Tribunal de commerce, le 21 novembre 2025, n°2025002067

Le tribunal de commerce, statuant par jugement réputé contradictoire, a été saisi d’une demande de paiement dirigée contre une caution. L’établissement de crédit demandait l’exécution de deux engagements de garantie souscrits par la caution au profit d’une société débitrice. La juridiction a confirmé le principe de l’obligation de la caution et a déterminé le montant exigible. Elle a condamné la caution au paiement des sommes dues, majorées d’intérêts, ainsi qu’à des frais de procédure.

Le principe de l’engagement de la caution et son exécution

La reconnaissance du lien d’obligation cautionnée. Le tribunal fonde sa décision sur les articles 1103 et 2288 du code civil, consacrant le principe de la force obligatoire des conventions et le contrat de cautionnement. Il constate que la société débitrice a fait défaut de paiement pour les deux prêts concernés. La régularité de la procédure de recouvrement préalable à l’encontre de la caution est également établie par la juridiction. Ce point confirme que les conditions de mise en œuvre de la garantie ont été respectées par le créancier.

La portée de cette analyse est de rappeler la stricte application du droit commun des obligations. Le créancier doit démontrer l’existence de l’engagement et le défaut du débiteur principal. La solution souligne que la caution ne peut contester son obligation que pour des causes qui lui sont propres. Elle réaffirme la nécessité pour le créancier de respecter les formalités de mise en demeure avant d’actionner la garantie. Cette approche sécurise les relations de crédit en assurant l’efficacité du cautionnement.

La détermination du montant de la dette cautionnée

La limitation de l’engagement à la somme contractuellement convenue. Le tribunal rappelle que la caution s’est engagée à hauteur de sommes plafonnées pour chaque prêt. Pour le prêt professionnel, l’engagement était limité à vingt mille euros alors que la créance dépassait ce montant. Pour le crédit de trésorerie, la limite de dix mille euros est inférieure au solde réclamé au débiteur principal. La juridiction retient donc que la dette de la caution est circonscrite à ces plafonds contractuels, conformément à la volonté des parties.

La valeur de cette solution réside dans la protection de la caution contre une extension non voulue de son engagement. « L’engagement de caution de M. [Z] a été limité à 52.000 euros incluant le principal, les intérêts, les commissions, frais et accessoires de sorte que la réclamation de la banque ne saurait excéder cette somme » (Cour d’appel de Dijon, le 13 mars 2025, n°22/00559). Le tribunal applique strictement le principe de l’effet relatif des conventions au contrat de cautionnement. Il écarte ainsi toute revendication du créancier au-delà du plafond souscrit, protégeant la caution d’une obligation illimitée. Cette interprétation restrictive favorise la sécurité juridique des engagements accessoires.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture