Mans, le 14 octobre 2025, n°2025007552

Le tribunal des activités économiques du Mans, statuant le 14 octobre 2025, se prononce sur une requête en conversion d’une procédure. Une société faisant l’objet d’un redressement judiciaire depuis septembre voit sa procédure transformée. Le mandataire judiciaire sollicite cette conversion en raison de la carence de la dirigeante. Le tribunal ordonne la liquidation judiciaire simplifiée de l’entreprise concernée. Il applique ainsi un régime dérogatoire pour les petites structures en difficulté.

La conversion nécessaire de la procédure

Le constat d’impossibilité justifie la mutation du redressement en liquidation. La carence persistante de la représentante légale paralyse le déroulement de la procédure collective. Cette défaillance rend toute élaboration d’un plan de redressement totalement illusoire. Le tribunal relève que cette situation bloque la poursuite de la période d’observation. Il fonde donc sa décision sur l’impossibilité objective de poursuivre l’objectif initial.

Les constats concordants des autorités procédurales étayent cette impossibilité. Le mandataire judiciaire expose que l’entreprise n’est pas viable économiquement. « Attendu que de la requête du mandataire judiciaire il ressort que l’entreprise n’est pas viable et qu’aucune solution de redressement n’est possible » (Motifs). Le ministère public et le juge commissaire requièrent également cette conversion. Le tribunal dispose ainsi d’une appréciation unanime sur l’absence de perspective.

Le choix d’une liquidation simplifiée

Le tribunal opère une sélection rigoureuse du régime applicable à l’espèce. Il vérifie le respect cumulatif des critères légaux prévus pour la simplification. L’absence de bien immobilier dans le patrimoine constitue le premier élément examiné. Le faible effectif salarial et le chiffre d’affaires modeste complètent ce tableau. Ces conditions permettent l’application d’une procédure allégée et accélérée.

La décision détaille précisément les motifs justifiant ce régime dérogatoire. « Attendu qu’en l’absence de bien immobilier au sein du patrimoine du débiteur, d’un nombre de salarié inférieur ou égal à 5 au cours des 6 mois précédant l’ouverture de la procédure et d’un chiffre d’affaires hors taxes inférieur ou égal à 750 000 euros, il sera fait application par le tribunal de la faculté offerte par les articles L641-2 alinéa 2 et R 641-10 du Code de commerce permettant l’ouverture d’une procédure de LIQUIDATION JUDICIAIRE SIMPLIFIEE » (Motifs). Ce passage démontre un contrôle strict des seuils légaux par le juge.

Portée de la décision

La solution adoptée consacre la primauté de l’efficacité procédurale. Elle permet une gestion rapide et moins coûteuse de la défaillance d’une petite entreprise. Le juge use d’un pouvoir d’office pour mettre fin à une situation bloquée. Cette conversion protège également les intérêts des créanciers en accélérant la liquidation. Elle illustre l’adaptation du droit des procédures collectives aux réalités économiques.

La valeur de ce jugement réside dans son application concrète des critères de simplification. Il rappelle que la liquidation simplifiée n’est pas un droit mais une faculté pour le tribunal. La vérification scrupuleuse des conditions légales en garantit la légalité. Cette décision s’inscrit en cohérence avec la jurisprudence existante sur le sujet. Elle renforce la sécurité juridique des acteurs économiques face à ces procédures dérogatoires.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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