Tribunal de commerce de Pau, le 7 novembre 2025, n°2025003056

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 7 novembre 2025, examine une requête en prolongation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur sollicite une prorogation, invoquant la tenue prochaine d’une vente aux enchères et une instance en cours. Le tribunal fait droit à cette demande et prolonge la procédure pour six mois, conformément à l’article L. 643-9 du code de commerce.

Le cadre légal de la prorogation du délai de clôture

Le tribunal fonde sa décision sur le pouvoir discrétionnaire que lui confère la loi. Le texte applicable prévoit expressément la possibilité d’une prolongation motivée. « Selon l’article L643-9 du code de commerce, dans sa version issue de la loi du 26 juillet 2005, applicable au présent litige,compte tenu de la date d’ouverture de la procédure, ‘ dans le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée. Si la clôture ne peut être prononcée au terme de ce délai, le tribunal peut proroger le terme par une décision motivée. » (Cour d’appel de Toulouse, le 18 février 2025, n°24/00690) Cette disposition confère au juge une appréciation souveraine des circonstances justifiant un report.

La motivation requise constitue le fondement essentiel de l’exercice de ce pouvoir. Le tribunal ne se contente pas d’énoncer l’impossibilité de clôturer les opérations. Il relève spécifiquement deux éléments concrets avancés par le liquidateur. Ces justifications objectives, une vente à venir et un litige en cours, satisfont à l’exigence légale de motivation. Cette approche garantit que la prorogation n’est pas automatique mais répond à des nécessités avérées.

Les conditions pratiques justifiant le report des opérations

La décision met en lumière les obstacles matériels à une clôture rapide. Le liquidateur fait état d’une vente aux enchères non encore réalisée, laquelle est souvent cruciale pour l’actif. Par ailleurs, une instance judiciaire pendante crée une incertitude sur les droits et obligations. Ces deux motifs démontrent que la liquidation n’est pas achevée et nécessite un complément d’instruction.

Le tribunal valide ainsi une gestion diligente et anticipatrice de la procédure. En accordant six mois supplémentaires, il offre un cadre temporel réaliste pour finaliser les actes essentiels. Cette durée, cohérente avec les pratiques, contraste avec les délais plus stricts des procédures simplifiées. « L’article L.644-5 du code de commerce prévoit que le tribunal prononce la clôture de la liquidation judiciaire au plus tard dans le délai de six mois à compter de la décision ayant ordonné ou décidé l’application de la procédure simplifiée » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701) Le présent jugement adapte donc le calendrier aux complexités d’une liquidation ordinaire.

Cette décision illustre la souplesse nécessaire à la bonne administration des liquidations complexes. Elle rappelle que le juge doit concilier célérité et efficacité, en contrôlant strictement les motifs de prolongation. La motivation précise constitue la clef de voûte de ce pouvoir, évitant les reports indéfinis tout en permettant l’achèvement des opérations indispensables.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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