Tribunal de commerce de Paris, le 24 octobre 2025, n°2025011808

Tribunal judiciaire de Paris, tribunal des activités économiques, jugement du vingt-cinq septembre deux mille vingt-cinq. Une banque assigne son emprunteur défaillant en paiement d’un prêt. Le défendeur ne comparaît pas. Le tribunal statue par jugement réputé contradictoire après avoir vérifié les conditions de l’article 472 du code de procédure civile. Il accueille la demande en partie après un examen rigoureux du bien-fondé de la créance.

La vérification préalable des conditions de recevabilité de l’action

Le contrôle de la régularité de l’instance en défaut

Le juge examine d’office la régularité et la recevabilité de l’action introduite. Il constate la régularité de l’assignation et l’absence de toute procédure collective concernant le défendeur commerçant. La qualité et l’intérêt à agir de l’établissement prêteur sont retenus sans difficulté. Ce contrôle systématique préserve les droits de la partie absente. Il garantit que le débat judiciaire repose sur des bases procédurales saines avant tout examen au fond.

La détermination de la compétence juridictionnelle

La compétence territoriale est établie par une clause contractuelle valide. Le contrat stipule que « tous les versements auront lieu au siège du Prêteur » (Clause Autorisation de prélèvement). Cette fixation du lieu d’exécution permet de saisir « celle du lieu d’exécution du présent contrat » (Clause Attribution de juridiction). Le siège social du demandeur étant à Paris, le tribunal se déclare compétent. Cette analyse consacre la liberté contractuelle en matière d’élection de for. Elle sécurise les relations commerciales en permettant une prévisibilité juridique.

L’examen substantiel du bien-fondé de la demande

Le principe d’un contrôle entier de la créance invoquée

En application de l’article 472, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime « régulière, recevable et bien fondée ». Il procède donc à un examen complet des pièces justificatives produites. Le décompte détaillé des sommes réclamées est soumis à une analyse critique. Le tribunal retient ainsi le principe du contrôle judiciaire intégral malgré l’absence de contradiction. Cette obligation protège le défendeur défaillant contre des demandes excessives ou insuffisamment étayées.

La modulation du montant accordé par le juge

Le tribunal admet le bien-fondé de la créance principale mais en rectifie le montant. Il relève que « les pièces versées au dossier ne permettant pas de justifier les autres montants du décompte ». Il exclut donc une somme de cent quatre-vingt-neuf virgule cinquante-neuf euros du total exigible. La condamnation est prononcée pour un montant recalculé de quarante mille trois cents virgule soixante et un euros. Cette décision illustre le pouvoir souverain d’appréciation des preuves par les juges du fond. Elle rappelle que la charge de la preuve incombe au demandeur, même en l’absence de défense.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture