Tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan, le 23 janvier 2025, n°2025002665

Le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan, statuant le 23 janvier 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société, une entreprise de transport, est en cessation des paiements depuis le 1er janvier 2025. Le tribunal constate l’absence de mandat ad hoc ou de conciliation préalable dans les quarante-cinq jours. Il désigne un administrateur judiciaire et fixe la période d’observation à six mois. La solution retenue est l’ouverture du redressement judiciaire en application de l’article L. 631-1 du code de commerce.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La vérification des conditions légales d’ouverture. Le tribunal analyse la situation financière de la société débitrice pour vérifier les conditions de l’article L. 631-1. Il relève un passif exigible de 629 384,04 euros face à un actif disponible de 54 378,49 euros. Cette disproportion caractérise l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. La portée de cette analyse est essentielle pour fonder légalement l’ouverture de la procédure collective.

La consécration d’une condition procédurale préalable. Le tribunal constate expressément qu’aucune requête en nomination d’un mandataire ad hoc ou de conciliateur n’a été enregistrée. Cette constatation intervient après le relevé de l’état de cessation des paiements. Elle vise le délai de quarante-cinq jours suivant cet état prévu par la loi. La valeur de ce point est d’établir l’inopposabilité d’une éventuelle demande de procédure préventive. Il en déduit directement la recevabilité de la saisine pour redressement judiciaire.

Les modalités d’organisation de la procédure ouverte

La mise en place du cadre de l’observation. Le tribunal fixe la durée de la période d’observation à six mois conformément à l’article L. 631-7. Il désigne un administrateur judiciaire chargé d’effectuer immédiatement l’inventaire des biens. Il rappelle également les obligations de communication avec les représentants du personnel. Le sens de ces mesures est d’encadrer la poursuite provisoire de l’activité pour examiner les possibilités de redressement.

L’encadrement des délais pour l’établissement du passif. Le tribunal fixe à dix mois le délai pour l’établissement de la liste des créances par le mandataire judiciaire. Il impose parallèlement au débiteur de remettre sa liste des créanciers dans les huit jours. Une audience de review est prévue à l’issue de la période d’observation de six mois. La portée de ce calendrier est d’assurer une instruction complète et ordonnée du dossier. Il permet au juge de statuer en connaissance de cause sur l’avenir de l’entreprise.

Cette décision illustre rigoureusement l’application de l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle rappelle que « Il est institué une procédure de redressement judiciaire ouverte à tout débiteur […] qui, dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en cessation des paiements. » (Cour d’appel de Paris, le 3 avril 2025, n°24/16725). Le tribunal valide l’ouverture malgré l’absence de procédure préventive préalable. Il organise ensuite une procédure complète destinée à examiner les chances de survie de l’entreprise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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