Tribunal judiciaire de Rennes, le 4 novembre 2025, n°2025L00788

Le Tribunal judiciaire de Rennes, statuant le 4 novembre 2025, a examiné une requête en faillite personnelle. Le dirigeant d’une société en liquidation judiciaire était poursuivi pour plusieurs manquements. La juridiction a prononcé une faillite personnelle avec interdiction de gérer pour huit ans. Elle a retenu la recevabilité de l’action puis a caractérisé les fautes commises.

La régularité de la saisine et la gravité des manquements

La recevabilité de l’action est établie par le respect des conditions légales. Le texte prévoit que le Tribunal peut être saisi « à toute époque de la procédure par le Ministère Public » dans un délai de trois ans (Article L. 653-7 du Code de commerce). Cette saisine régulière permet d’examiner le fond. La jurisprudence admet ainsi une action publique prolongée pour sanctionner les dirigeants défaillants.

Les fautes retenues révèlent une carence globale dans l’exercice des fonctions. Le premier manquement concerne l’absence de déclaration de cessation des paiements dans le délai légal. Le jugement relève que le dirigeant « ne pouvait donc ignorer que la société était en état de cessation des paiements ». Ce comportement prive l’entreprise de toute chance de redressement. Il constitue une faute sévèrement réprimée par la loi.

La sanction prononcée et son inscription dans le système des interdictions

La mesure de faillite personnelle est justifiée par l’accumulation de fautes caractérisées. Le défaut de tenue d’une comptabilité est notamment retenu. Les motifs indiquent qu’ »aucun document comptable n’a été présenté au liquidateur », ce qui équivaut à une présomption d’absence. Ce fait, visé par l’article L. 653-5-6°, fonde directement la faillite personnelle. Il démontre un mépris des obligations les plus élémentaires.

La durée de huit ans et la publicité de la sanction en renforcent la portée préventive. Le tribunal motive sa sévérité par l’attitude du dirigeant qui « n’a pas répondu aux demandes du Liquidateur ». La sanction fera l’objet d’une inscription au Fichier National des Interdits de Gérer. Cette publicité assure l’effectivité de la mesure et protège le milieu économique. Elle vise clairement à éviter toute récidive future.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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