Tribunal de commerce de Angers, le 5 novembre 2025, n°2025010892

Le Tribunal de commerce d’Angers, statuant le 5 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, en cessation des paiements, ne disposait d’aucun actif pour faire face à son passif. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de redressement après audition de son représentant. Il déclare sa compétence au regard de l’activité commerciale de la société et applique le régime simplifié.

La compétence matérielle et territoriale du tribunal

La détermination de la juridiction compétente. Le tribunal fonde sa compétence sur l’article L. 621-2 du Code de commerce. La société exerçait une activité commerciale et était inscrite au registre du commerce. Cette qualification justifie la saisine de la juridiction consulaire pour une procédure collective. La compétence matérielle est ainsi établie par la nature de l’activité du débiteur.

L’absence de débat sur le siège social. Le tribunal ne discute pas la compétence territoriale, le siège social étant situé dans son ressort. Cette approche est conforme à la règle de principe. « le tribunal territorialement compétent pour connaître des procédures […] est celui dans le ressort duquel le débiteur, personne morale, a son siège » (Cour d’appel de appel de Paris, le 16 janvier 2025, n°24/11429). La décision applique strictement ce critère sans nécessiter de développement supplémentaire.

Les conditions d’ouverture de la liquidation simplifiée

Le constat de la cessation des paiements. L’état de cessation des paiements est retenu face à un passif exigible non couvert. Le tribunal relève l’absence d’actif disponible et l’impossibilité d’honorer les engagements. La date de cessation est fixée rétroactivement, confirmant la situation d’insolvabilité. Ce constat est une condition légale indispensable à l’ouverture de toute procédure collective.

Le cumul des critères pour le régime simplifié. La décision vérifie méticuleusement les conditions de l’article L. 641-2. L’actif ne comprend pas de bien immobilier et le chiffre d’affaires est inférieur au seuil légal. L’absence de salarié dans les six derniers mois permet aussi de remplir les critères. Le prononcé de la liquidation judiciaire simplifiée obligatoire en découle naturellement et automatiquement.

La portée pratique de la décision

Une application rigoureuse des seuils procéduraux. Ce jugement illustre l’importance du contrôle des conditions d’accès au régime simplifié. Il garantit une procédure accélérée et allégée pour les très petites entreprises. La fixation de délais stricts pour le liquidateur en découle directement. Cette célérité vise à optimiser la réalisation de l’actif et le traitement des créances.

Une sécurité juridique par le respect des textes. La décision se caractérise par une application littérale et cumulative des articles du code. Elle évite toute interprétation extensive des conditions légales. Le tribunal sécurise ainsi le prononcé de la liquidation et les suites de la procédure. Cette rigueur limite les risques de contestation ultérieure sur la régularité de l’ouverture.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture