Tribunal judiciaire de Lille, le 11 juin 2025, n°2025F01611

Le tribunal judiciaire de Lille, statuant le 11 juin 2025, ouvre une liquidation judiciaire. Il constate l’état de cessation des paiements de la société et l’impossibilité manifeste de son redressement. La décision applique l’article L. 640-1 du code de commerce et fixe provisoirement la date de cessation des paiements. Elle organise les premières mesures de la procédure et désigne les mandataires de justice.

La caractérisation de la cessation des paiements

L’appréciation souveraine de l’état de cessation. Le tribunal fonde sa décision sur les informations recueillies en chambre du conseil et les pièces produites. Il retient que la société est dans l’incapacité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette appréciation est effectuée à la date à laquelle le juge statue, conformément à la jurisprudence constante. « En tout état de cause, il appartient à la cour d’apprécier l’état de cessation des paiements à la date à laquelle elle statue » (Cour d’appel de appel de Toulouse, le 18 mars 2025, n°24/02016). Le juge dispose d’un pouvoir souverain pour qualifier la situation à partir des éléments qui lui sont soumis.

L’exigence d’un passif certain et exigible. La cessation des paiements suppose un passif certain dans son principe et son montant. Une créance contestée ou incertaine ne peut fonder cet état. La décision commentée ne détaille pas la nature des dettes mais les constate. La jurisprudence rappelle ce principe essentiel. « La cour constate au vu des éléments produits en cause d’appel, qu’à la date à laquelle le tribunal a statué, la créance […] était contestée et n’était pas certaine » (Cour d’appel de appel de Toulouse, le 18 mars 2025, n°24/02016). L’existence d’un actif disponible suffisant pour y faire face doit également être écartée.

Les conséquences de l’ouverture de la liquidation

Le prononcé de la liquidation et ses modalités. Le tribunal ouvre la liquidation judiciaire en raison de l’impossibilité manifeste de redressement. Il désigne immédiatement un juge commissaire et un liquidateur judiciaire. Le jugement organise les premières diligences impératives comme l’établissement d’un rapport et la réunion du personnel. Il prévoit aussi le cadre temporel de la procédure avec un délai maximal de trente-six mois. Cette organisation rapide vise à préserver les intérêts des créanciers et à encadrer strictement la fin de l’activité.

Les obligations du débiteur et la perspective simplifiée. Le débiteur est soumis à de lourdes obligations de coopération et de communication sous peine de sanctions. Il doit remettre sans délai la liste de ses créanciers et de ses contrats. Par ailleurs, le tribunal envisage déjà une possible procédure simplifiée. Le liquidateur devra établir un rapport dans le mois pour en apprécier l’opportunité. Cette perspective peut permettre une clôture plus rapide si l’état du patrimoine le justifie, conformément à l’article L. 641-2 du code de commerce.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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