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Taxe logement vacant 2027 : nouvelle TVLH, déclaration 2026 et recours du propriétaire

La taxe sur les logements vacants revient au premier plan en 2026. Deux calendriers se superposent : la déclaration d’occupation des biens immobiliers à régulariser avant le 1er juillet 2026 en cas de changement, et la création de la taxe sur la vacance des locaux d’habitation, appelée TVLH, qui doit remplacer les anciens mécanismes à compter des impositions 2027.

Pour un propriétaire, le sujet n’est donc plus seulement fiscal. Il devient probatoire. Il faut être capable d’expliquer pourquoi le logement est vide, depuis quand il l’est, s’il est réellement vacant au sens fiscal, et quelles démarches ont été faites pour le louer, le vendre ou le rendre habitable.

L’erreur à éviter consiste à attendre l’avis d’imposition. À ce stade, la discussion est plus difficile : il faut déposer une réclamation, réunir les pièces et corriger une situation déjà déclarée ou présumée. En 2026, le bon réflexe est d’auditer le bien maintenant, surtout à Paris et en Île-de-France où la tension locative rend le contrôle plus sensible.

Ce qui change avec la TVLH en 2027

Jusqu’à présent, deux dispositifs coexistaient. La taxe annuelle sur les logements vacants s’applique dans les zones tendues. La taxe d’habitation sur les logements vacants peut s’appliquer dans d’autres communes lorsqu’une délibération locale l’a instituée.

La loi de finances pour 2026 a prévu une taxe unique : la taxe sur la vacance des locaux d’habitation. Elle est destinée à remplacer la TLV et la THLV à compter des impositions établies au titre de 2027. Le mécanisme reprend la logique des anciens textes : un logement vide, non meublé, disponible juridiquement et matériellement, peut être taxé lorsque sa vacance dure assez longtemps.

En zone tendue, l’enjeu est immédiat. Un logement vacant depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition peut entrer dans le champ de la taxe. En pratique, un logement inoccupé pendant l’année 2026 peut donc devenir un sujet fiscal en 2027 si le propriétaire ne peut pas établir une occupation suffisante, une mise en location réelle, une vente sérieuse ou une vacance indépendante de sa volonté.

Le taux légal de référence reste lourd : 17 % de la valeur locative la première année d’imposition, puis 34 % les années suivantes. La réforme renforce aussi l’intérêt des communes pour cette fiscalité, puisque la TVLH est conçue comme un outil local contre la vacance durable.

Quand un logement est vraiment vacant

Un logement vacant n’est pas simplement un logement où personne ne dort ce mois-ci. Le droit fiscal vise un logement à usage d’habitation, non meublé, inoccupé, qui pourrait normalement être occupé.

Trois situations doivent être distinguées.

La résidence secondaire meublée n’est pas un logement vacant. Elle peut relever de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, mais ce n’est pas la même logique.

Le logement vide parce qu’il est en travaux peut sortir du champ si les travaux sont réellement nécessaires pour le rendre habitable. Il faut alors conserver les devis, factures, diagnostics, photographies datées, échanges avec les entreprises et, si possible, tout élément montrant que le logement ne pouvait pas être occupé normalement.

Le logement mis en vente ou en location mais sans candidat peut aussi être défendu. Encore faut-il prouver que le prix demandé était cohérent avec le marché et que les démarches étaient sérieuses : mandats d’agence, annonces, baisses de prix, visites, refus de financement, courriels de candidats, diagnostics remis.

La règle des 90 jours consécutifs compte également. Un logement occupé plus de 90 jours de suite au cours de la période de référence n’est pas traité comme vacant. Des occupations trop brèves, dispersées ou mal documentées sont plus fragiles.

Déclaration d’occupation 2026 : le point de départ du risque

La déclaration d’occupation des biens immobiliers sur le service Gérer mes biens immobiliers sert à identifier les locaux occupés, loués, vacants ou affectés à une résidence secondaire. En 2026, elle doit être actualisée lorsqu’un changement est intervenu ou lorsqu’aucune déclaration correcte n’a été faite.

C’est souvent là que naît le contentieux. Un logement vendu, hérité, sorti d’une location, laissé vide entre deux baux ou détenu par une SCI peut rester mal qualifié dans l’espace fiscal. L’administration peut ensuite en déduire que le local est vacant, alors que la situation réelle est plus nuancée.

Le propriétaire doit donc vérifier quatre points avant le 1er juillet 2026 :

  • l’identité du propriétaire ou de l’usufruitier ;
  • l’occupation au 1er janvier 2026 ;
  • la nature du bien : résidence principale, location, résidence secondaire, local vide ;
  • la cohérence entre la déclaration, les baux, les diagnostics, les factures d’énergie et la taxe d’habitation éventuelle.

En indivision ou en SCI, il faut éviter les réponses approximatives. La personne qui remplit la déclaration doit s’assurer que les associés, indivisaires ou héritiers disposent des mêmes éléments. Une erreur de qualification peut produire un avis fiscal puis une réclamation à gérer dans l’urgence.

Comment contester une taxe logement vacant

La contestation se prépare comme un dossier de preuve. Il ne suffit pas d’écrire que le logement n’était pas vacant ou que la taxe est injuste.

La première étape consiste à identifier le motif exact de contestation. Le logement était-il occupé ? Était-il meublé comme résidence secondaire ? Était-il impossible à occuper ? Était-il proposé à la location ou à la vente dans des conditions normales ? L’administration s’est-elle trompée de propriétaire, d’adresse, de période ou de local ?

La deuxième étape consiste à réunir les pièces. Pour une occupation, il faut produire le bail, l’attestation d’assurance habitation, les factures d’énergie, les quittances, les échanges avec le locataire ou l’état des lieux. Pour une vente, il faut produire le mandat, les annonces, les comptes rendus de visite, les offres reçues ou les refus de prêt. Pour des travaux, il faut produire les devis, factures, autorisations, photographies et courriers d’entreprise.

La troisième étape consiste à déposer une réclamation auprès du service des impôts, en général depuis la messagerie sécurisée de l’espace particulier ou professionnel. Il faut viser l’impôt contesté, l’année, le local, le montant et la raison juridique de la contestation.

Si la réclamation est rejetée, la suite relève du contentieux fiscal devant le juge administratif. À ce stade, la qualité du dossier initial compte beaucoup : une réclamation courte, factuelle et accompagnée des bonnes pièces évite souvent d’avoir à prolonger le litige.

Paris et Île-de-France : pourquoi le risque est plus élevé

Paris et de nombreuses communes d’Île-de-France sont dans une zone de forte tension immobilière. Les loyers, les prix de vente, le nombre de demandes de logement et la rareté du parc disponible rendent les logements vacants politiquement et fiscalement sensibles.

Le propriétaire parisien doit donc raisonner en amont. Un studio vide après le départ d’un locataire, un appartement en succession, un bien détenu par une SCI familiale, un logement en travaux entre deux locations ou un appartement mis en vente trop cher peuvent tous déclencher une discussion avec l’administration.

Le point important est la cohérence. Si le bien est déclaré vacant dans Gérer mes biens immobiliers, mais que le propriétaire explique ensuite qu’il était proposé à la location, il faut pouvoir montrer une chronologie claire. Si le bien est déclaré comme résidence secondaire, il faut qu’il soit réellement meublé et utilisable comme tel. Si le bien est bloqué par des travaux, il faut que les travaux soient documentés et proportionnés.

En Île-de-France, la preuve de la mise sur le marché doit être précise. Un prix hors marché ou une annonce publiée quelques jours seulement peut ne pas suffire. Le propriétaire doit montrer qu’il a cherché un locataire ou un acquéreur dans des conditions normales.

Les erreurs fréquentes des propriétaires

La première erreur est de confondre logement vide et résidence secondaire. Un appartement meublé, conservé pour un usage personnel, ne se défend pas comme un logement vacant. La stratégie fiscale n’est pas la même.

La deuxième erreur est de croire qu’une annonce suffit. Une annonce isolée, sans mandat, sans visites et sans prix cohérent, peut être fragile. Le dossier doit montrer une recherche réelle.

La troisième erreur est d’attendre la réception de l’avis. Or les éléments utiles disparaissent vite : annonces supprimées, échanges perdus, photographies non datées, devis non conservés.

La quatrième erreur concerne les travaux. Des travaux de confort ne suffisent pas toujours. Il faut établir que le logement ne pouvait pas être occupé normalement, ou que les travaux nécessaires étaient assez importants pour justifier la vacance.

La cinquième erreur concerne les successions et indivisions. Un désaccord familial, une inertie du notaire ou un blocage entre héritiers peut expliquer la vacance, mais il faut le prouver par des actes, courriers, échanges et démarches concrètes.

Quelles pièces préparer dès maintenant

Le dossier doit être simple à comprendre. Il faut pouvoir reconstituer l’année 2026 mois par mois.

Pour un logement loué : bail, état des lieux, quittances, attestation d’assurance, identité du locataire et preuves de paiement.

Pour un logement mis en location : mandat, annonces, captures datées, prix demandé, échanges avec candidats, diagnostics, refus de dossiers.

Pour un logement mis en vente : mandat, estimation, annonces, comptes rendus de visite, offres, refus de prêt, compromis non abouti.

Pour un logement en travaux : devis, factures, photographies, autorisations, diagnostic technique, courriers d’entreprise, preuve d’indisponibilité du logement.

Pour une situation subie : courrier de notaire, procédure judiciaire, blocage d’indivision, sinistre, assurance, arrêté administratif ou échange avec la mairie.

Cette préparation permet de corriger la déclaration 2026 si nécessaire et de répondre rapidement à l’administration en cas d’avis de taxe.

Sources juridiques utiles

Le régime actuel de la taxe annuelle sur les logements vacants repose notamment sur l’article 232 du Code général des impôts. La loi de finances pour 2026 a créé la TVLH, avec un nouveau cadre codifié notamment autour de l’article 1406 bis du Code général des impôts.

Les propriétaires doivent aussi tenir compte de la déclaration d’occupation des biens immobiliers, prévue par les textes fiscaux relatifs à l’identification de l’occupant et de la situation du local.

Ce qu’un avocat peut faire

Un avocat peut intervenir avant ou après l’avis d’imposition.

Avant l’avis, il peut qualifier la situation du bien, vérifier la déclaration d’occupation, identifier les risques et préparer le dossier de preuve. C’est utile lorsque le logement est en vente, en travaux, en succession, détenu par une SCI ou situé dans une commune très tendue.

Après l’avis, il peut structurer la réclamation, choisir le bon fondement, écarter les arguments faibles et produire les pièces dans un ordre lisible. Si l’administration maintient la taxe, il peut apprécier l’intérêt d’un recours devant le tribunal administratif.

Dans les dossiers parisiens et franciliens, l’enjeu dépasse parfois le montant d’une seule année. Une mauvaise qualification peut se répéter. Il faut donc corriger la situation à la source, pas seulement demander un dégrèvement ponctuel.

Pour les questions liées à un bien immobilier, à une SCI ou à un contentieux fiscal immobilier, vous pouvez consulter la page du cabinet consacrée au droit immobilier à Paris.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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