Tribunal judiciaire de Paris, le 26 novembre 2025, n°2025067799

Le tribunal judiciaire, statuant le 26 novembre 2025, a examiné une requête en rectification d’erreur matérielle. Cette demande visait un jugement antérieur du 2 mai 2025, où une erreur de calcul avait affecté le montant condamné. Saisi sur le fondement de l’article 462 du code de procédure civile, le tribunal a déclaré la requête recevable et l’a accueillie. Il a ainsi ordonné la rectification du jugement pour corriger le montant initialement alloué.

La recevabilité de la requête en rectification

Les conditions d’application de l’article 462 du code de procédure civile sont remplies en l’espèce. Le texte vise expressément « les erreurs ou omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée » (Cour d’appel de Cayenne, le 17 février 2025, n°25/00056). L’erreur consistant en une inversion de calcul entre le chiffre d’affaires et les charges relève bien de cette catégorie. Elle est purement arithmétique et ne remet pas en cause le raisonnement juridique du juge.

La saisine de la juridiction s’effectue par une procédure simplifiée et souple. Conformément à la jurisprudence, « le juge est saisi par simple requête de l’une des parties, et statue sans audience à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » (Cour d’appel de Cayenne, le 17 février 2025, n°25/00056). La décision commentée confirme cette faculté, précisant que le juge peut être saisi « par simple requête de l’une des parties, par requête commune ou se saisir d’office ». Cette souplesse procédurale assure une correction rapide des imperfections matérielles.

La mise en œuvre du pouvoir de rectification

Le tribunal procède à une rectification précise du jugement initial. Il modifie à la fois les motifs et le dispositif pour rétablir le calcul cohérent avec son appréciation souveraine. Le motif rectifié indique désormais que le tribunal « fixera le montant dû à la somme de 3 600 euros » en lieu et place de 8 400 euros. Cette correction est strictement limitée à l’erreur identifiée, sans toucher aux autres éléments de la décision.

Les effets de la rectification sont immédiats et rétroactifs. La décision ordonne que « mention de la présente décision sera portée sur la minute et sur les expéditions du jugement ». Cette formalité garantit l’unité et l’exactitude du titre exécutoire. Le maintien des autres termes du jugement et la prise en charge des dépens par le Trésor Public soulignent le caractère purement correctif de la procédure, qui ne constitue pas une nouvelle instance.

Cette décision illustre l’efficacité du mécanisme de rectification des erreurs matérielles. Elle en rappelle le champ d’application strict, limité aux seules inexactitudes ne portant pas sur le fond du droit. La procédure, volontairement simplifiée, permet une justice corrective efficace et rapide. Elle assure ainsi la fiabilité formelle des décisions de justice et la sécurité juridique des parties concernées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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