Tribunal de commerce de Nancy, le 9 décembre 2025, n°2023009682

Le tribunal des activités économiques de Nancy, le 9 décembre 2025, statue sur une requête en prorogation du délai de clôture d’une liquidation judiciaire. Le liquidateur judiciaire sollicite cette mesure en raison de la complexité des opérations en cours. Le tribunal, après audition, fait droit à cette demande et reporte l’examen de la clôture. Il retient ainsi le pouvoir discrétionnaire du juge pour adapter les délais procéduraux aux nécessités de la liquidation.

Le cadre légal de la prorogation

La décision s’appuie sur une base légale précise et impérative. Le tribunal fonde expressément son pouvoir sur les dispositions de l’article L.643-9 du code de commerce. Ce texte organise le déroulement temporel des procédures de liquidation judiciaire. Il fixe le délai initial au terme duquel la clôture doit être examinée. La loi prévoit également la possibilité d’une extension de ce délai par le juge. Cette faculté est subordonnée à une motivation spécifique de la décision de proroger. Le tribunal utilise ici ce pouvoir pour répondre aux impératifs concrets de la procédure.

La motivation découle directement des explications fournies par le liquidateur. Le tribunal relève « qu’il ressort des explications entendues, qu’il y a lieu de faire droit à la requête ». Cette formule atteste que le juge a exercé un contrôle sur le bien-fondé de la demande. La prorogation n’est donc pas automatique mais justifiée par les circonstances. Elle illustre la souplesse procédurale permise par le code de commerce. Le juge adapte ainsi le cadre légal aux nécessités de la liquidation effective des actifs.

Les implications procédurales de la décision

La décision produit des effets immédiats sur le calendrier de la procédure collective. Le tribunal « PROROGE le délai pour la clôture » et « RENVOIE l’affaire au 07/12/2027 ». Il fixe ainsi une nouvelle date certaine pour l’examen ultérieur de la clôture. Cette précision est essentielle pour la sécurité juridique de l’ensemble des parties concernées. Elle organise une étape procédurale claire et prévisible pour la suite des opérations. Le liquidateur dispose dès lors d’un cadre temporel sécurisé pour achever sa mission.

La portée de la décision renforce la jurisprudence établie sur le sujet. Comme l’a précisé la Cour d’appel de Toulouse, « Si la clôture ne peut être prononcée au terme de ce délai, le tribunal peut proroger le terme par une décision motivée » (Cour d’appel de Toulouse, le 18 février 2025, n°24/00690). Le jugement commenté s’inscrit parfaitement dans cette ligne. Il confirme que la prorogation est une mesure d’administration judiciaire courante. Elle vise à garantir l’efficacité et la complétude des opérations de liquidation. La décision assure ainsi l’équilibre entre célérité procédurale et bonne fin de la mission du liquidateur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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