Tribunal judiciaire de Saint-Étienne, le 4 novembre 2025, n°2025F01550

Le tribunal judiciaire de Saint-Étienne, statuant le 4 novembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire. La société commerciale concernée est reconnue en état de cessation des paiements avec redressement impossible. Le ministère public requérait cette ouverture. La juridiction applique la procédure de liquidation judiciaire simplifiée et fixe la date de cessation des paiements. Elle désigne également les mandataires judiciaires et organise les premières étapes de la procédure.

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire

La décision constate d’abord l’état de cessation des paiements de la société. Elle retient également l’impossibilité manifeste de son redressement. Ces deux éléments cumulatifs sont des conditions légales nécessaires pour prononcer une liquidation.

La constatation de la cessation des paiements
Le tribunal fonde sa décision sur les informations recueillies en chambre du conseil. Il estime que la société « est en état de cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible ». Cette constatation est essentielle pour ouvrir toute procédure collective. Elle rappelle que l’état de cessation des paiements est un préalable incontournable. « L’état de cessation des paiements se définit par l’impossibilité pour un débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel, le 3 avril 2025, n°24/05603). La décision opère ainsi une application stricte de ce principe fondamental.

L’impossibilité du redressement
Le tribunal qualifie le redressement de « manifestement impossible ». Cette appréciation souveraine justifie le choix de la liquidation plutôt que du redressement judiciaire. Elle permet de passer directement à la phase de réalisation des actifs. La décision ne détaille pas les éléments prouvant cette impossibilité. Elle s’appuie sur l’ensemble des informations recueillies par la juridiction. Cette appréciation globale relève du pouvoir d’instruction du juge.

Le régime procédural applicable : la liquidation simplifiée

La décision détermine ensuite le cadre procédural adapté au cas d’espèce. Elle retient l’application de la liquidation judiciaire simplifiée. Ce choix entraîne des modalités particulières pour le déroulement de la procédure.

Les critères d’application de la procédure simplifiée
Le tribunal relève que « l’actif de l’entreprise ne comprend aucun bien immobilier ». Il note aussi que l’entreprise est en dessous des seuils légaux. Ces constatations permettent de qualifier la procédure. « Il résulte de l’article L641-2 du code de commerce qu’il est fait application de la procédure simplifiée prévue au chapitre IV du titre VI si l’actif du débiteur, personne physique, ne comprend pas de bien immobilier » (Cour d’appel de Dijon, le 6 mars 2025, n°24/01332). La décision étend ce raisonnement à une personne morale.

L’organisation des opérations de liquidation
La décision organise concrètement le processus de réalisation des actifs. Elle impose des délais stricts pour l’inventaire et la vente des biens mobiliers. Le liquidateur doit procéder à la vente dans un délai de quatre mois. Elle fixe également une date d’audience pour la clôture de la procédure. Ces mesures visent à assurer une liquidation rapide et efficace. Elles illustrent le caractère accéléré de la procédure simplifiée.

Cette décision rappelle ainsi les conditions strictes d’ouverture de la liquidation judiciaire. Elle précise également les critères d’application du régime simplifié. L’arrêt organise enfin une procédure rapide pour les petites entreprises sans actif immobilier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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