Tribunal judiciaire de Paris, le 23 avril 2025, n°2025022413

Le tribunal judiciaire de Paris, par jugement du 23 avril 2025, se prononce sur une demande de liquidation judiciaire. La société requérante, en cessation d’activité, présente un passif exigible de 4 108 euros sans actif disponible. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. Il fixe également la date de cessation des paiements au 24 mai 2024 en raison de sa durée.

La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements

La vérification des éléments constitutifs de la cessation des paiements

Le tribunal procède à une analyse concrète de la situation financière de la société. Il relève l’existence d’un passif exigible et l’absence totale de trésorerie. Cette confrontation permet de constater l’impossibilité de faire face aux dettes. « Il ressort des explications fournies et des documents versés que la SAS [P] est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette approche vérifie chaque condition légale de manière autonome.

La fixation rétroactive de la date de cessation des paiements

La durée de l’état de cessation influence directement le régime procédural. Le tribunal utilise son pouvoir souverain d’appréciation pour dater cet état. Il retient une date antérieure de plus de dix-huit mois à l’ouverture. « Il ressort que l’entreprise est en état de cessation des paiements depuis plus de 18 mois ; il conviendra alors de fixer au 24/05/2024 la date de cessation des paiements » (Motifs). Cette fixation rétroactive peut avoir des conséquences sur la période suspecte.

La mise en œuvre d’une procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du régime simplifié

Le tribunal opère une qualification précise pour appliquer le régime adapté. Il vérifie le respect des seuils légaux concernant l’actif et l’effectif salarié. « Il ressort des déclarations du débiteur que son actif ne comprend pas de biens immobiliers, que le nombre de ses salariés… et que son chiffre d’affaires sont égaux ou inférieurs aux seuils » (Motifs). Cette vérification est essentielle pour déterminer la procédure applicable sans erreur de droit.

Les modalités pratiques et les délais contraints de la procédure

Le jugement organise les étapes futures avec une temporalité resserrée. Il désigne les auxiliaires de justice et impose des délais stricts pour l’inventaire et le dépôt des créances. « Ledit inventaire sera déposé au greffe, dans un délai de QUINZE JOURS » (Dispositif). La clôture est envisagée dans un délai maximal de six mois. Cette célérité vise à une liquidation efficiente pour les créanciers, comme le prévoit la jurisprudence. « En l’espèce, c’est une procédure de liquidation judiciaire simplifiée qui a été ouverte… avec un délai de cinq mois accordés au liquidateur pour le dépôt de l’état des créances » (Cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, le 30 avril 2025, n°24/00701).

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture