Tribunal de commerce de Marseille, le 29 octobre 2025, n°2025P01826

Le Tribunal des Activités Economiques de Marseille, statuant le 29 octobre 2025, constate la défaillance d’une société commerciale à l’audience. Sur la base des pièces et informations recueillies, il retient l’impossibilité pour cette dernière de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il prononce en conséquence l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à son encontre, en fixant provisoirement la date de cessation des paiements.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son appréciation souveraine. Le tribunal applique strictement la définition de la cessation des paiements issue de l’article L. 631-1 du code de commerce. Il constate que la débitrice « est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette formulation reprend les termes mêmes de la loi, soulignant l’appréciation concrète et globale de la situation par le juge. La décision illustre ainsi le pouvoir souverain des juges du fond pour établir cet état de fait, sur la base des éléments produits.

La portée d’une constatation manifeste. La qualification de « manifestement » en état de cessation des paiements renforce le caractère incontestable de la situation au vu des éléments du dossier. Cette approche rejoint celle d’autres juridictions qui, face à des indices convergents, n’hésitent pas à retenir cet état. Par exemple, une cour d’appel a déjà considéré qu’une société « ne dispose pas de la trésorerie et des perspectives d’encaissement lui permettant de régler l’intégralité dudit passif, de sorte qu’elle est en état de cessation des paiements » (Cour d’appel de Paris, le 3 avril 2025, n°24/16725). La décision commentée s’inscrit dans cette ligne jurisprudentielle rigoureuse.

Les conséquences procédurales de l’ouverture

L’encadrement strict de la période d’observation. Le jugement organise méticuleusement le déroulement de la procédure de redressement. Il fixe une audience de contrôle pour vérifier « si les capacités financières sont suffisantes » (Dispositif). Le débiteur est soumis à une obligation renforcée de production de documents comptables certifiés. Cet encadrement vise à permettre une évaluation réaliste des chances de redressement, le tribunal rappelant qu’une conversion en liquidation peut être prononcée à tout moment si le redressement est « manifestement impossible » (Dispositif).

Les obligations immédiates et les droits des créanciers. La décision impose au débiteur une série d’obligations précises dans des délais stricts, comme l’établissement de la liste des créanciers sous huit jours. Parallèlement, elle organise la protection des intérêts des créanciers en leur impartissant un délai pour déclarer leurs créances. La désignation d’un commissaire de justice pour réaliser un inventaire détaillé garantit la transparence sur le patrimoine. Ces mesures visent à préserver l’actif et à préparer l’apurement du passif dans l’intérêt collectif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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