Tribunal de commerce de Carcassonne, le 3 décembre 2025, n°2025002211

Le tribunal de commerce de Carcassonne, statuant le 3 décembre 2025, a homologué un plan de redressement de dix ans pour une société en procédure collective. La juridiction a retenu un plan proposant un remboursement intégral du passif sur dix annuités, assorti de garanties substantielles. Elle a ainsi répondu positivement à la demande d’homologation formée par le mandataire judiciaire, malgré l’opposition de certains créanciers.

L’homologation conditionnée par l’acceptation majoritaire des créanciers
La validation du plan repose sur le respect des majorités légales requises. Le tribunal constate que vingt et un créanciers, représentant soixante-seize virgule quarante pour cent du passif, ont accepté les propositions. Cette approbation majoritaire, bien que non unanime, satisfait aux conditions légales pour l’adoption du plan. « 21 créanciers, représentant 76,40 % du passif, ont accepté les propositions de plan » (Motifs). La décision confirme ainsi que l’opposition de certains créanciers, dont la DGFIP, ne fait pas obstacle à l’homologation dès lors que la majorité est atteinte. Cette solution rappelle la primauté du vote collectif des créanciers dans la sauvegarde de l’activité.

La mise en œuvre de garanties renforcées pour assurer l’exécution
Le tribunal a assorti le plan de mesures coercitives pour en garantir la bonne exécution. Il prononce l’inaliénabilité des éléments du fonds de commerce et le gel des comptes courants d’associés. Il ordonne aussi la consignation mensuelle des fonds entre les mains du commissaire au plan. « Dit que les échéances seront versées entre les mains du commissaire à l’exécution du plan selon les modalités suivantes : chaque mois et ce pendant la durée du plan, versement du douzième du dividende annuel » (Motifs). Ces garanties visent à sécuriser le paiement progressif des créanciers sur la longue durée. La portée de l’arrêt est de permettre une exécution rigoureusement contrôlée du plan de dix ans.

La désignation d’un commissaire à l’exécution comme pilote du plan
Le jugement confie un rôle central au commissaire à l’exécution pour superviser la mise en œuvre. Ce dernier est chargé de recevoir les fonds, d’effectuer les répartitions et de contrôler la gestion via des rapports périodiques. « Désigne la SELARL [T] [U] [B] (…) en qualité de commissaire à l’exécution du plan lequel devra remettre au Tribunal des situations semestrielles et des bilans annuels » (Motifs). Cette surveillance continue assure le respect des engagements sur la durée exceptionnelle du plan. La valeur de cette mesure réside dans l’encadrement permanent d’une procédure de redressement particulièrement étendue.

La consécration d’un plan de longue durée avec remboursement intégral
La décision valide un échéancier de remboursement étalé sur une décennie sans remise de dette. Le tribunal fixe la durée du plan à dix ans pour permettre le remboursement de l’intégralité du passif. « Fixe la durée du plan à 10 ans » (Motifs). Cette solution démontre la volonté de préserver l’entreprise lorsque son activité le permet, même sur un temps long. La portée est significative, car elle illustre la flexibilité du droit des entreprises en difficulté pour adapter les solutions à la situation économique.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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