Tribunal judiciaire de Paris, le 18 novembre 2025, n°2025F00974

Le tribunal judiciaire de Paris, statuant en matière commerciale, a rendu un jugement le 18 novembre 2025. Saisi d’une demande d’ouverture d’une liquidation judiciaire, le tribunal a constaté l’impossibilité manifeste de redressement. Il a vérifié le respect des critères légaux prévus à l’article L. 641-2 du code de commerce. En conséquence, il a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société par actions simplifiée.

Les conditions d’application de la procédure simplifiée

Le contrôle des seuils légaux par le juge
Le tribunal a opéré un contrôle préalable des conditions posées par la loi. Il a vérifié que l’actif du débiteur ne comprenait pas de biens immobiliers. Il a également examiné le nombre de salariés et le chiffre d’affaires sur les six derniers mois. Ces éléments doivent être « égaux ou inférieurs aux seuils fixés en application dudit article » (Motifs). Ce contrôle est une condition sine qua non pour l’application du régime dérogatoire.

La portée d’une procédure allégée
La qualification en liquidation simplifiée entraîne un formalisme substantiellement réduit. Elle évite ainsi les lourdeurs d’une procédure ordinaire pour les petites structures. Cette adaptation procédurale vise à accélérer le traitement des défaillances sans ampleur. Elle concilie ainsi les impératifs de célérité et de protection des intérêts en présence.

Les modalités pratiques de la liquidation ouverte

Les pouvoirs et obligations du liquidateur judiciaire
Le jugement organise précisément la mission du liquidateur nommé. Il lui impose un calendrier strict pour la réalisation des actifs mobiliers. « Le liquidateur devra procéder dans les trois mois […] à la vente des biens mobiliers du débiteur » (Dispositif). Ce délai impératif illustre la recherche d’efficacité et de rapidité propre à cette procédure. La vente peut initialement intervenir de gré à gré ou aux enchères publiques.

L’organisation du processus collectif et son terme anticipé
La décision fixe un cadre rigoureux pour le déroulement de la procédure. Elle détermine les délais pour la déclaration et la vérification des créances. Surtout, elle anticipe d’ores et déjà la clôture en fixant une audience dédiée. « FIXE conformément à l’article L. 643-9 à six mois le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée » (Dispositif). Cette convocation immédiate souligne le caractère accéléré du processus.

Cette décision illustre la mise en œuvre concrète du régime de la liquidation simplifiée. Elle démontre le rôle actif du juge dans la vérification des conditions d’application. La jurisprudence rappelle que « l’insaisissabilité de droit de la résidence principale ne peut faire obstacle à l’ouverture » (Cour d’appel de Dijon, le 6 mars 2025, n°24/01332). Le jugement organise une procédure rapide et encadrée, visant une clôture dans un délai prévisible. Il assure ainsi une gestion efficiente de la défaillance d’une petite entreprise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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