Arrêt de la Cour de cassation
Numéro 1/61
Rendu le 11 avril 2023
Dans le dossier immobilier numéro 2021/1/1/2368
Demande d'immatriculation – Opposition de l'administration des Habous et des Affaires islamiques – Son effet.
En vertu de l'article 334 du Code de procédure civile et de l'article 43 de la loi sur l'immatriculation immobilière, si le jugement de l'affaire dépend de la production d'une preuve déterminée à laquelle les parties ont fait référence dans leurs arguments et mémoires, il incombe au tribunal de les inviter à la produire, et il ressort des pièces du dossier que la copie certifiée conforme de l'acte de habous a indiqué que le constituant du habous était propriétaire du bien habousé en vertu d'un titre de propriété, ce qui aurait dû obliger le tribunal à inviter la partie opposante à produire ledit titre, et en ne l'ayant pas fait, sa décision est entachée d'une violation des dispositions légales susmentionnées, ce qui l'expose à la cassation.
Royaume du Maroc
Conseil supérieur du pouvoir judiciaire
Au nom de Sa Majesté le Roi et conformément à la loi
Cassation et renvoi
Sur la base du mémoire de pourvoi en cassation déposé le 01/03/2021 par le requérant par l'intermédiaire de son mandataire susnommé et visant à casser l'arrêt numéro 4615 rendu par la Cour d'appel de Marrakech le 11/10/2018 dans le dossier numéro 17/1403/4308.
Et sur la base de l'ordonnance de notification d'une copie du mémoire à l'intimé et de l'absence de réponse.
Et sur la base des autres pièces versées au dossier.
Et sur la base de l'ordonnance de désistement et de notification rendue le 06/03/2021.
Et sur la base de l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le 11 avril 2023.
Et sur la base de l'appel des parties et de leurs mandataires et de leur absence.
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Et après lecture du rapport par le conseiller rapporteur Monsieur Mohamed Israje et présentation par l'avocat général Monsieur Rachid Seddouk des conclusions du ministère public visant à la cassation de l'arrêt.
Et après délibéré conformément à la loi
Attendu qu'il ressort des pièces du dossier qu'en vertu d'une demande d'immatriculation enregistrée à la Conservation foncière de Sidi Youssef Ben Ali à Marrakech le 17/08/2001 sous le numéro 04/39634, le sieur Al Alaoui (B) Moulay Idriss Ben Mohamed et consorts ont demandé l'immatriculation du bien dénommé "Nouala Jadida" sis à la ville de Marrakech et dont la superficie est fixée à deux ares et 92 centiares, en leur qualité de propriétaires selon l'acte de continuation daté du 24/11/1998, l'acte de succession daté du 10/11/1998 et l'acte de rectification de superficie daté du 07/08/2001.
Et qu'en vertu d'une demande modificative enregistrée le 06/09/2001, la procédure d'immatriculation a été poursuivie au nom de l'étrangère Madame (K.M) après son achat dudit bien aux demandeurs d'immatriculation initiaux.
Deux oppositions ont été enregistrées sur ladite demande : la première opposition déposée le 01/11/2001 (carnet 30 numéro 484) émise par le nâzir des Habous et des Affaires islamiques de Marrakech revendiquant la totalité dudit bien comme étant un bien habous successoral, et la seconde opposition partielle déposée le 11/10/2010 (carnet 7 numéro 309) émise par le nâzir des Habous et des Affaires islamiques de Marrakech, revendiquant une parcelle dudit bien d'une superficie de 56 (unités), portant le repère numéro 2 sur le plan, comme revenant à la Zaouia Bouazzaouia.
Royaume du Maroc
Conseil supérieur du pouvoir judiciaire
Et après transmission du dossier de la demande au Tribunal de première instance de Marrakech et présentation par l'opposante d'un mémoire exposant les motifs de son opposition et présentation de la réponse et des répliques, le tribunal a rendu son jugement le 10/06/2013, numéro 37 dans le dossier 2011/1403/29, par lequel il a jugé les deux oppositions irrecevables ; le ministre des Habous et des Affaires islamiques a interjeté appel et la Cour d'appel l'a confirmé par son arrêt attaqué en cassation par le pourvoyeur ci-dessus pour le moyen unique de défaut de base légale et vice de motivation : en ce que l'acte de habous invoqué à l'appui de son opposition est une preuve du caractère habous du bien qui y est inscrit et c'est un acte authentique qui ne peut être contesté que par l'inscription de faux et qu'il est fondé sur un titre de propriété. De même, on ne peut considérer l'acte de habous comme détaché de la propriété du constituant du habous sur l'immeuble revendiqué et il n'a aucune valeur dans une action en revendication car le habous peut être prouvé par tous les moyens de preuve selon les dispositions de l'article 48 du Code des Habous.
Attendu que le grief du pourvoyeur à l'encontre de l'arrêt attaqué est fondé, en ce qu'il a motivé sa décision en disant : ((Il est constant en jurisprudence que le habous ne peut être établi qu'après preuve de la propriété du constituant sur la chose habousée, et que l'acte de habous numéroté 393 invoqué à l'appui de l'opposition indique seulement que le constituant est propriétaire du bien objet du habous par le titre de propriété daté du 19 Rabi I de l'année 24 sans en préciser les références d'enregistrement et sans le produire pour l'évaluer
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de la part du juge et leur adoption ou rejet à la lumière de ce qui y est établi, et que le défaut de production
rend l'acte de saisie dénué de toute preuve de propriété du saisissant sur l'immeuble revendiqué et sans valeur juridique dans l'instance
en revendication )) alors qu'aux termes de l'article 334 du Code de procédure civile et de l'article 43 du
Code de la conservation foncière, si le jugement de l'affaire dépend de la production d'un titre déterminé auquel
les parties ont fait référence dans leurs conclusions et mémoires, cela oblige le tribunal à les inviter à le produire,
et qu'il ressort des pièces du dossier que la copie certifiée de l'acte de saisie indiquait que l'origine de la propriété
saisie était détenue par le saisissant en vertu d'un titre de propriété daté du 19 Rabia I de l'année 24 de l'Hégire, ce qui aurait dû obliger
le tribunal à inviter la partie opposante à produire ledit titre, et comme elle ne l'a pas fait, sa décision
est entachée d'une violation des dispositions légales susmentionnées, ce qui l'expose à la cassation.
La Cour
Attendu que le bon déroulement de la justice et l'intérêt des deux parties commandent de renvoyer l'affaire devant la même
Pour ces motifs
La Cour de cassation a cassé la décision attaquée, et a renvoyé l'affaire et les deux parties devant la même
Cour pour statuer conformément à la loi et a condamné l'intimé aux dépens.
Elle l'a signée.
Elle a également ordonné la transcription de la présente décision sur les registres de la juridiction qui l'a rendue, à la suite du jugement attaqué ou
C'est ainsi que la décision a été rendue et prononcée à l'audience publique tenue à la date
audience publique tenue à la date susmentionnée dans la salle d'audience
ordinaire de la Cour de cassation à Rabat. La formation de jugement était composée du Président de la Chambre, Monsieur Hassan
Mansif, Président, et des Conseillers, Messieurs Mohamed Israje, Rapporteur, Mohamed Chafi, Abdelwahab Aflani
et Samir Redwane, Membres, en présence du Procureur général, Monsieur Rachid Sadouk, et avec l'assistance de la Greffière
Madame Ibtissam Zougari.
قرار محكمة النقض رقم 1/61 الصادر بتاريخ 11 ابريل 2023 في الملف العقاري رقم 2021/1/1/2368 مطلب تحفيظ – تعرض نظارة الأوقاف والشؤون الإسلامية – أثره. – بمقتضى الفصل 334 من قانون المسطرة المدنية والفصل 43 من قانون التحفيظ العقاري فانه إذا كان البت في الدعوى يتوقف على الإدلاء بحجة معينة أشار إليها الأطراف في حججهم ومذكراتهم فان ذلك يستوجب من المحكمة إشعارهم بالإدلاء بها، وانه يستفاد من مستندات الملف أن نسخة رسم التحبيس المعتمدة أشارت إلى أن أصل الملك المحبس تملكه المحبس بمقتضى رسم الملكية، مما كان يستوجب على المحكمة إشعار الطرف المتعرض بالإدلاء بالرسم المذكور، وهي لما لم تفعل ذلك جاء قرارها خارقا للمقتضيات القانونية المذكورة، مما عرضه للنقض. المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية باسم جلالة الملك وطبقا للقانون نقض وإحالة بناء على مقال الطعن بالنقض المرفوع بتاريخ 2021/03/01 من طرف الطالب بواسطة نائبه المذكور والرامي إلى نقض القرار رقم 4615 الصادر عن محكمة الاستئناف بمراكش بتاريخ 2018/10/11 في الملف عدد 17/1403/4308. وبناء على الأمر بتبليغ نسخة من المقال إلى المطلوب وعدم الجواب. وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف. وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في 2021/03/06. وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 11 ابريل 2023. وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.
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وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد اسراج وتقديم المحامي العام السيد رشید صدوق مستنتجات النيابة العامة الرامية إلى نقض القرار. وبعد المداولة طبقا للقانون حيث يستفاد من مستندات الملف انه بمقتضى مطلب تحفيظ قيد بالمحافظة العقارية بسيدي يوسف بن علي بمراكش بتاريخ 2001/8/17 تحت عدد 04/39634 طلب العلوي (ب) مولاي ادريس بن محمد ومن معه تحفيظ الملك المسمى "نوالة جديدة " الكائن بمدينة مراكش والمحددة مساحته في آرين اثنين و 92 سنتيارا ، بصفتهم مالكين له حسب رسم الاستمرار المؤرخ في 1998/11/24 ، ورسم الإراثة المؤرخ في 1998/11/10 ورسم تصحيح المساحة المؤرخ في 2001/8/7. وأنه بمقتضى مطلب إصلاحي سجل بتاريخ 2001/9/6 أصبحت مسطرة التحفيظ تتابع في اسم الأجنبية السيدة (ك .م) بعد شرائها من طلاب التحفيظ الأصليين الملك المذكور. فسجل على المطلب المذكور تعرضان: الأول التعرض المودع بتاريخ 2001/11/1 (كناش 30 عدد (484 الصادر عن ناظر الأوقاف والشؤون الإسلامية بمراكش مطالبا بكافة الملك المذكور لكونه ملكا حبسيا معقباء والثاني التعرض الجزئي المودع بتاريخ 2010/10/11 (كناش 7 عدد 309) الصادر عن ناظر الأوقاف والشؤون الإسلامية بمراكش، مطالبا بقطعة من الملوك المذكور مساحتها 56 ذات المعلم رقم 2 من التصميم لكونها راجعة إلى الزاوية البوعزاوية. المملكة المغربية المجلس الأعلى للسلطة القضائية وبعد إحالة ملف المطلب على المحكمة الابتدائية بمراكش وتقديم المتعرضة لمذكرة بيان رسم أوجه تعرضها وتقديم الجواب والردود، أصدرت المحكمة بتاريخ 2013/6/10 حكمها 37 في الملف 2011/1403/29 قضت فيه بعدم صحة التعرضين معا استأنفه وزير الأوقاف والشؤون الإسلامية وأيدته محكمة الاستئناف وذلك بمقتضى قرارها المطعون فيه بالنقض من الطاعن أعلاه في السبب الوحيد بعدم الارتكاز على أساس قانوني وفساد التعليل: ذلك أن التحبيس المعزز لتعرضه هو حجة على حبسية الملك المدرج به وهو وثيقة رسمية لا يمكن الطعن فيه إلا بالزور و انه مؤسس على رسم التملك. كما أنه لا يمكن اعتبار رسم التحبيس مجردا عن تملك المحبس للعقار المدعى فيه ولا قيمة له في دعوى الاستحقاق لكون الحبس يمكن إثباته بجميع وسائل الإثبات حسب مقتضيات المادة 48 من مدونة الأوقاف. الحبس حيث صح ما عابه الطاعن على القرار المطعون فيه ذلك انه علل قضاءه بان: (( الثابت قضاء أن الحبس لا يثبت إلا بعد ثبوت المحبس للشيء المحبس به، وان رسم المضمن بعدد 393 المعزز للتعرض أشير فيه فقط إلى إن المحبس يملك العقار موضوع التحبيس بالملكية المؤرخة 19 ربيع الأول عام 24 دون بيان مراجعها التوثيقية ودون الإدلاء بها لتقيمها
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من طرف القضاء والأخذ بها أو ردها على ضوء ما جاء ما هو مقرر فيها وان عدم الإدلاء بها يجعل رسم التحبيس مجردا عن تملك المحبس للعقار المدعى فيه ولا قيمة قانونية لها في دعوى الاستحقاق )) في حين انه بمقتضى الفصل 334 من قانون المسطرة المدنية والفصل 43 من قانون التحفيظ العقاري فانه إذا كان البت في الدعوى يتوقف على الإدلاء بحجة معينة أشار إليها الأطراف في حججهم ومذكراتهم فان ذلك يستوجب من المحكمة إشعارهم بالإدلاء بها، وانه يستفاد من مستندات الملف أن نسخة رسم التحبيس المعتمدة أشارت إلى أن أصل الملك المحبس تملكه المحبس بمقتضى رسم الملكية المؤرخ في 19 ربيع الأول عام 24 هـ، مما كان يستوجب على المحكمة إشعار الطرف المتعرض بالإدلاء بالرسم المذكور، ولما لم تفعل ذلك جاء قرارها خارقا للمقتضيات القانونية المذكورة، مما عرضه للنقض. المحكمة وحيث إن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة القضية على نفس لهذه الأسباب قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه، وإحالة القضية وطرفيها على نفس المحكمة للبت فيها طبقا للقانون وعلى المطلوب المصاريف. بطرته. كما قررت إثبات قرارها هذا بسجلات مة المصدرة له، إثر الحكم المطعون فيه أو وبهذا صدر القرار وتلي بالجلسة العلنية المنعقدة بالتار مة العلنية المنعقدة بالتاريخ المذكور أعلاه بقاعة الجلسات العادية بمحكمة النقض بالرباط. وكانت الهيئة الالحاكمة متركبة من رئيس الغرفة السيد حسن منصف رئيسا والمستشارين السادة محمد اسراج مقررا ومحمد شافي وعبد الوهاب عافلاني وسمير رضوان أعضاء وبمحضر المحامي العام السيد رشيد صدوق وبمساعدة كاتبة الضبط السيدة ابتسام الزواغي.
Source : Portail officiel de la jurisprudence — CSPJ