Tribunal de commerce de Pau, le 5 décembre 2025, n°2024003538

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 5 décembre 2025, se prononce sur une requête en prolongation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur sollicite une prorogation au motif que des actifs restent à réaliser et des publicités salariales à effectuer. Le tribunal, après un rapport favorable du juge commissaire, fait droit à cette demande en application de l’article L. 643-9 du code de commerce. Il prolonge ainsi le délai de clôture pour une durée de trois mois.

La condition légale de la prorogation du délai

Le cadre juridique de la prorogation du délai de clôture. Le tribunal rappelle le fondement légal de sa décision en citant l’article L. 643-9 du code de commerce. « le tribunal peut proroger le terme fixé par une décision motivée » (Attendu que selon les dispositions de l’article L. 643-9). Cette disposition confère au juge un pouvoir discrétionnaire dont l’exercice est conditionné par une motivation suffisante. La simple échéance du délai initial ne suffit donc pas à justifier une prolongation.

L’appréciation concrète des motifs justifiant la prorogation. Le juge vérifie l’existence de circonstances particulières empêchant la clôture des opérations. Il relève que « les opérations de la liquidation judiciaire ne peuvent être clôturées en l’état » (Attendu qu’il apparaît en l’espèce). Le liquidateur a précisé ces obstacles, notamment des « actifs sont a réaliser et les publicité salariales à effectuer » (Attendu que la SELARL… fait état de difficultés). La décision valide ainsi une approche pragmatique, subordonnant la prorogation à la démonstration d’opérations en cours.

Les implications procédurales de la décision rendue

La nature et les effets de la décision de prorogation. Le tribunal statue par un jugement rendu sur requête, insusceptible de recours, ce qui assure une célérité procédurale essentielle en liquidation. Il fixe une nouvelle audience de contrôle dans trois mois, précisant que « le présent jugement tenant lieu de convocation » (Date à laquelle le débiteur est convoqué). Cette formalité simplifiée garantit la continuité du processus sous le contrôle du juge, sans alourdir la procédure.

Le régime financier et les suites de la prolongation. La décision intègre les conséquences économiques de la prolongation en ordonnant que « les dépens seront employés en frais privilégiés de liquidation judiciaire » (Dit que les dépens). Cette qualification protège les créanciers en assurant la priorité du paiement des frais engagés durant cette phase supplémentaire. Elle sécurise ainsi la poursuite des opérations de liquidation dans l’intérêt collectif des créanciers.

Cette décision illustre la souplesse procédurale offerte par l’article L. 643-9 du code de commerce. Elle conditionne la prorogation du délai de clôture à l’existence de motifs sérieux et vérifiables, évitant les dilations injustifiées. Le juge conserve un contrôle strict sur la durée de la procédure tout en permettant son achèvement efficace. Cette approche équilibre la célérité requise et l’impératif de réalisation optimale de l’actif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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