Tribunal de commerce de Vannes, le 5 novembre 2025, n°2025003624

Le Tribunal de commerce de Vannes, le 5 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’un entrepreneur individuel. Celui-ci a déclaré la cessation de ses paiements et l’arrêt de son activité. Le tribunal constate l’impossibilité de redressement et ouvre directement la procédure. Il prononce la confusion des patrimoines professionnel et personnel du débiteur et fixe la date de cessation des paiements.

La confusion des patrimoines en cas de cessation d’activité

Le jugement opère la réunion des deux masses patrimoniales de l’entrepreneur. Cette décision s’appuie sur une disposition légale précise invoquée par le tribunal. Le texte applicable prévoit ce mécanisme lors de la fin de l’activité indépendante.

Le fondement légal de la confusion
Le tribunal justifie sa décision par une application stricte du code de commerce. Il se réfère expressément à l’alinéa concerné de l’article L.526-22. « Monsieur [U] [E] [K] ayant cessé son activité » (Motifs). Cette circonstance factuelle déclenche l’application de la règle. La confusion est ainsi prononcée « de plein droit » selon les termes du jugement.

La portée d’une application de plein droit
Cette décision illustre le caractère automatique de la confusion en cas de cessation. Le tribunal n’exerce aucun pouvoir d’appréciation sur ce point. La jurisprudence des cours d’appel confirme cette interprétation stricte. « Dans le cas où un entrepreneur individuel cesse toute activité professionnelle indépendante, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont réunis » (Cour d’appel de appel de Grenoble, le 6 février 2025, n°24/03126). La solution est identique à Dijon. « Il précise en son alinéa 8 que ‘dans le cas où un entrepreneur individuel cesse toute activité professionnelle indépendante, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont réunis » (Cour d’appel de appel de Dijon, le 6 mars 2025, n°24/01342). Le jugement s’inscrit dans cette ligne.

Le choix de la procédure de liquidation ordinaire

Face à la situation du débiteur, le tribunal écarte la liquidation simplifiée. Il opte pour le régime de droit commun de la liquidation judiciaire. Cette orientation influence directement la durée et le cadre de la procédure.

L’écartement de la liquidation simplifiée
Le tribunal motive son choix par l’absence d’éléments vérifiables. Il constate un défaut dans le dossier pour appliquer le régime allégé. « Le Tribunal ne dispose pas en l’espèce des éléments lui permettant de vérifier que les conditions d’application de la liquidation judiciaire simplifiée sont réunies » (Motifs). Cette formulation révèle une charge probatoire incombant vraisemblablement au requérant. Le juge ne peut présumer la réunion des conditions de la procédure simplifiée.

Les conséquences sur le déroulement de la procédure
Le choix de la liquidation ordinaire entraîne un formalisme accru. Le jugement désigne un liquidateur et un commissaire de justice. Il fixe un délai pour l’établissement de la liste des créances. Surtout, il prévoit un examen de la clôture dans un délai de trois ans. « Le Tribunal de céans examinera la clôture de la présente procédure dans un délai de trois ans » (Dispositif). Ce cadre temporel contraste avec la célérité recherchée par la procédure simplifiée. Il traduit une complexité anticipée du dossier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture