Tribunal de commerce de commerce de Cannes, le 4 décembre 2025, n°2025R00058

Le juge des référés, statuant en date non précisée, est saisi d’une demande de jonction et d’un désistement d’instance. La juridiction ordonne la jonction de deux affaires présentant un lien étroit. Elle donne ensuite acte d’un désistement, le constate parfait et en tire les conséquences procédurales et financières. La solution retenue précise les conditions d’efficacité du désistement unilatéral et ses effets automatiques.

Le formalisme du désistement et ses effets extinctifs
La décision rappelle les conditions de perfectionnement du désistement prévues par la loi. Le juge applique strictement l’exigence d’acceptation du défendeur ou son défaut de défense au fond. « le désistement n’est parfait que par l’acceptation du défendeur. Toutefois, l’acceptation n’est pas nécessaire si le défendeur n’a présenté aucune défense au fond ou fin de non-recevoir » (article 395 du CPC). Cette citation souligne le caractère alternatif des conditions de validité. Le désistement devient ainsi un acte unilatéral sous condition procédurale. Sa portée est d’offrir une sécurité juridique en limitant les renonciations tacites. La constatation du désistement entraîne l’extinction de l’instance. « l’instance s’éteint à titre principal par l’effet du désistement d’instance » (article 385 du CPC). Le juge en déduit logiquement le dessaisissement de la juridiction. Cette mesure est qualifiée d’administration judiciaire non susceptible de recours. La valeur de cette analyse est de clarifier le moment où le juge perd sa saisine. Elle évite toute incertitude sur la fin définitive du litige devant cette juridiction.

Les conséquences financières et le pouvoir d’administration du juge
L’ordonnance tire les conséquences pécuniaires du désistement de manière automatique. Le juge applique le principe légal de la charge des frais à la partie qui se désiste. « le désistement emporte, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte » (article 399 du CPC). Cette citation impose une condamnation aux dépens sans marge d’appréciation. La solution affirme la nature accessoire et obligatoire de cette condamnation financière. Sa portée est de dissuader les désistements dilatoires et de réparer un préjudice procédural. Le juge exerce par ailleurs son pouvoir d’administration judiciaire en ordonnant la jonction. Il justifie sa décision par l’existence d’un lien entre les affaires et l’intérêt d’une bonne justice. Cette mesure d’organisation du procès relève de son pouvoir discrétionnaire. Sa valeur est de garantir une économie de moyens et une cohérence dans le traitement des dossiers. Elle illustre la gestion active de l’instance par le juge des référés avant toute extinction.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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