Tribunal de commerce de Villefranche-Tarare, le 6 novembre 2025, n°2025F00664

Le tribunal de commerce de Villefranche-Tarare, statuant le six novembre deux mille vingt-cinq, a été saisi d’une déclaration de cessation des paiements. La société requérante a sollicité son placement en liquidation judiciaire, estimant tout redressement impossible. Le ministère public a conclu dans le même sens. Le tribunal a prononcé l’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée, après avoir constaté l’état de cessation des paiements et l’absence de perspectives de redressement.

Le constat de la cessation des paiements

Les conditions légales de l’ouverture

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Il relève que cette situation est établie par la déclaration du débiteur et les pièces justificatives déposées. « Attendu qu’il est évident que l’entreprise ne peut faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible » (Motifs). Ce constat objectif, vérifié par le juge, constitue le fondement nécessaire de toute procédure collective.

La portée de l’appréciation souveraine

L’appréciation de la cessation des paiements relève du pouvoir souverain des juges du fond. Ils vérifient la réalité du déséquilibre entre l’actif disponible et le passif exigible. « Que ses dires sont corroborés par les pièces déposées à l’appui de la déclaration de cessation des paiements » (Motifs). Cette analyse concrète des éléments de trésorerie est décisive pour qualifier la situation juridique.

Le prononcé de la liquidation simplifiée

Les critères d’application du régime simplifié

Le tribunal retient le régime de la liquidation simplifiée en application de critères légaux précisément énumérés. La société ne possède pas de bien immobilier et son chiffre d’affaires est inférieur à un seuil déterminé. « Que le nombre de ses salariés au cours des six derniers mois précédents l’ouverture est de maximum cinq » (Motifs). Ces conditions cumulatives permettent une procédure allégée, adaptée à la modestie des entreprises concernées.

Les conséquences de la qualification retenue

Le choix de ce régime entraîne des modalités spécifiques de conduite de la liquidation, notamment des délais raccourcis. Il implique une gestion plus rapide et moins coûteuse de la faillite. « FIXE le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée à 6 mois du présent jugement » (Dispositif). Cette célérité vise à clore rapidement une situation sans issue pour l’activité économique.

La décision illustre le contrôle rigoureux du juge sur les conditions d’ouverture d’une procédure collective. Elle rappelle que la cessation des paiements doit être établie par des éléments probants. Le recours au régime simplifié est strictement encadré par des critères légaux objectifs. Cette approche garantit une adaptation de la procédure à la taille et à la complexité de l’entreprise défaillante.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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