Tribunal de commerce de Arras, le 5 décembre 2025, n°2025007255

Le tribunal de commerce d’Arras, par jugement du 5 décembre 2025, statue sur une demande d’ouverture de redressement judiciaire. L’organisme de recouvrement des cotisations sociales agit contre un commerçant pour des impayés. Le débiteur n’est ni présent ni représenté à l’audience. Le tribunal retient la cessation des paiements et ouvre la procédure. Il fixe aussi la date de cette cessation et nomme les organes de la procédure.

La recevabilité de la demande et la caractérisation de la défaillance

Les conditions de fond de l’ouverture sont réunies en l’espèce. Le créancier justifie d’une créance certaine, liquide et exigible résultant de cotisations impayées. Les voies d’exécution préalables sont demeurées infructueuses, comme l’établissent les pièces du dossier. Le tribunal relève que « les éléments d’appréciation dont dispose le Tribunal établissent suffisamment la cessation des paiements ». Cette appréciation souveraine fonde légalement l’ouverture de la procédure collective. La valeur de ce point réside dans la vérification stricte des conditions légales par le juge, garantissant la légitimité de l’ingérence dans la vie des affaires.

La détermination de la date de cessation des paiements est ici provisoire. Le tribunal retient la date de l’assignation en redressement judiciaire, soit le 22 octobre 2025. Cette fixation est conforme à la présomption légale lorsque la date exacte n’est pas certaine. Elle a pour portée de délimiter la période suspecte et d’encadrer les actes passés durant cette période. Cette décision préserve ainsi les droits des créanciers et la masse active tout en permettant une instruction ultérieure plus précise.

Les modalités d’organisation de la procédure ouverte

Le tribunal procède aux nominations requises et fixe le cadre procédural. Il nomme un juge-commissaire et un mandataire judiciaire, conformément aux dispositions du code de commerce. Il désigne également un commissaire aux inventaires pour réaliser l’estimation des actifs. Ces désignations sont essentielles au bon déroulement de la procédure et à la protection des intérêts en présence. Elles assurent la mise en œuvre concrète des mesures de surveillance et d’administration du patrimoine du débiteur.

Le calendrier procédural est arrêté avec précision. Une période d’observation de six mois est fixée. Le débiteur est convoqué à une audience ultérieure pour statuer sur le plan de continuation ou la liquidation. Le tribunal « dit que l’état des créances devra être déposé » dans un délai de dix mois après publicité. Ces délais encadrent strictement la phase d’observation et imposent une célérité nécessaire à la préservation de l’actif. Cette organisation illustre la recherche d’une solution dans un temps contraint, caractéristique des procédures collectives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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